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vendredi 15 avril 2016
Adieu à "ma" voiture
Condensé d'un point de vue paru dans le HUFFPOST.
Voici un an, je décidais de me séparer définitivement de ma voiture
Bien
sûr, j'habite une grande ville qui dispose d'un bon réseau de transports en
commun et je n'ai pas d'obligations familiales ou professionnelles qui
nécessitent la possession d'un véhicule personnel.
Je ne prétends pas que tout
le monde puisse s'en passer. Pourtant, je n'imaginais pas vivre sans.
Le slogan Ma voiture, c'est ma liberté a pris quelques
rides.
Quand on marche ou qu'on se balade en transport public, on n'est jamais
vraiment pris en otage dans un
embouteillage.
Transports en commun ou faire ses courses à pied, on marche plus souvent
dans son propre quartier. On découvre des rues, on se sent mieux enraciné
socialement dans l'endroit où on vit.
Sans voiture, on passe beaucoup plus de temps à l'extérieur. À marcher, à
attendre un bus, à prendre une correspondance.
Fini le trajet garage-parking où on ne met presque jamais le nez dehors.
Après quelques semaines sans voiture, on m'a dit que j'avais meilleure mine.
Quand on prend le bus ou le tram chaque jour, on rencontre plus de monde
que dans une voiture où on ne rencontre jamais personne.
Dans les transports, on entend les conversations téléphoniques des autres
usagers, on parle à des inconnus, on découvre de nouveaux horizons de vie.
L'attention requise pour marcher en ville n'est pas aussi importante que
celle qu'exige la conduite d'une voiture.
On a donc plus d'espace de cerveau disponible pour réfléchir.
Dans (certains) transports en commun, on peut même lire ou travailler.
Même si les trajets peuvent être plus longs qu'en voiture, le temps perdu est finalement très relatif.
Chercher en vain une place de parking, freiner brusquement pour un piéton
qui traverse distraitement, s'énerver dans un embouteillage, se faire couper la
route par un chauffard, entendre les coups de klaxon d'automobilistes
impatients derrière soi...
Tous ces petits tracas de la vie quotidienne au volant disparaissent du
jour au lendemain.
Il n'y a pas que le prix du véhicule, le carburant, les assurances, les
taxes d'immatriculation ou de circulation.
Le fait de ne plus avoir de voiture supprime aussi les frais de
stationnement ou la location d'un garage, les entretiens obligatoires, les
réparations, l'achat d'accessoires, les inévitables contraventions, etc.
On ne
doit plus jamais dégivrer un pare-brise.
Ne plus posséder de voiture ne signifie pas qu'on ne conduit plus jamais.
On peut louer un véhicule ponctuellement pour faire des grandes courses ou
pour acheter des meubles.
On peut aussi redécouvrir le plaisir de conduire sur les routes d'Italie
dans une voiture de location. Et vu les économies faites toute l'année, on peut
même prendre une catégorie supérieure.
Quand c'est absolument nécessaire, on peut prendre un taxi sans s'inquiéter
du prix.
Il sera de toute façon dérisoire par rapport au budget mensuel nécessaire
pour posséder un véhicule individuel.
Et puis, dans le tram et le bus, on a aussi un chauffeur.
mardi 5 mai 2015
Pâques et le chocolat
Vous en
avez récemment fait directement l’expérience : cet article et donc à
mettre de côté pour vous préparer à l’année prochaine. En France, pour le seul week-end
de Pâques, près de 15 mille tonnes de chocolats sont ingurgitées, soit 250 g par
personne, nourrissons compris.
Il y a un risque évident pour
tous ceux qui ont des problèmes de santé (surpoids, cholestérol, diabète…) :
le chocolat est un produit hypercalorique qui contient 30 à 35% de matière
grasse – 100 grammes de chocolat représente 540 calories.
A titre
d'exemple, 100 grammes de beurre, c'est 700 calories et 100 grammes de foie
gras c'est 500 calories.
La plupart du temps les artisans, les
boulangers, les pâtissiers, les maîtres chocolatiers utilisent du vrai
chocolat c'est-à-dire un produit qui contient à la fois de la pâte de cacao
et du beurre de cacao.
Mais pour des
raisons économiques, on trouve surtout aujourd'hui ce qu'on appelle des bonbons
ou des pralines de chocolat, avec un peu de pâte de cacao, du sucre et des
graisses hydrogénées ou végétales. Ces produits sont moins bons pour la santé
que le vrai chocolat. En plus la teneur en sucre de ces produits est en général
plus élevée et la variété des goûts est si grande qu'elle pousse à la
surconsommation.
Si on a les moyens, le mieux est d'aller
chez des spécialistes du chocolat qui utilisent de la pâte et du beurre de
cacao.
Le chocolat noir n’est pas
meilleur pour la santé – il est simplement un peu plus gras que le chocolat au
lait mais un peu moins sucré. On a beaucoup vanté ses mérites à l'époque des
régimes sans sucre. C'est le chocolat au lait qui est le moins calorique.
Pour les enfants, y
a-t’ il une limite à ne pas dépasser ? Ils n'ont pas tendance à s’en fixer une,
mais une ration de 50 à 60 grammes de chocolat est correcte. Cela représente
près de 300 calories et environ 20 grammes de matières grasses.
Pour donner un
repère c'est l'équivalent du gros lapin en chocolat que les plus jeunes vont
trouver dans le jardin.
Quant aux petits
œufs, ils pèsent en moyenne 5 grammes donc si les enfants en mangent une
douzaine ça ne leur fera pas de mal.
Le chocolat reste un aliment de plaisir :
on le consomme comme une friandise. La condition c'est que cette consommation
soit occasionnelle et c'est le cas pour Pâques.
On a prêté toutes les vertus au
chocolat parce qu’il est un produit complexe qui contient presque 800
molécules.
On a dit qu'il
pouvait lutter contre les infections pulmonaires. On lui a attribué des
vertus aphrodisiaques. Il a aussi une petite propriété antidépressive
probablement à cause de certaines molécules qui agissent sur la sérotonine, une
hormone qui permet de récupérer une humeur normale. Il permettrait enfin de
lutter, mais à très faible dose, contre l'hypertension artérielle.
Si on a eu les yeux plus gros que
le ventre durant le week-end de Pâques, il suffit de revenir aux bons vieux conseils
paysans. Quand vous avez fait un repas excessif ou quelques écarts, les jours
suivants vous mangez très peu.
Soit on
conseille aux gens de manger des repas maigres en calories le lendemain. Une
soupe avec des produits laitiers le lendemain peut faire l'affaire.
Soit faire des
jeûnes intermittents qui sont des abstinences alimentaires de 16 heures – il
semblerait que ce soit plus efficace.
Extraits de :
vendredi 20 décembre 2013
Révolution = classe moyenne qui se soulève
CONDENSÉ
La presse en ligne est abondante.
