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jeudi 31 mars 2016

Un manteau de fleurs : la OFRENDA


La Vierge des Délaissés (la Virgen de los Desamparados – en valencien : la Mare de Déu deis Desamparats ou, plus affectueusement, la Geperudeta), est la patronne du Royaume de Valence ainsi que – confirmé à la fin du 19ème siècle – patronne de la ville.
Même si sa vénération remonte au 15ème siècle, elle n’a pas initialement été associée aux FALLAS. Il y a d’ailleurs un jour qui lui est dédié, au mois de mai. La tradition de la coïncidence des dates avec l’OFRENDA (offrande des fleurs) remonte au milieu du 20ème siècle, les commissions de FALLAS de quartier s’y étant ralliées peu à peu.
Se succédant pendant près d’une vingtaine d’heures, c’est désormais une centaine de milliers de valenciens qui défilent, quartier après quartier, pour apporter les fleurs qui vont orner le manteau de la Vierge, dont un support de statue est érigé sur la place qui porte son nom.


La mise en place de la statue
C’est un support pyramidal en bois sur une estrade : on y fixera les fleurs ; il est surmonté par une figure de la Vierge portant l’Enfant-Jésus sur son bras gauche et une grande fleur stylisée, de l’autre main.


Les différents éléments arrivent en pièces détachées sur la place puis sont assemblés à l’aide de grues – l’ensemble fait dans les 8 à 10 mètres de haut.


Le défilé des 17 et 18 mars
Ce défilé de l’OFRENDA occupe deux voies qui convergent vers le lieu. Chaque quartier (il y en a près de 400) vient apporter des fleurs pour le manteau de la MARE de DÉU. Elles sont de 2 couleurs principales (blanc légèrement crème et rouge), selon une norme très stricte.
Le temps pris par les 100 000 participants occupe deux après-midi, à chaque fois pendant près d’une dizaine d’heures.
En moyenne, cela fait 250 représentants par quartiers, dont :
. 90 femmes (falleras) et 45 jeunes filles (falleritas) portant chacune un bouquet de 6 à 12 fleurs,
. 65 hommes (falleros) et 30 jeunes garçons (falleritos),
. 20 à 25 musiciens –hommes ou femmes.
Plusieurs quartiers apportent aussi un panier de fleurs qui sera déposé près de la fontaine de la place.

La confection du manteau
Les femmes et les jeunes filles remettent leur bouquet à l’une des personnes chargées de les fixer sur le manteau de de la Vierge.



Quelques-unes qui l’ont tenu depuis des kilomètres ont du mal à s’en séparer, l’embrassent et essuient une larme. D’autres ne laissent pas voir ce genre d’émotion.


De la rue, les bouquets sont lancés vers des intermédiaires agrippés à la structure. Ils poursuivent ainsi leur chemin vers le haut pour y être fixés.



Les paniers de fleurs apportés en surcroît sont déposés près de la fontaine qui se trouve derrière la statue de le Vierge.
Derrière de personnage principal de la fontaine, la rue par laquelle va s’écouler le défilé. Toujours quartier par quartier. … Le plus souvent sur une musique assez enjouée.





mercredi 30 mars 2016

Détonations et Illuminations


Ne pas venir avec son chien : il n’aimerait pas.
Recommandation non superflue. Depuis la DESPERTA jusqu’aux MASCLETÀS qui accompagnent les dernières FALLAS qui se consument lors de la CREMÀ, on entend sans arrêt éclater des pétards.



La DESPERTA de fin février signale qu’il est temps de se réveiller et de se mettre à l’ouvrage : afin que les FALLAS de quartier soient prêtes pour le 15 mars.

Dès 7h30 du matin des nuées de participant(e)s parcourent la ville au milieu des fumées qui vont rapidement se dégager, avec leur boite pleine de pétards qu’ils font éclater sur le sol.



LES MASCLETÀS sont des concerts pyrotechniques, à vous ébranler au sein de la foule qui y assiste, et faire vibrer les bâtiments tout autour.

Les plus importantes, une vingtaine – ont lieu chaque jour à 14 h sur la place de l’Hôtel de Ville.
On se croirait sur un champ de bataille napoléonien. Une très grande quantité de pétards éclatent au sol, alignés et suspendus comme du linge dans une enceinte grillagée.
D’autres sont lancés par des fusées pour éclater dans le ciel.