Ce qu’on y trouve est inégal.
Je n’y ai sélectionné que quelques titres
et repéré quelques articles.
Ce qui suit est le condensé de l’un
d’entre eux.
(WPROST, magazine polonais, via PRESSEUROP –10 avril 2013 – Marcin Król, traduit par Lucyna Haaso-Bastin)
Thèse : Ce sont les leaders de la
classe moyenne que l’on trouve à l’origine des révolutions.
Cas exemplaire : la Révolution
française.
(Contre-exemple très spécifique :
la révolution d’Octobre 1917).
Et aujourd’hui ? On y est
presque.
Dans le cas de la Révolution
française, le rôle d'avant-garde a été joué par des avocats, des entrepreneurs,
des employés de l'administration publique de l'époque et par une partie des
officiers de l'armée.
Le facteur économique était important,
mais pas primordial. Il s’agissait avant tout pour eux d’une absence
d’ouverture dans la vie publique et l'impossibilité de la promotion sociale – c’est
parce qu’elle tentait alors de limiter à tout prix l'influence des avocats et
des hommes d'affaires, que l’aristocratie les a incités à la révolution.
Les révolutions se dressent aussi
contre la barrière générationnelle – la domination des vieillards. Les
dirigeants de la Révolution française avaient environ 30 ans. Au cours des
décennies suivantes la vague des révolutions s’est étendue à l’Europe… Or il
est notoire que l'âge moyen des décideurs présents au Congrès de Vienne (1815)
qui a rétabli l'ordre conservateur en Europe, était de plus de 60 ans.
Qu’en est-il aujourd’hui ? Ceux
qui gagnent les élections en Europe, qui se révèlent souvent populaires, voire efficaces,
sont des leaders de la classe moyenne. On les traite au passage d’irresponsables :
ils n'appartiennent pas à la gériatrique classe politique traditionnelle.
Ce n’est certes plus l’aristocratie
qu’ils ont en face d’eux mais des banquiers, des spéculateurs et certains managers :
la classe moyenne et ses leaders se voient écartés du processus décisionnel et
subit de sévères conséquences de la politique menée. Celle-ci est en quelque
sorte confortée par les bénéficiaires de l’emploi public qui ont la sécurité de
l’emploi, alors que de jeunes diplômés sont laissés sur le bord de la route du
marché du travail (sans parles des artistes, des journalistes et autres…).
Les dirigeants européens actuels ont
majoritairement entre cinquante et soixante ans, mais compte tenu des avancées
de la médecine, il y a fort à parier que dans 20 ans, Mme Merkel et MM.
Cameron, Tusk [1er Ministre polonais] et Hollande seront encore aux
affaires. Sauf s’ils sont balayés avant.
En résumé : les voies
d'avancement de l'actuelle classe moyenne, majoritairement jeune, sont bouchées
soit par le monde de l’argent, soit par des vieux, ou par ceux qui paraissent
tels à une personne de 25 ans. Ce n’est pas l’idée d’actuels responsables
politiques, de revenir à la stabilité « comme avant » qui va les
calmer.
Une révolution ne se fait pas au nom
d'une mesure particulière (par exemple, une supervision bancaire plus stricte),
mais au nom du fait qu'il n'est plus possible de vivre ainsi. Une révolution n'emploie
pas de langage politique – elle est souvent désordonnée mais elle ne manque pas
d’être audible.
Libellés :
* Pologne,
Anticipation,
Histoire et politique
jeudi 23 juin 2011
Pétrole – remettez m’en un
État et devenir des lieux
Les informations sur l’énergie et le pétrole, que l’on trouve dans la version française de Wikipedia, remontent le plus souvent à 3 ans (2008). Comme on s’en doutait, la production et la consommation se sont fortement accrues dans le secteur au cours des dernières décennies. Soyons plus précis : depuis les années ’60, c’est une multiplication par 2,5 pour l’ensemble. La part actuellement prise par le pétrole est de 34%, celle du charbon de 29%, du gaz 24%, de l'hydraulique 6% et du nucléaire 5%. Restent moins de 2% pour les énegies renouvelables (éolienne et solaire).
Restons dans la production : pour le pétrole, le tiercé des pays gagnants est l’Arabie saoudite, la Russie et les États-Unis : à eux trois ils produisent 33% du total (si on regarde les 10 premiers pays producteurs, on monte à 62%). Pour le charbon, ce sont la Chine, les États-Unis et l’Afrique du Sud (69% et jusqu’à 95% à 10). Pour le gaz, la Russie, les États-Unis et le Canada (45% ; 64% à 10). Pour l’hydraulique, ce sont la Chine, le Brésil et le Canada. Et pour le nucléaire, les États-Unis, la France et le Japon.
Mais quels sont les pays consommateurs ? On les trouve essentiellement en Amérique du Nord ainsi qu’en Europe – il faut y ajouter le Japon. De plus, les pays qui tirent actuellement l’économie mondiale – le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) – ont rejoint le peloton de tête. L’analyse n’est pas la même si on considère la consommation totale de chaque pays ou celle par habitant.
Si, en 2008, les États-Unis sont en tête pour la consommation totale d’énergie, la Chine la suit, pas très loin derrière… puis la Russie et l’Inde, mais pour des quantités déjà 4 fois plus faibles. La consommation par habitant met également les États-Unis dans le peloton de tête. Mais, cette fois, la Chine est reléguée bien derrière (parmi les pays du BRIC : la Russie, 40% de moins qu’aux États-Unis ; la Chine et le Brésil, 5 à 6 fois moins ; et l’Inde, 15 fois moins). Tout à la fin, pour les habitants de Birmanie du Népal ou de l’Éthiopie, c’est 25 fois moins.
Utilisateurs privés de tout ou utilisateurs gourmands, la consommation mondiale s’élève à 12 milliards de tep (tonnes équivalent pétrole) dont on a vu que près de 90% provenaient d’énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz). Quelles sont les réserves ? On distingue celles qui correspondent à l’exploitation classique actuelle et pour lesquelles on a des estimations relativement sûres, et le reste – beaucoup plus spéculatif.
Ce que l’on appelle donc les réserves conventionnelles prouvées sont estimées à 1000 milliards de tep – ce qui fait un environ un siècle au rythme actuel. Si on pousse l’analyse, on aboutit à moins d’un demi-siècle pour le pétrole, un peu plus pour le gaz et à près de 2 siècles pour le charbon. Avec toutes les incertitudes que cela comporte, certains avancent qu’avec le non-conventionnel, les réserves de pétrole pourraient être multipliées par 3 ou plus.
On a aussi vu que, malgré les subventions et les efforts qui y ont jusqu’alors été consacrés, les énergies renouvelables sont loin d’assurer la relève. Un chiffre fait saliver ceux qui poussent à persévérer dans cette direction : une fois traversée l’atmosphère, l’énergie solaire qui se déverse sur notre planète équivaut à 10 mille fois l’actuelle production énergétique mondiale.
La dépendance au pétrole
Non seulement le pétrole représente un bon tiers de la consommation énergétique mondiale mais – sauf un concours d’heureuses surprises quant à découverte de gisements, quant à une exploitation respectueuse de l’environnement, et quant aux coûts de production à partir de ressources non conventionnelles – il ne reste même pas un demi-siècle de réserves pour le pétrole classique.
Situation aggravée du fait que ces moteurs de l’économie mondiale que sont les pays du BRIC – en premier lieu la Chine – ne pourront continuer à jouer ce rôle qu’en poursuivant leur développement : ce qui veut dire de nouveaux besoins en énergie, et pour leurs importations et exportations, pour l’industrialisation et suite à la croissance du niveau de vie de leurs ressortissants. Ces économies empruntent le chemin suivi par les pays développés qui, outre l’industrie, sont déjà très dépendants du pétrole pour les transports, pour le chauffage, pour l’agriculture et pour les produits chimiques ou plastiques dérivés.
Il existe des remèdes partiels : transports plus économes (ou faisant appel à l’électricité – mais d’où viendra cette-ci ?) ; réduction des gaspillages (notamment pour le chauffage et la climatisation des bâtiments). La piste des énergies de substitution est particulièrement malaisée : on a vu la lenteur et le coût du décollage pour les énergies renouvelables ; la substitution par le charbon présente de sérieux risques pour l’environnement – le nucléaire suscite d’autres appréhensions ; l’option en faveur des agro-carburants s’avère menaçante pour la filière agro-alimentaire ; le gaz naturel, plus propre, s’épuisera à son tour.
samedi 23 janvier 2010
Pour quelques degrés de réchauffement
On sait à quel point la question du réchauffement climatique est une belle foire d’empoigne et ce pour de multiples raisons qui interfèrent entre elles : il y a des scientifiques qui se querellent à ce sujet ; malgré les apparences ce sont des politiques de tout poil qui ont fait main basse sur l’écologie plutôt que le contraire ; qu’il s’agisse de nucléaire, d’éoliennes ou de panneaux solaires… les enjeux économiques sont parfois considérables et les décisions publiques pour subventionner les énergies de renouvellement donnent des résultats qui laissent parfois rêveur.
Au niveau mondial, un des lieux les plus en vue pour ce type d’échanges est le GIEC, organisation créée au sein de l’ONU, essentiellement composée de diplomates et d’une minorité de climatologues. GIEC veut dire Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (retenez l’équivalent anglais – IPCC – ça aide pour quand on utilise un moteur de recherche).
Le dernier rapport du GIEC date de 2007. On s’y est largement référé lors du sommet de Copenhague et il continue, ces temps-ci de faire quelques vagues : il y est par exemple affirmé, au détour de l’une de ses nombreuses pages, que les glaciers de l’Himalaya auront fondu d’ici 25 ans – ce qui bouleverse en moins d’une génération les conditions de vie d’un pays aussi peuplé que l’Inde, sans compter ses voisins. Or ce n’est qu’une boulette… On aurait recopié une interview publiée dans un magazine indien en 1999 ; personne ne l’aurait vraiment vérifié… à moins qu’on ait confondu 2035 et 2350.
C’est justement le rapport du GIEC qui est à l’origine d’un autre scénario sélectionné par Courrier International. Sobrement : une carte (c’est là l’essentiel) et le texte d’un article du New Scientist de février 2009, réduit à la Jivaro dans un rapport de 6 à 1, dont on ne cite pas l’auteur. En cherchant bien, vous retrouverez la carte en partant de la même adresse Internet (http://www.scribd etc.) que celle donnée à la fin du précédent billet. Mais elle est abondamment renseignée et, en même temps, difficilement lisible. C’est pourquoi j’ai pris ma palette et mes pinceaux pour vous en donner un aperçu au début, juste après le titre. Ceux qui veulent aller plus loin se rendront à la carte qui illustre l’article original en anglais (voir les références à la fin). Il vous suffira alors de cliquer sur une quinzaine d’emplacements pour tout savoir des horreurs qui attendent les survivants dans les différentes régions indiquées.
J’ai trouvé qui avait écrit l’article lui-même. C’est une journaliste que les sciences, l’environnement et les aspects sociaux intéressent. Elle s’est mise à son compte et parcourt le monde après avoir travaillé pour New Scientist et Nature. Sous le titre How to survive the coming century, Gaia Vince (ce semble être son nom de plume) nous raconte ce que serait un monde dont la température aurait globalement grimpé de 4°C. En quelques mots : des alligators qui se dorent au soleil des côtes britanniques, le Brésil transformé en désert, bon nombre de villes réputées, mettons Venise, qui auraient disparu – même sort pour 90% de la population mondiale. Ce n’est pas rien.
Car si la survie de l’humanité n’est pas en jeu, celle des 7 milliards que nous sommes et bientôt plus, l’est sérieusement, puisque le rapport 2007 du GIEC prévoit, au cours du 21ème siècle, une élévation de la température quelque part entre 2 et 6,4°C – ce qui veut dire que 4°C dès 2050 est très envisageable.
Or un exemple de cette amplitude, nous en avons un, même s’il remonte à 55 millions d’années. Ce qui permet de se faire une idée des conséquences. Première d’entre elles : en grande partie, les endroits où les gens vivent et produisent leur nourriture actuellement ne conviendront plus – extension rapide des déserts ou, pour d’autres raisons, ils deviendront invivables. Régions refuges : le Canada, la Scandinavie et le nord de la Russie. C’est ce qui fait dire au célèbre James Lovelock (le père de la théorie Gaïa que notre journaliste a eu par ailleurs l’occasion d’interviewer) que la sélection générée sur la planète entière par cette mutation si brutale et soudaine, sera si intense qu’il ne restera pas plus d’un milliard d’individus à l’arrivée.
Les conflits sur des enjeux à dimension planétaire pour disposer des ressources vitales vont prendre une grande ampleur – mais les gouvernants, élus sur une base strictement locale, seront démunis face à cette situation. Bien sûr, sur le papier il y a des solutions : avec 20 m² par personne (à Paris, il en tient deux fois plus), on peut faire tenir 9 milliards de gens dans moins de 500 km sur 500 km – or le seul Canada en dispose de près de 50 fois plus. En raison des contraintes (dont les délais courts pour se retourner), il s’agirait de villes verticales.
Par ailleurs l’avenir irait dans le sens des végétariens : océans acides, plus de plancton ; plus de plancton, plus de poisson ; manque de place pour le nourrir, plus de bétail – au mieux quelques chèvres et surtout de la volaille ; ressources en eau limitées, le riz cèdera la place aux pommes de terre ; on s’orientera vers des récoltes flottantes, dont celles à base d’algues.