La nuit, cette fois – et même vers 1 h – une bonne demi-douzaine de grands feux d’artifice (CASTILLOS DE FUEGOS)
… sans compter bien plus d’une centaine d’autres dans les quartiers pour la CREMÀ.

D’apparence bien plus calme – car la musique y est loin d’être oubliée – quelques RUES ILLUMINÉES.



Un petit nombre de rues – qui ne sont pas dans les quartiers les plus huppés – ont bénéficié d’impressionnantes illuminations qui les parcourent comme une voute s’élevant jusqu’en haut des immeubles.
On estime qu’environ un million de lampes ont été utilisées à cet effet. Bien qu’il s’agisse de LED (diodes à électroluminescence), la consommation n’est pas négligeable :



L’allumage se fait alors par étapes (pour ne pas «faire sauter les plombs») avec un accompagnement musical très approprié.



mardi 29 mars 2016

Sur la place de l'AYUNTAMIENTO



Sur la grande place de l'Hôtel de Ville, il y a une FALLA particulière.



L'édifice se résume à un seul personnage (le VALENCIEN), pas une caricature.

Cet édifice est celui de l’ensemble de la ville
Il a une fonction de communication.



VALENCIA souhaite que les FALLAS soient déclarées cette année par l’UNESCO : PATRIMOINE IMMATÉRIEL de l’HUMANITÉ.



Il est entouré de symboles à la dimension du monde.
Un début de Tour Eiffel destiné à se compléter.
Suivront la statue de la Liberté et le David de Michel-Ange.
Et un Concorde aux lettres de VALENCIA.



Il est immense : on voit ci-dessus la progression de la construction.
La texture de la statue est semi-transparente.
La nuit, on perçoit son cœur lumineux qui bat.

CREMÀ
Mais l'édifice finira comme les autres FALLAS.


lundi 28 mars 2016

De la PLANTÀ à la CREMÀ


La 1ère quinzaine de mars est consacrée à la mise en place aux édifices de quartier, les FALLAS : elles doivent toutes être prête pour la nuit du 15 (la PLANTÀ). Un jury viendra les voir, toutes, pour décerner les prix. Deux exemples :

Progression de la mise en place d’une FALLA :


D’abord un seul personnage complet ainsi que le bas du corps du chevalier. Celui-ci terminé, on remarquera que son regard va croiser celui de sa belle qui est, elle, perchée sur la couronne portée par le personnage initial.




C’est maintenant le château de Malefica, entourée de ses monstres hideux et armés – on est sur le thème de la Belle au Bois dormant.


L’ombre fait que l’on ne voit pas très bien celle-ci, dont le bras pend au premier plan.
Ni, tout en haut, le Prince charmant avec son épée dressée.
Au dos de l’édifice, la porte de la Malefics’ High School, d’où sortent – de toute évidence – des huiles municipales.
Au cas où on ne les reconnaîtrait pas, des petits panneaux explicatifs se chargent de mettre les choses au point.



Dans la nuit du 19, toutes les FALLAS seront brûlées.
C’est la CREMÀ

Un embrasement toutes les 20 secondes dans VALENCIA.
Point à noter, car il suppose un transfert permanent des pompiers (BOMBEROS) dont la présence est toujours obligatoire.

Auprès de chaque FALLA, la fanfare est très présente, une MASCLETÀ vous assourdit, et un beau feu d’artifice prélude souvent à cette phase ultime.




Ici, les deux personnages principaux sont probablement des notabilités. Une étiquette nous précise que le chien représente le nouveau parti politique PODEMOS.
Le feu prend rapidement et consomme tout.




Au petit matin, plus trace de rien : la vie courante et la circulation auront repris leurs droits.


dimanche 27 mars 2016

Forte participation, tissu de liens


Actuellement, les FALLAS, ce sont environ 760 édifices monumentaux (jusqu’à 30m de haut), composés de personnages, installés dans 380 quartiers (chacun a 2 FALLAS dont une pour les enfants).

Cela se prépare de façon associative près d’un an à l’avance. On cherche des dons et des sponsors. Une véritable industrie a pris corps dans un quartier de VALENCIA, avec des artistes à qui on confie la réalisation. La mise en place se fait dès début mars, l’inauguration le 15 et la mise à feu des 2 édifices de quartier (CREMÀ) a lieu le 19 au soir.



Les quartiers élisent leurs 2 reines (dont une pour les enfants), participent aux concours des plus belles FALLAS et des meilleurs personnages (NINOTS), ainsi qu’aux défilés en (parfois somptueux) habits d’époque à travers la ville – dont pour la remise des prix puis pour l’OFRENDA (on en reparlera).




Cet évènement se base donc sur la vie des quartiers. Certains aspects sont coordonnés sur l’ensemble de la cité – dont les MASCLETÀS et les feux d’artifice, ainsi que l’élection, en juillet, parmi les actuelles reines de quartier, des 2 reines (toujours dont une pour les enfants) pour les FALLAS de l’année suivante. L’organisation du défilé pour l’OFRENDA en témoigne également.

Quel que soit le plaisir du spectacle, c’est – à mon sens – la participation emporte l’adhésion du nouveau venu. VALENCIA regroupe 800 000 habitants (le double avec sa métropole. 200 000 s’impliquent autour des commissions de quartier, 100 000 participent physiquement aux défilés – dont près de 10 000 des fanfares de quartier. Je ne saurais chiffrer la foule pour la vingtaine de grandes MASCLETÀS de 14h, place de l’AYUNTAMIENTO (Hôtel de Ville) : elle y est à chaque fois très dense.

Autre remarque : le lien qui s’y tisse entre générations.




Chaque quartier se préoccupe aussi bien des enfants que des adultes – d’où 2 FALLAS et 2 reines, ce qui suscite l’intérêt et prépare la relève pour l’évènement dans le futur. Au sein des défilés, les regroupements par quartiers voient se succéder les petits enfants (dans les bras, en poussette…), puis les jeunes garçons (FALLERITOS), les jeunes filles (FALLERITAS), les femmes (FALLERAS), les hommes (FALLEROS) et la fanfare locale (MUSICOS).












samedi 26 mars 2016

Les FALLAS de quartiers


Les FALLAS de quartier viennent de ce qu’à la veille du printemps, les artisans du bois (menuisiers, charpentiers, fabricants de meubles…), confrérie importante à VALENCIA, débarrassaient leurs ateliers de leurs déchets.

Cette statue dédiée au Patron des FALLAS se dresse sur le pont SANT JOSEP.

N’oublions pas que Saint Joseph (Sant Josep en valencien) est leur patron : il se fête le 19 mars.
Par ailleurs, FALLAS (FALLES en valencien) vient du latin FACLA/FACULA (torche).

 Suite à des crues meurtrières, le fleuve valencien – la TURIA – a été dévié vers le sud de la ville.
Le lit est devenu lieu de promenade, terrains de sport, etc. Et les ponts sont restés.
La statue à cet endroit date d’avant ces transformations.

Les habitants de ces quartiers s’y sont associés.
Cela finissait par un (grand) feu.

On a confectionné des représentations d’autorités locales vis-à-vis desquelles on avait quelque ressentiment.
Et on les faisait brûler avec le reste.

Il semble que la tournure actuelle ait pris corps il y a environ un siècle et demi.



vendredi 25 mars 2016

De retour des FALLAS de VALENCIA



Les FALLAS ? Cela faisait des années que des amis me poussaient à y venir.

Ils me racontaient des histoires de personnages en carton-pâte, peuplant des édifices monumentaux aux carrefours, un peu partout dans leur ville – VALENCIA.


Personnages représentant souvent des gens bien connus des médias ou de la politique, notamment des gros bonnets locaux.

Édifices que l’on vient voir l’un après l’autre, comparer et commenter pendant près d’une semaine – du 15 au 19 mars.

Et auxquels on met le feu au cours de la dernière nuit.

Pétards en permanence dans les rues.
Notamment, une mystérieuse et redoutable MASCLETÀ, mot codé prononcé avec emphase ou vénération.
Ne pas venir avec son chien : il n’aimerait pas.

L’enthousiasme de mes amis était évident, d’une intensité qui ne faiblissait pas d’une fois sur l’autre.
L’invitation des plus accueillantes.

Ce qui était vivant pour eux restait pourtant des mots pour moi.



Si, lorsque vous arrivez, la nuit est tombée, prenez soin d’avoir choisi un siège près d’une fenêtre à droite de l’appareil.
Prenant son virage sur l’aile, alors qu’il survole encore la Méditerranée, vous faites connaissance de la ville dont le plan précis et lumineux défile sous votre regard.