Énergie : d’abord, des dizaines de milliers de km² de panneaux solaires sur le sud des États-Unis, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient pour fournir une électricité transportée à haute tension et stockée dans des piles à hydrogène (dans une des estimations, la consommation actuelle de l’Europe nécessiterait dans les 30 mille km² de ces panneaux). Viendraient ensuite le nucléaire, l’éolien, l’hydroélectrique et le géothermique.
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De toute façon, on peut faire une croix sur l’époque bienheureuse que nous vivons actuellement.
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De toute façon, on peut faire une croix sur l’époque bienheureuse que nous vivons actuellement.
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http://www.newscientist.com/embedded/mg20126971700-surviving-in-a-warmer-world
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Et pour clore cette série de scénarios, un rapide aperçu d’un article-fiction paru dans le Guardian : nous sommes en 2039. Les sombres prévisions énoncées ci-dessus ne se sont pas réalisées, on utilise la téléportation et on a affaire à des robots pensants. Ceux qui s’en souviennent se moquent gentiment des premières années du millénaire – mais on en cultive une certaine nostalgie. N’est-ce pas le sort de ces décennies sombres qui ne prennent consistance qu’après coup, un peu comme ce qui s’était passé pour les seventies, précisément au début des années 2000 ?
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Economie et finance,
Histoire et politique,
Sc. et techno
vendredi 22 janvier 2010
De l’artificiel pour l’homme

A mi-2008, époque à laquelle les articles ci-après ont été publiés dans US News & World Report, celui-ci était un hebdomadaire, le n° 3 par sa diffusion aux États-Unis après Time et Newsweek. Un an plus tard il était devenu un mensuel. Mais Courrier International, qui le présente à relativement juste titre comme reflétant la société de l’Amérique profonde, ne s’en est pas encore aperçu. Les scénarios ici sélectionnés sont signés par Nancy Shute. Cela a dû être une petite récréation pour elle puisque, article après article (elle en a rédigé depuis deux ou trois centaines dans ce même magazine), elle passe son temps à conseiller les parents sur leurs rejetons – santé d’abord ou premiers émois de leur puberté. Les adresses Internet pour accéder au texte en anglais se trouvent à la fin de ce billet.
Le premier des deux articles s’intéresse à des prothèses. Le titre choisi par Courrier International (A la rencontre de l’humanité 3.0) donne un coup d’accélérateur et compacte l’original (Will 'Upgrades' enhance our bodies? Engineers are building strong suits and brainy prosthetics; meet humanity 2.0). On y donne trois exemples :
… Un exosquelette. On comprend que c’est quelque chose qui est capable d’imiter les mouvements de l’utilisateur humain avec dix fois plus de force, comme la direction assistée d’une voiture. Mais cet exo est-il piloté à distance ? Le titre de l’article en anglais (strong suits) et une illustration apportent la réponse : il s’agit d’une combinaison, bien musclée, que l’on porte. Avec sa curieuse manie de panacher traductions et dessins de provenances différentes (à scénarios américains, dessins espagnols ; à scénario chinois, dessin russe), Courrier International en arrive à confondre créativité et égarement. Ici, le 3.0, c’est plutôt la Ford model T – pas très 21ème siècle. Revenons à notre exosquelette-combinaison : pour le moment, il consomme une énergie telle qu’il lui faut un cordon ombilical d’alimentation plutôt costaud. L’arme au pied, les militaires qui financent attendent une version plus viable.
… Même source de financement – mais à l’étape suivante, pour les anciens combattants qui ont perdu un bras (ou même les deux). Net progrès sur les prothèses héritées du passé, ce qu’on nous prépare y gagnera en légèreté, restituera la sensation du toucher, se rapprochera de la vitesse et de la flexibilité d’un bras normal et, connecté aux nerfs moteurs des bras, permettra notamment d’aller à la pêche ou de se maquiller.
… Allons maintenant au MIT : on y a testé sur des souris de minuscules interrupteurs (comme ceux pour des diodes électroluminescentes) pour allumer ou éteindre des neurones du cerveau en un millième de seconde (Courrier International est prudent : il traduit par un centième). Applications entrevues : Parkinson, cécité, cerveau plus performant, créativité (voir plus haut).
Le sujet du second article est l’alimentation de demain. Dans la version française c’est : Saignant, votre steak in vitro ? Pour US News & World Report c’était : What will we eat in a hungrier world? Making meat without killing animals could fix a lot of problems.
En amont de la partie carnivore de notre alimentation, il y a l’élevage des animaux que l’on va consommer. Or celui-ci présente pour le moins deux défauts : il est écologiquement du mauvais côté de la barrière... et d’un rendement déplorable (de 4 à 20 protéines végétales ingérées pour une protéine animale produite. Mais ne pourrait-on pas produire de la viande sans animaux ?
Après avoir rappelé que l’on cultivait de la peau humaine en laboratoire pour soigner les brûlés, l’auteur de l’article nous livre une formule joliment ramassée : Créer des organes à des fins de greffe est une forme d’art. En revanche, produire suffisamment de viande pour satisfaire la demande mondiale nécessiterait une efficacité et des économies d’échelle façon Wal-Mart. Pour l’instant on reste dans le domaine du minuscule et seule la NASA semble faire des efforts dans l’optique d’une conquête de la Lune ou de Mars.
Nos Médicis d’aujourd’hui (voir le précédent billet – on cite ici la Fondation Gates) s’intéressent plutôt aux végétaux et encore s’agit-il d’amélioration de cultures existantes… Mais il n’y a que 3% d’Américains végétariens et, même en Inde, ceux d’obédience stricte ne dépassent pas le tiers. Or la viande de laboratoire reste horriblement chère et on se demande même si, au cours de la croissance artificielle, il ne faut pas simuler les mouvements de contraction et d’étirement des fibres musculaires quand l’animal bouge…
Last but not least, le peu qui a été produit s’est avéré d’une consistance et d’un goût tels que les téméraires qui s’y sont risqués n’y sont jamais revenus.
Adresse Internet pour l’article "3.0" :
En anglais :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/will-upgrades-enhance-our-bodies.html
En français avec l’illustration Model T :
http://www.scribd.com/doc/24907741/Courrier-International-n%C2%B01000-du-1er-Janvier-2010 (faire défiler jusqu’à la page 27 au sein de cet écran)
Pour l’article "In vitro" (en anglais) :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/what-will-we-eat-in-a-hungrier-world.html
Le premier des deux articles s’intéresse à des prothèses. Le titre choisi par Courrier International (A la rencontre de l’humanité 3.0) donne un coup d’accélérateur et compacte l’original (Will 'Upgrades' enhance our bodies? Engineers are building strong suits and brainy prosthetics; meet humanity 2.0). On y donne trois exemples :
… Un exosquelette. On comprend que c’est quelque chose qui est capable d’imiter les mouvements de l’utilisateur humain avec dix fois plus de force, comme la direction assistée d’une voiture. Mais cet exo est-il piloté à distance ? Le titre de l’article en anglais (strong suits) et une illustration apportent la réponse : il s’agit d’une combinaison, bien musclée, que l’on porte. Avec sa curieuse manie de panacher traductions et dessins de provenances différentes (à scénarios américains, dessins espagnols ; à scénario chinois, dessin russe), Courrier International en arrive à confondre créativité et égarement. Ici, le 3.0, c’est plutôt la Ford model T – pas très 21ème siècle. Revenons à notre exosquelette-combinaison : pour le moment, il consomme une énergie telle qu’il lui faut un cordon ombilical d’alimentation plutôt costaud. L’arme au pied, les militaires qui financent attendent une version plus viable.