Du temps s’est écoulé ; je me suis décidé cette fois-ci.
VENI (oui, j’y suis venu),
VIDI (ou plutôt, j’ai  vécu),
VICI (paradoxalement, j’ai été convaincu – au bon sens du terme).

Les FALLAS ? Mais quelles FALLAS ? N’aurais-je pas rêvé ? Toute une ville n’a-t-elle pas rêvé pendant quelques jours, comme chaque année ?

Car tôt, le lendemain matin de la dernière nuit où tout a brûlé, il ne restait plus trace de cette effervescence, plus un bruit de pétards, la circulation était redevenue assez dense en ces mêmes lieux où, les jours précédents, l’on ne se rendait qu’à pieds.

Une ville «normale».



vendredi 19 juin 2009

Espagnol - Instituto Cervantes


Restons avec Till, qui aime bien fouiner dans la presse internationale, mais changeons de sujet. Il me signale une «tribune» de Carmen Caffarel dans «El País» du 7 avril.

L’Institut Cervantès a 18 ansNée à Barcelone, ayant brillamment défendu une thèse de doctorat en philologie espagnole à l’université de Madrid, puis s‘étant orientée vers ls domaines de la communication, Carmen Caffarel Serra a été quelques années Directrice générale à la RTVE (la télévision espagnole) avant de prendre, il y a deux ans, la tête de l’Institut Cervantès. Celui-ci ayant été créé en 1991, le titre de son article est – sans surprise «Dieciocho años después» (18 ans plus tard).

Elle commence par rappeler que, dans ses mémoires qu’il a confiées à la journaliste Christine Ochkrent en 1986, Alexandre de Marenches se lamentait que le français n’avait pas réussi à occuper dans le monde une place similaire à celle de l’espagnol – ce n’est pas une remarque pour rien.

InstrumentalisationEn ces temps de guerre froide, il avait été pendant 11 ans (1970-81) le patron des services secrets français (le SDECE d’alors). Avec notamment l’avènement du fascisme et du stalinisme, la conception avait sérieusement pris forme, dès l’entre-deux-guerres, que les relations culturelles internationales devaient être considérées comme un instrument au service de la confrontation entre les puissances étatiques. C’est d’ailleurs de cette époque que date la création de divers instituts culturels en Europe.

Une digressionC’est le cas du British Council dont la création date de 1938. L’histoire de l’Alliance française (initialement dite «de Paris») est assez particulière. Elle fut créée en 1883 – sorte de sursaut après avoir plus ou moins mal digéré la défaite de 1870 – pour «la propagation de la langue française dans les colonies et à l’étranger» puis s’implanta progressivement à travers le monde sans dépasser quelques centaines d’étudiants. C’est au lendemain de la 1ère Guerre mondiale que son École pratique de la Langue française s’est ouverte boulevard Raspail à Paris : 10 ans plus tard, elle comptait près de 5 000 étudiants.

L’exemple de l’Institut GoetheAprès la 2nde Guerre mondiale, l’Allemagne montre le chemin dans une autre direction, en fondant le Goethe-Institut en 1951. L’espoir sous-jacent est de modifier l’image extérieure passablement détériorée de ce pays – et non d’en attendre des retombées politiques dans l’immédiat. Conçue comme une institution plurielle et ouverte, ce devint un lieu de rencontre avec d’autres langues et d’autres cultures. Ce fut une réussite, qui s’amplifia après la chute du Mur.

L’Instituto Cervantes s’inscrit dans cette ligne… et – ajoute Carmen Caffarel – il n’est pas impossible que le ministre français des Affaires étrangères emprunte une voie similaire (autre clin d’œil pas si innocent par-delà les Pyrénées : à peine deux semaines plus tôt, Bernard Kouchner a parlé de la réforme qu’il entreprenait en matière d’action culturelle et indiqué la perspective de l’organiser autour d’un «Institut français»).

Spécificité hispaniqueRevenons en Espagne et à ce qui s’est mis en place une quinzaine d’années après la disparition du franquisme. La culture y est alors considérée comme un point d’appui pour la créativité et donner une image de sérieux à ce qui se réfère au pays correspondant – elle devient une des principales composantes d’une diplomatie nouvelle.