… Même source de financement – mais à l’étape suivante, pour les anciens combattants qui ont perdu un bras (ou même les deux). Net progrès sur les prothèses héritées du passé, ce qu’on nous prépare y gagnera en légèreté, restituera la sensation du toucher, se rapprochera de la vitesse et de la flexibilité d’un bras normal et, connecté aux nerfs moteurs des bras, permettra notamment d’aller à la pêche ou de se maquiller.
… Allons maintenant au MIT : on y a testé sur des souris de minuscules interrupteurs (comme ceux pour des diodes électroluminescentes) pour allumer ou éteindre des neurones du cerveau en un millième de seconde (Courrier International est prudent : il traduit par un centième). Applications entrevues : Parkinson, cécité, cerveau plus performant, créativité (voir plus haut).
Le sujet du second article est l’alimentation de demain. Dans la version française c’est : Saignant, votre steak in vitro ? Pour US News & World Report c’était : What will we eat in a hungrier world? Making meat without killing animals could fix a lot of problems.
En amont de la partie carnivore de notre alimentation, il y a l’élevage des animaux que l’on va consommer. Or celui-ci présente pour le moins deux défauts : il est écologiquement du mauvais côté de la barrière... et d’un rendement déplorable (de 4 à 20 protéines végétales ingérées pour une protéine animale produite. Mais ne pourrait-on pas produire de la viande sans animaux ?
Après avoir rappelé que l’on cultivait de la peau humaine en laboratoire pour soigner les brûlés, l’auteur de l’article nous livre une formule joliment ramassée : Créer des organes à des fins de greffe est une forme d’art. En revanche, produire suffisamment de viande pour satisfaire la demande mondiale nécessiterait une efficacité et des économies d’échelle façon Wal-Mart. Pour l’instant on reste dans le domaine du minuscule et seule la NASA semble faire des efforts dans l’optique d’une conquête de la Lune ou de Mars.
Nos Médicis d’aujourd’hui (voir le précédent billet – on cite ici la Fondation Gates) s’intéressent plutôt aux végétaux et encore s’agit-il d’amélioration de cultures existantes… Mais il n’y a que 3% d’Américains végétariens et, même en Inde, ceux d’obédience stricte ne dépassent pas le tiers. Or la viande de laboratoire reste horriblement chère et on se demande même si, au cours de la croissance artificielle, il ne faut pas simuler les mouvements de contraction et d’étirement des fibres musculaires quand l’animal bouge…
Last but not least, le peu qui a été produit s’est avéré d’une consistance et d’un goût tels que les téméraires qui s’y sont risqués n’y sont jamais revenus.
Adresse Internet pour l’article "3.0" :
En anglais :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/will-upgrades-enhance-our-bodies.html
En français avec l’illustration Model T :
http://www.scribd.com/doc/24907741/Courrier-International-n%C2%B01000-du-1er-Janvier-2010 (faire défiler jusqu’à la page 27 au sein de cet écran)
Pour l’article "In vitro" (en anglais) :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/what-will-we-eat-in-a-hungrier-world.html
jeudi 21 janvier 2010
Un 21ème siècle européen ?
La famille de l’auteur du scénario américain (voir le billet précédent) avait survécu à la Shoah puis fui la Hongrie pour les États-Unis au moment de la mainmise soviétique. Celui du modèle européen – Parag Khanna – est également américain mais d’une autre génération (il a 32 ans) et né au nord de l’Inde, dans l’Uttar Pradesh. Analyste en vue en matière de relations internationales, il a publié The Second World en 2008. Ce terme recouvre un ensemble de pays, entre le Tiers-monde et le trio des grandes puissances (États-Unis, Union européenne et Chine) qui cherchent à les entrainer dans leurs zones d’influence respectives. On annonce la sortie d’un autre de ses ouvrages chez Random : How to run the World.
Le modèle européen s’impose partout – l’article sur lequel s’appuie Courrier International est paru l’été dernier dans la revue berlinoise Internationale Politik (qui est éditée en allemand, en anglais, en russe et en chinois). La version en anglais s’intitule Europe 2030 : A Postmodern Middle Ages.
http://www.ip-global.org/archiv/volumes/2009/summer2009/download/1de670decc00026670d11de99db33f8315071d171d1/original_209_khanna.pdf
Grèce, Empire romain, Moyen-âge, Renaissance, États-nations… Étape après étape, l’Europe a imprimé sa marque dans le monde. Son économie sociale de marché – lieu d’équilibre entre le capitalisme à l’américaine et étatisme excessivement dirigé – pourrait fournir la bonne réponse sur le chemin qui reste à parcourir vers une gouvernance mondiale. Empires en expansion, croisades, déploiement des communications et du commerce, tissu des universités : avec sa longue période d’incertitudes, un nouveau Moyen-âge s’amorce.
Comme les cités-États d’alors, les villes planétaires actuelles dont la liste s’allonge, deviennent des centres d’activité quasiment coupés de leur ancrage géographique. Elles financeront leur propre défense. C’est à des chevaliers, mercenaires et condottieres du 21ème siècle que sera confiée la sécurité mondiale. Autre liste qui s’allonge : celle des milliardaires parmi lesquels on commence à distinguer de nouveaux Médicis pour demain.
Et l’Union européenne ? L’acquis communautaire a déjà commencé à refondre de l’intérieur les États qui en sont déjà membres. Il pourrait se propager vers la Turquie (pont vers l’Asie centrale et le Proche-Orient) et vers l’Ukraine (et plus loin ?) tout en élargissant son influence dans le Maghreb. De façon plus générale un donnant-donnant entre énergie et développement économique. Sur le plan militaire, en fusionnant ses armées, l’Union européenne sera en mesure de maîtriser son propre espace – et de disposer d’une force d’interventions ponctuelles, sans suivre le chemin (actuellement constaté) des occupations de longue durée.
Ce modèle de gouvernance régionale inspirera les Amériques, l’Asie de l’Est et, jusqu’à un certain point, l’Afrique. Les États-Unis pourraient s’en inspirer également et l’étendre à leur politique étrangère : libéralisation et modernisation de sa périphérie ; attitude moins doctrinaire vis-à-vis d’une Chine qui aura alors achevé de rétablir son statut d’empire du Milieu.
Épidémies, flux migratoires – voire hordes fuyant certaines zones menacées, très lente instauration d’une gouvernance mondiale : nous sommes embarqués pour un long Moyen-âge dans l’attente d’une hypothétique Renaissance.
Plus ramassé (il s’agit d’extraits), un autre scénario proposé par Courrier International (L’islam à la conquête du Vieux Continent ?) jouxte celui qui vient d’être présenté. Il n’a pas été publié à Berlin mais à Vienne, dans Profil, sorte de Spiegel à l’autrichienne.
On prévoit une croissance démographique des musulmans en Europe – mais il faudrait éviter d’en déduire qu’il en résultera une théocratie islamique. Deux des rédacteurs de l’hebdomadaire attirent l’attention sur les points suivants :
… Accroissement oui, majorité non. Point de départ actuel : 3,5% de la population de l’Union européenne. Il faudra y rajouter l’immigration et le différentiel de fécondité (qui s’amenuise).
… Pas de radicalisation religieuse annoncée : à peine 10% des musulmans nés en Europe sont membres d’une association liée à une mosquée.
… Ni anti-démocratie ni pro-théocratie : comme pour le reste de la population autrichienne, les musulmans originaires de Turquie se disent attachés aux valeurs de démocratie et de liberté d’opinion ; les 2/3 prônent une séparation de l’Église et de l’État.
… Les musulmans qui ont migré et grandi en Europe ne forment pas un groupe homogène (ni origines, ni traditions, ni priorités qui leurs sont communes).
… Une minorité place la religion au-dessus des lois de l’État : si, en Autriche, 45% sont adeptes d’un tel islam politique, ils ne sont plus que 21% à vouloir en intégrer les principes dans la législation nationale.
N.B. – Dans une introduction en forme de scénario-fiction, l’article évoque une république islamique au cœur de l’Europe, qui se serait constituée autour de Vénissieux, près de Lyon. Dans le courrier des lecteurs, une ou deux semaines plus tard, le maire de Vénissieux a réagi en s’exprimant énergiquement.
Le modèle européen s’impose partout – l’article sur lequel s’appuie Courrier International est paru l’été dernier dans la revue berlinoise Internationale Politik (qui est éditée en allemand, en anglais, en russe et en chinois). La version en anglais s’intitule Europe 2030 : A Postmodern Middle Ages.
http://www.ip-global.org/archiv/volumes/2009/summer2009/download/1de670decc00026670d11de99db33f8315071d171d1/original_209_khanna.pdf
Grèce, Empire romain, Moyen-âge, Renaissance, États-nations… Étape après étape, l’Europe a imprimé sa marque dans le monde. Son économie sociale de marché – lieu d’équilibre entre le capitalisme à l’américaine et étatisme excessivement dirigé – pourrait fournir la bonne réponse sur le chemin qui reste à parcourir vers une gouvernance mondiale. Empires en expansion, croisades, déploiement des communications et du commerce, tissu des universités : avec sa longue période d’incertitudes, un nouveau Moyen-âge s’amorce.
Comme les cités-États d’alors, les villes planétaires actuelles dont la liste s’allonge, deviennent des centres d’activité quasiment coupés de leur ancrage géographique. Elles financeront leur propre défense. C’est à des chevaliers, mercenaires et condottieres du 21ème siècle que sera confiée la sécurité mondiale. Autre liste qui s’allonge : celle des milliardaires parmi lesquels on commence à distinguer de nouveaux Médicis pour demain.
Et l’Union européenne ? L’acquis communautaire a déjà commencé à refondre de l’intérieur les États qui en sont déjà membres. Il pourrait se propager vers la Turquie (pont vers l’Asie centrale et le Proche-Orient) et vers l’Ukraine (et plus loin ?) tout en élargissant son influence dans le Maghreb. De façon plus générale un donnant-donnant entre énergie et développement économique. Sur le plan militaire, en fusionnant ses armées, l’Union européenne sera en mesure de maîtriser son propre espace – et de disposer d’une force d’interventions ponctuelles, sans suivre le chemin (actuellement constaté) des occupations de longue durée.
Ce modèle de gouvernance régionale inspirera les Amériques, l’Asie de l’Est et, jusqu’à un certain point, l’Afrique. Les États-Unis pourraient s’en inspirer également et l’étendre à leur politique étrangère : libéralisation et modernisation de sa périphérie ; attitude moins doctrinaire vis-à-vis d’une Chine qui aura alors achevé de rétablir son statut d’empire du Milieu.
Épidémies, flux migratoires – voire hordes fuyant certaines zones menacées, très lente instauration d’une gouvernance mondiale : nous sommes embarqués pour un long Moyen-âge dans l’attente d’une hypothétique Renaissance.
Plus ramassé (il s’agit d’extraits), un autre scénario proposé par Courrier International (L’islam à la conquête du Vieux Continent ?) jouxte celui qui vient d’être présenté. Il n’a pas été publié à Berlin mais à Vienne, dans Profil, sorte de Spiegel à l’autrichienne.
On prévoit une croissance démographique des musulmans en Europe – mais il faudrait éviter d’en déduire qu’il en résultera une théocratie islamique. Deux des rédacteurs de l’hebdomadaire attirent l’attention sur les points suivants :
… Accroissement oui, majorité non. Point de départ actuel : 3,5% de la population de l’Union européenne. Il faudra y rajouter l’immigration et le différentiel de fécondité (qui s’amenuise).
… Pas de radicalisation religieuse annoncée : à peine 10% des musulmans nés en Europe sont membres d’une association liée à une mosquée.
… Ni anti-démocratie ni pro-théocratie : comme pour le reste de la population autrichienne, les musulmans originaires de Turquie se disent attachés aux valeurs de démocratie et de liberté d’opinion ; les 2/3 prônent une séparation de l’Église et de l’État.
… Les musulmans qui ont migré et grandi en Europe ne forment pas un groupe homogène (ni origines, ni traditions, ni priorités qui leurs sont communes).
… Une minorité place la religion au-dessus des lois de l’État : si, en Autriche, 45% sont adeptes d’un tel islam politique, ils ne sont plus que 21% à vouloir en intégrer les principes dans la législation nationale.
N.B. – Dans une introduction en forme de scénario-fiction, l’article évoque une république islamique au cœur de l’Europe, qui se serait constituée autour de Vénissieux, près de Lyon. Dans le courrier des lecteurs, une ou deux semaines plus tard, le maire de Vénissieux a réagi en s’exprimant énergiquement.
Libellés :
Anticipation,
Histoire et politique
mardi 19 janvier 2010
Un 21ème siècle américain
Cette année, le politologue américain George Friedman a publié chez Doubleday The next 100 years, a forecast for the 21st century. Ce sont des extraits de l’avant-propos de cet ouvrage que la revue mexicaine Nexos a publiés sous son dossier : México 2080, una profecía geopolítica. Courrier International l'a traduit parmi les scénarios de son numéro 1000 sous le titre : Quand Ankara et Varsovie feront la loi.