Dans le contexte qui est le sien, l’Institut Cervantès s’est voulu, vis-à-vis de l’extérieur, comme étant la maison commune de la culture espagnole et de la culture hispano-américaine (une vingtaine de pays). On y enseigne les différentes variétés de la langue – peu importe la nationalité des créateurs. A ce titre, l’argentin Jorge-Luis Borges, le chilien Pablo Neruda, le Mexicain Octavio Paz… y ont autant leur place que l’Espagnol Federico Garcia Lorca. Tout ceci est accepté sans réticence et se traduit par une autonomie de fonctionnement.

Ce qui est d’autant plus notoire que, du point de vue linguistique au niveau mondial, le 21ème siècle est celui de la prédominance de l’anglais, du chinois et des langues hispaniques (que parlent dès à présent 450 millions de personnes).

lundi 15 septembre 2008

Valencia

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Nous quittons l'Andalousie
Nous avions abordé l'Andalousie par le Nord, en traversant la Sierra Morena, au puerto de Despenaperros (les chiens que l'on a précipités). Avant de la quitter, nous nous éloignons de Granada par l'Est, en nous faufilant le long de la Sierra Nevada, en franchissant le puerto de la Mora.

Valencia
A la différence des précédentes qui étaient bien à l'intérieur des terres, la ville se situe au bord de la mer, d'une Méditerranée au sens plein, et non dans un détroit entre la péninsule et l'Afrique, allant se perdre dans le vaste océan Atlantique. Valencia est la 3ème ville d'Espagne - 800 000 habitants – le double avec son agglomération.
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Son histoire est à la fois proche de celle des villes déjà visitées et en même temps plus compliquée. Présence arabe du 8ème au 13ème siècle, comme à Cordoba et Sevilla. Mais tantôt plus apaisée et commerçante, tantôt entrelardée de reconquêtes partielles où apparaît la légendaire figure de Rodrigue, du Cid… et celle d'une Chimène avec qui ses rapports n'ont rien à voir avec ce qu'a imaginé Corneille. S'il faut trouver un Âge d'Or à Valencia, on s'entend généralement pour dire que c'est le 15ème siècle.

Il y a le cœur de la ville et il y a ses environs. La vieille ville est marquée à ce point par l'histoire depuis l'époque romaine que le moindre aménagement provoque une découverte, donc l'entreprise de fouilles et le report, sinon l'arrêt du projet initial. Point de repère : sa cathédrale. Au delà, Valencia est un musée des urbanismes et des architectures au fil du temps.
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Dans le lit de l'ancienne Turia
Le détournement de la Turia a ouvert la porte à des réalisations très modernes. La Turia serpentait dans Valencia avant de se déverser dans la mer. Sujette à de brusques crues, elle inondait des quartiers entiers, faisant de nombreuses victimes. Il fut décidé, voici un demi-siècle, de la détourner vers un nouveau lit qui ne sert, en fait, qu'au moment de ces crues… D'ordinaire, son débit emprunte de larges canalisations au-dessus desquelles on a construit des autoroutes de la périphérie valencienne.
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L'ancien lit – que l'on traverse toujours en empruntant les anciens ponts – a été transformé en une coulée verte : ensembles sportifs et jardins. Plus près de l'embouchure, des édifices très modernes : Cité des Arts et Sciences, avec Palais de la Musique, Institut d'Art moderne, Musée océanographique
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Le Tribunal des Eaux
L'eau joue un grand rôle à Valencia, région où l'on ne fait pas que cultiver des oranges : si la paella tire son nom de la poêle où on la fait, le riz vient de rizières alentour. Ressource potentiellement rare pour l'irrigation, l'usage de cette eau demande à être régulé. C'est le rôle du Tribunal des Eaux – constitué de représentants des communautés d'irrigation – qui se réunit, chaque jeudi à midi, devant la porte des Apôtres de la cathédrale. Il prend connaissance des litiges et décide de façon irrévocable. Depuis des siècles, tout se passe oralement, en valencien.
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Histoire d'eau
Belle fin d'été. Une eau à 27° baigne les longues et larges plages de sable fin. Coups de soleils garantis au bout d'une demi-heure pour qui ne prend pas de précaution. Chaque soir, des nuages venus de la Méditerranée couvrent le ciel valencien. Il va pleuvoir, s'inquiète Selenia. Que nenni – telle est la réponse – il ne pleut pas ici en cette saison. Effectivement, pas une goutte pendant nos 5 ou 6 jours sur place. Quand nous reprendrons la route en direction de Barcelone, il nous faudra jouer des essuie-glaces. Juste un peu. Mais nous apprendrons à notre arrivée qu'une demi-heure durant, une trombe d'eau s'est abattue sur la ville que nous venions de quitter.
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Et aussi...
Plus au sud, le lac Albufera est au cœur de l'un des plus grands parcs naturels d'Europe, abritant des milliers d'oiseaux. N'oublions pas non plus - j
e n'en ai rien dit - les Fallas, l'horchata, les plages, le port, l'America Cup, des équipes médicales de pointe, l'architecte Santiago Calatrava…
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Cet article est illustré par un tableau de Joaquín Sorolla (1863-1923).
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dimanche 14 septembre 2008

Granada

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Une présence prolongée
A ses débuts, l'histoire de la période arabe de Granada n'est pas sans ressembler à celle de Sevilla : dépendance puis émancipation par rapport au califat de Cordoba ; arrivée des Almoravides puis des Almohades…
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Mais elle n'est pas directement touchée par la Reconquista du 13ème siècle : car le fondateur de la dynastie des Nasrides passe alors un accord avec le roi de chrétien de Castille, dont il reconnaît être le vassal. En ces temps de paix, la ville devient une capitale belle et prospère. Témoignent de cette époque los Palacios Nazaríes (les Palais nasrides), joyaux dans l'enceinte du château rouge, de l'Alhambra.
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Cet accord porte à 8 siècles, au lieu de 5, la présence arabe dans cette partie de la péninsule. Mais – dissensions internes obligent – c'est reculer pour mieux sauter : au début de 1492, Boabdil est contraint de remettre les clés de la ville (Pleure comme une femme ce que tu n'as pas su garder comme un homme lui dit sa mère).
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Six mois plus tard, Christophe Colomb s'embarque vers ce qui se révèlera être l'Amérique. Après l'âge d'or de Cordoba (10ème siècle) puis celui de Granada (14ème siècle), le temps est venu pour Sevilla.
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Les palais nasrides

La ville de Grenade présente un relief chahuté – défi pour les nombreux courageux qui empruntent la grimpette d'une demi-heure pour aller visiter l'Alhambra. Des minibus permettent d'y aller pour 1,10 euro… et autant pour la descente.
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Joyaux de l'Alhambra : les palais nasrides. Au pluriel, car on en dénombre trois, accolés les uns aux autres et respectivement organisés autour de la cour de la Chambre dorée (palais Mexuar), de celle des Myrtes (palais de Comares) et de la cour des Lions (… palais des Lions). Cette dernière, la plus célèbre, était en réfection lorsque nous sommes passés. Consolation : l'agréable jardin de Lindajara (les yeux de la maison d'Aïcha) auquel on accède peu après et qui illustre cet article.
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L'afflux des visiteurs est tel qu'à la remise des tickets pour l'Alhambra, on leur affecte un créneau d'une demi-heure pour l'accès aux Palais nasrides (environ une centaine de visiteurs à chaque fois)… et tant pis pour les retardataires. Ce qui impose parfois d'acheter son ticket plusieurs jours à l'avance, en haute saison (possible via Internet).

Les carmen et l'Albayzin
Au pied de la face nord de l'Alhambra passe le Darro – on se promène en le longeant, avant d'attaquer le flanc opposé, de serpenter entre les carmen (villas cossues avec leur petit jardin) et bénéficier, depuis le quartier de l'Albayzin, d'une vue splendide sur l'Alhambra.
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Les oiseaux de la Bib-Rambla

Non loin de la cathédrale (Selenia tenait à voir le mausolée de Jeanne la Folle dans la chapelle royale), la grande place rectangulaire et ombragée abrite quantité de cafés et restaurants. C'est la Bib-Rambla. Quand le jour s'achève, quelqu'un doit appuyer sur un bouton car les arbres s'emplissent du vigoureux ramage d'une multitude d'oiseaux qui restent néanmoins invisibles – ce qui stimule celui des consommateurs placés en contrebas.
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La Vuelta
Nous étions arrivés un vendredi après-midi à Grenade et en repartions le lundi matin. En voiture. Vous avez de la chance ! nous dit-on à l'hôtel. Car, avec la Vuelta (le tour d'Espagne cycliste), nous ne savons pas si nos clients sauront trouver leur chemin pour entrer dans Grenade demain samedi puis dimanche, et s'y déplacer ensuite. C'est ici que se déroule l'étape contre la montre, par équipes. C'est une marque qui assure le mécénat pour chaque équipe - une vingtaine de coureurs : on y trouve Bouygues, Cofidis, CA, Française des jeux, AG2R… Les haut-parleurs inondent le quartier de leurs commentaires. Foin des marques - cela se résume plutôt à : … les Français ceci, les Français cela…
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Affichage
A Grenade comme à Séville, j'ai pu apprécier un affichage donnant en permanence l'état de la pollution au cours des dernières heures avec, pour une demi-douzaine de critères : niveau chiffré, appréciation si c'est bon, acceptable ou mauvais, commentaires sur les sources et les effets de chacune de ces pollutions.
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samedi 13 septembre 2008