Le 21ème siècle sera celui de l’ère américaine… mais pour maintenir leur prédominance, les États-Unis s’emploieront à défaire des coalitions. Déjà, ils ont envahi un monde islamique où certains cherchaient à recréer un grand empire, un califat, et à les frapper.
Contrairement à ce que l’on pense, la Chine ne posera pas grand problème : elle est géographiquement bordée, sa puissance maritime est insuffisante et sera lente à se reconstituer, et elle a systématiquement été en prise à des instabilités internes chaque fois qu’elle a tenté de s’ouvrir.
Nouvelle guerre froide avec la Russie
Viendra alors le temps d’une nouvelle guerre froide avec la Russie qui aura cherché à recréer son ancienne sphère d’influence… mais qui s’effondrera de nouveau en raison de sa faiblesse démographique et celle de ses infrastructures, plus ses problèmes intérieurs.
Quelques puissances intermédiaires et une guerre mondiale
C’est sur cette toile de fond qu’au milieu du siècle on peut s’attendre à voir ré-émerger quelques puissances intermédiaires. Sans doute le Japon – mais ses faiblesses démographiques et sa répugnance envers l’immigration seront des handicaps. Ensuite la Turquie, déjà économiquement et militairement forte, plate-forme de stabilité au sein d’un environnement qui l’est moins, et dont le passé (Empire ottoman) témoigne de sa capacité à dominer le monde islamique. Mais aussi la Pologne dont la puissance fut réelle – de la Baltique à la Mer Noire – jusqu’au 16ème siècle. Voisine d’une Allemagne peu encline à se colleter avec la Russie et au dynamisme économiquement effrité (démographie toujours), la Pologne sera initialement soutenue par les États-Unis face à cette même Russie et fédèrera autour d’elle les pays qui y résisteront.
L’auteur s’attend à ce qu’entre les États-Unis et ces trois puissances renaissantes une nouvelle guerre mondiale se déclenche.
[N’ayant pas lu le livre, je n’ai pas d’idée précise sur l’issue de cet épisode. Mais le commentateur des Izvestia (voir la référence à la fin de ce billet) n’a pas manqué de remarquer que, une fois la Chine mise hors jeu, les trois puissances désignées ont pour particularité d’encadrer la Russie. L’ironie de la situation viendrait de ce que, une fois la Russie supposée s’être à nouveau effondrée, c’est aux puissances qui l’entourent et qui y ont sans doute contribué, que les États-Unis sont conduits à s’attaquer.]
Démographie, énergie, technologie
A la recherche des facteurs les plus déterminants, il prédit que les décennies à venir vont être marquées en profondeur par la fin de l’explosion démographique amorcée il y a plus de deux siècles. La population mondiale aura fini par se stabiliser. Au même moment, les pays industrialisés avancés vont se dépeupler significativement – d’où une grande pénurie de main d’œuvre et une concurrence entre eux en matière d’immigration.
[Voici les estimations que j’ai recueillies : le premier milliard d’habitants a été franchi vers 1800, le 2nd vers 1930 (+130 ans), le 3ème vers 1960 (+30), le 4ème vers 1975 (+15), le 5ème vers 1987 (+12), le 6ème en 2000 (+13) ; on prévoit le 7ème en 2013 (+13), le 8ème vers 2026 (+13) et le 9ème vers 2047 (+21).]
Cela ne suffira pas pour assurer la viabilité du système de production qui devra faire appel à encore plus de technologie. Or celle-ci aura reçu de nouvelles impulsions pour des raisons militaires, à l’occasion des bras-de-fer planétaires évoqués plus haut et des retombées civiles ne manqueront pas. Autre souci, autre recours à la technologie ainsi qu’à des interventions étatiques : prendre le relais des hydrocarbures en matière de ressources énergétiques.
Sans oublier le Mexique
Ce recentrant enfin sur continent nord-américain, George Friedman pronostique que vers la fin du siècle le Mexique entrera en conflit avec son puissant voisin pour récupérer les territoires qu’il avait été obligé de lui céder en 1848 et qui – immigration aidant – seront alors majoritairement peuplés de Mexicains.
[La traduction de Courrier International est accessible contre paiement sur son site. Un texte plus complet, en espagnol, l’est librement sur celui du magazine mexicain Nexos. Certains organismes ou journaux français ont rendu compte de l’ouvrage ou d’articles s’y référant. Par ailleurs, la revue de presse en français de l’Agence d’État RIA-Novosti commente un récent article des Izvestia sur ce sujet. Quelques sites :
http://www.nexos.com.mx/?P=leerarticulo&Article=552
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/12/30/04016-20091230ARTFIG00495-le-mexique-future-puissance-selon-george-friedman-.php
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Ozalids_21.pdf (voir à la page 3)
Le 21ème siècle sera celui de l’ère américaine… mais pour maintenir leur prédominance, les États-Unis s’emploieront à défaire des coalitions. Déjà, ils ont envahi un monde islamique où certains cherchaient à recréer un grand empire, un califat, et à les frapper.
Contrairement à ce que l’on pense, la Chine ne posera pas grand problème : elle est géographiquement bordée, sa puissance maritime est insuffisante et sera lente à se reconstituer, et elle a systématiquement été en prise à des instabilités internes chaque fois qu’elle a tenté de s’ouvrir.
Nouvelle guerre froide avec la Russie
Viendra alors le temps d’une nouvelle guerre froide avec la Russie qui aura cherché à recréer son ancienne sphère d’influence… mais qui s’effondrera de nouveau en raison de sa faiblesse démographique et celle de ses infrastructures, plus ses problèmes intérieurs.
Quelques puissances intermédiaires et une guerre mondiale
C’est sur cette toile de fond qu’au milieu du siècle on peut s’attendre à voir ré-émerger quelques puissances intermédiaires. Sans doute le Japon – mais ses faiblesses démographiques et sa répugnance envers l’immigration seront des handicaps. Ensuite la Turquie, déjà économiquement et militairement forte, plate-forme de stabilité au sein d’un environnement qui l’est moins, et dont le passé (Empire ottoman) témoigne de sa capacité à dominer le monde islamique. Mais aussi la Pologne dont la puissance fut réelle – de la Baltique à la Mer Noire – jusqu’au 16ème siècle. Voisine d’une Allemagne peu encline à se colleter avec la Russie et au dynamisme économiquement effrité (démographie toujours), la Pologne sera initialement soutenue par les États-Unis face à cette même Russie et fédèrera autour d’elle les pays qui y résisteront.
L’auteur s’attend à ce qu’entre les États-Unis et ces trois puissances renaissantes une nouvelle guerre mondiale se déclenche.