Sevilla

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Après Cordoue, Séville
Au 11ème siècle, la puissance du califat de Cordoba commence à décliner. Sevilla qui en dépendait se met à son compte. Elle connaît alors un grand rayonnement culturel. Après une période almoravide sur la première moitié du 12ème siècle, c'est une période almohade d'un siècle, en attendant la Reconquista dont la date coïncide plus ou moins avec celle de Cordoba.
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Des Almoravides aux Almohades
Les Almoravides sont une dynastie berbère, venue de Mauritanie, qui s'empare du Maroc, y fonde Marrakech vers 1070, étend son emprise sur l'ensemble du Maghreb puis sur le sud de la péninsule ibérique vers 1100 (dont Cordoue, Séville, Valence). Les Almohades, en provenance des mêmes régions, s'opposent à eux et prennent leur place un demi-siècle à un siècle plus tard. Ils en seront éliminés - au nord de l'Afrique comme au sud de l'Espagne – vers le milieu du 13ème siècle.
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L'âge d'or de Séville
Mais c'est de la fin du 15ème siècle que débute l'âge d'or de Séville. La ville a le monopole du commerce avec l'Amérique qui vient d'être découverte : c'est de là que partent les expéditions. Même si elle est un édifice défensif datant des Almohades, même si on insiste pour dire son nom viendrait des reflets dorés dans le Guadalquivir des azulejos qui en recouvraient la façade, la Torre del Oro, à deux pas de l'Alcazar et de la cathédrale, n'en est pas moins devenu un entrepôt d'or.
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La Giralda
Bâtie à l'emplacement de l'ancienne mosquée, la cathédrale ne cède en dimension qu'à Saint-Pierre du Vatican et à Saint-Paul de Londres - qui n'ont d'ailleurs été respectivement achevées qu'un et deux siècles plus tard. Le clocher qui n'est autre que l'ancien minaret, sur le modèle de la Koutoubia de Marrakech, a été couronné par une statue de 4 mètres, symbolisant la Foi... mais qui fait aussi office de girouette (d'où son nom bien connu de Giralda, de «girar» : tourner, girouette se disant «veleta»). Que l'orientation que prend la Foi soit tributaire du sens dans lequel souffle le vent me plonge dans une profonde rêverie métaphysique...
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Don Juan
Plus terre à terre - et pourtant ! - dans le charmant barrio (quartier) de Santa-Cruz qui jouxte la cathédrale et l'Alcazar, plaza de los Refinadores, se dresse la statue de don Juan. Raffinement suprême, on y vient en pèlerinage, ainsi qu'en témoigne la photo du groupe d'italiennes qui illustre cet article, sagement avides des explications de leur guide, près de trois-quarts d'heure durant.
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Le parc Maria-Luisa
Tout près de l'immense Plaza d’España, le parc romantique Maria-Luisa est un havre de fraîcheur et de repos. L'Infante Maria-Luisa (fille du roi d'Espagne) qui vécut au 19ème siècle, en fit don à la ville. On apprend qu'elle était duchesse de Montpensier. Pourquoi ? Elle avait épousé Antoine d'Orléans, dernier fils de Louis-Philippe et duc de Montpensier.
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Séville à vélo
A Séville, le parisien se sent en pays de connaissance quand il aperçoit une ligne de tramway semblable à celle qui, près de chez lui, emprunte le boulevard des Maréchaux. Ou quand son œil est attiré par des emplacements pour vélos en location : les bornes d'attache et la borne informatique sont les mêmes - à la couleur, au nom… et aux tarifs près (2 ou 3 fois moins cher), c'est le Vélib lancé en 2007 à Paris. Pas étonnant quand on apprend que Decaux est derrière cette affaire. On l'appelle Sevici - sorte de contraction de Sevilla et ciclismo : rien à voir avec sévices (on utiliserait plutôt malos tratos - de même, sévir se dit castigar). Le nombre de stations semble être dans les 200 ou 300.
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Ronda
De Séville à Grenade, nous avons fait le crochet par Ronda, petite ville de longue tradition taurine. Une des principales attractions est son Puente Nuevo qui donne sur un profond précipice - le tajo. Ce mot veut dit l'entaille... et non le Tage, le plus grand fleuve de la péninsule, qui passe par Tolède et va se jeter dans l'Atlantique, à Lisbonne. Dans Les Amants du Tage – film de Verneuil d'après un roman de Kessel – Daniel Gélin et Françoise Arnoul ne se jettent pas dans le vide du haut du Puente Nuevo de Ronda.
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vendredi 12 septembre 2008

Cordoba

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Calor...
Vous passerez par Cordoue ? Vous allez y cuire : la température y est à peine tenable. Nous avons tenu... et, dans les petites ruelles ombragées autour de la mosquée - quartier où nous avions trouvé notre point d'hébergement - nous avons sans doute mieux respiré que dans une ville comme Séville, pourtant largement ouverte.
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Un peu d'histoire
Ville d'où suinte l'histoire. Splendide capitale du sud de la péninsule du temps de l'Empire : les soldats romains y recevaient des terres et épousaient des autochtones. C'est à Cordoue que sont nés Sénèque père (le rhéteur) et Sénèque fils (le philosophe). Mais les fouilles n'ont guère permis de dégager qu'un temple, un mausolée, un pont… Conquise par les Arabes au début du 8ème siècle, elle devient la capitale d'un émirat puis d'un califat totalement indépendant de Bagdad, un centre de rayonnement culturel, artistique, économique et politique en Occident. Son développement s'appuie notamment sur l'enrichissement mutuel des cultures chrétienne, juive et musulmane, que favorise une politique de tolérance. Université, bibliothèques, une multiplicité de mosquées : la ville aurait alors abrité autant, sinon plus d'habitants qu'il n'y en a actuellement.

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La mosquée
Agrandie en plusieurs étapes, « la » mosquée (mezquita), à laquelle on accède en passant par le patio des orangers, est - chacun le sait - un chef-d'œuvre de l'art musulman. Lorsque, bien après la Reconquête catholique (à Cordoba, la Reconquista date du début du 13ème siècle), il fut décidé d'élever une cathédrale qui occupe et surmonte la partie centrale de la mosquée, Charles-Quint se serait écrié : Vous avez détruit ce que l'on ne voit nulle part pour construire ce que l'on voit partout.

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Carrefour de cultures
La Reconquista fut précédée par une période de luttes intestines puis de déclin. C'est néanmoins au 12ème siècle que le commentaire de l'œuvre d'Aristote par le musulman Averroès exerce une influence considérable sur le monde occidental. De même, la tentative entreprise par le juif Maimonide pour réconcilier foi et raison, dépasse les cercles juifs pour, entre autres, toucher saint Thomas d'Aquin, voire se prolonger au siècle des Lumières. A Cordoue, les statues de Sénèque, Averroès et Maimonide sont distantes de 300 mètres au plus les unes des autres. Cordoba s'affiche en vue de devenir capitale européenne de la culture en 2016.

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Le Christ aux lanternes
Vers le nord, la plaza de los Capuchinos blanche et pratiquement vide : sentiment de solitude et d'abandon qui entoure le Cristo de los Faroles. Et pourtant des bougies allumées, des fleurs.
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Déclic pour Selenia : la similitude avec cet article écrit en Bretagne à la fin du 19ème siècle et extirpé des chroniques de Gabriela Zapolska – femme de lettres, journaliste et actrice polonaise. Une Itron Varia ar Porzou (Notre-Dame des Portes), humble objet de dévotion des pauvres femmes de Chateauneuf-du-Faou, leur échappe et devient pôle de pélerinage à vocation notamment commerciale. Astiquée, re-peinturlurée, elle est mise derrière une grille dans une chapelle toute neuve que haut-clergé et notabilités inaugurent en grande pompe (voir La Procession, tableau de Paul Sérusier dont Zapolska était alors la compagne).
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Ici, permanence d'une dévotion populaire, en même temps qu'endroit signalé sur les guides touristiques (une étoile : intéressant).
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