[N’ayant pas lu le livre, je n’ai pas d’idée précise sur l’issue de cet épisode. Mais le commentateur des Izvestia (voir la référence à la fin de ce billet) n’a pas manqué de remarquer que, une fois la Chine mise hors jeu, les trois puissances désignées ont pour particularité d’encadrer la Russie. L’ironie de la situation viendrait de ce que, une fois la Russie supposée s’être à nouveau effondrée, c’est aux puissances qui l’entourent et qui y ont sans doute contribué, que les États-Unis sont conduits à s’attaquer.]
Démographie, énergie, technologie
A la recherche des facteurs les plus déterminants, il prédit que les décennies à venir vont être marquées en profondeur par la fin de l’explosion démographique amorcée il y a plus de deux siècles. La population mondiale aura fini par se stabiliser. Au même moment, les pays industrialisés avancés vont se dépeupler significativement – d’où une grande pénurie de main d’œuvre et une concurrence entre eux en matière d’immigration.
[Voici les estimations que j’ai recueillies : le premier milliard d’habitants a été franchi vers 1800, le 2nd vers 1930 (+130 ans), le 3ème vers 1960 (+30), le 4ème vers 1975 (+15), le 5ème vers 1987 (+12), le 6ème en 2000 (+13) ; on prévoit le 7ème en 2013 (+13), le 8ème vers 2026 (+13) et le 9ème vers 2047 (+21).]
Cela ne suffira pas pour assurer la viabilité du système de production qui devra faire appel à encore plus de technologie. Or celle-ci aura reçu de nouvelles impulsions pour des raisons militaires, à l’occasion des bras-de-fer planétaires évoqués plus haut et des retombées civiles ne manqueront pas. Autre souci, autre recours à la technologie ainsi qu’à des interventions étatiques : prendre le relais des hydrocarbures en matière de ressources énergétiques.
Sans oublier le Mexique
Ce recentrant enfin sur continent nord-américain, George Friedman pronostique que vers la fin du siècle le Mexique entrera en conflit avec son puissant voisin pour récupérer les territoires qu’il avait été obligé de lui céder en 1848 et qui – immigration aidant – seront alors majoritairement peuplés de Mexicains.
[La traduction de Courrier International est accessible contre paiement sur son site. Un texte plus complet, en espagnol, l’est librement sur celui du magazine mexicain Nexos. Certains organismes ou journaux français ont rendu compte de l’ouvrage ou d’articles s’y référant. Par ailleurs, la revue de presse en français de l’Agence d’État RIA-Novosti commente un récent article des Izvestia sur ce sujet. Quelques sites :
http://www.nexos.com.mx/?P=leerarticulo&Article=552
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/12/30/04016-20091230ARTFIG00495-le-mexique-future-puissance-selon-george-friedman-.php
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Ozalids_21.pdf (voir à la page 3)
lundi 18 janvier 2010
Rétro-prospective

Till me signale que, coïncidence, Courrier International a sorti son numéro 1000 – pile le 1er janvier. Étrange ? Non, normal : les quatre pionniers qui avaient envie et qui ont à l’époque réussi à faire partager leur intérêt pour ce qui se publie tout autour de la planète, l’ont lancé un an après la chute du mur de Berlin. Plus de 19 ans et 52 semaines par an – le compte est bon. Rachat 4 ans plus tard par le groupe propriétaire de l’Express et du Point (celui des fondateurs qui le dirigeait a été licencié dans l’année qui a suivi). Fin 2001, le titre atterrit dans l’escarcelle du Monde. Concédons un chouïa de professionnalisme en plus… en revanche un supplément d’âme relativement laminé.
On pouvait s’y attendre : le lecteur a le droit à un coup d’œil obligé dans le rétroviseur. Mais, sous prétexte de chiffre rond, le fin fond de l’événementiel c’est de vendre ce même lecteur pour de la pub. Gagné ! 40% de la pagination y est consacrée (contre 25% et 12% respectivement pour les deux numéros ordinaires suivants). Et cette réclame va pour un lecteur fana de tourisme et de destinations lointaines à 35%, de parfums et d’alcools à 25% et d’autos-motos à 12% – belle compagnie.
Dans ce rétroviseur que voit-on ? A priori 50 couvertures chocs et 100 petites phrases – en fait, une surreprésentation du passé proche. Le poids des couvertures ne relève pas du choc : l’évocation mosaïque de ces deux décennies se suffit. Quant aux petites phrases, mieux vaut être indulgent. Plus curieux est que la période des pionniers est sous-représentée et que celle managée par l’actuelle équipe rafle la plus grande partie de la mise : les années 1990-94 comptent chacune pour un quart tandis que chacune de celles de 2002 à maintenant pèsent 8 fois plus pour les petites phrases et 5 fois plus pour les couvertures – la pondération pour les années intermédiaires est entre les deux.
Passons sous silence un supplément – pages centrales (ad usum delphini ?) pour les insiders qui ont dû se repasser le trousseau de clés – tiré à quelques 200 000 exemplaires comme le reste. Mentionnons les 1000 merci (en fait, moins de la moitié) en autant de langues : qui pourra, sans rougir, dire qui dit ici merci à qui ? Je me doutais qu’il y avait environ 1 milliard de locuteurs de 1ère ou 2ème langue à pouvoir respectivement dire merci en mandarin, en anglais et en hindi ou approchant… mais j’y ai appris qu’ils n’étaient guère plus d’une douzaine à pouvoir l’exprimer en itzà (Guatemala), en cahuille (États-Unis), en vod (Russie) ou en livonien (Lettonie).
Restent une dizaine de scénarios pour le futur dont, par leur diversité, quelques uns permettent d’ouvrir la réflexion : si cette initiative est une illustration de la devise l’anticipation au quotidien que semble avoir adoptée le magazine, tant mieux – sans oublier pour autant le quotidien. Je retiendrai ici :
Quand Ankara et Varsovie feront la loi.
Le modèle européen s’impose partout.
L’islam à la conquête du Vieux Continent.
A la rencontre de l’humanité 3.0.
Saignant votre steak in vitro ?
Si la température montait de 4°c…
Les années 2000 dans le rétroviseur.
Qui trop embrasse, mal étreint dit le proverbe. C'est ainsi que chacun de ces scénarios recèle un évident avantage : il explore avec une profondeur certaine un des aspects de nos avenirs potentiels. Focalisation dont je suis reconnaissant aux auteurs. Il nous reste en revanche, en passant de l'un à l'autre, à saisir en quoi les différentes dimensions qui s'y déploient interfèrent entre elles – ce qui nous invite à progresser quelques pas plus avant.
On pouvait s’y attendre : le lecteur a le droit à un coup d’œil obligé dans le rétroviseur. Mais, sous prétexte de chiffre rond, le fin fond de l’événementiel c’est de vendre ce même lecteur pour de la pub. Gagné ! 40% de la pagination y est consacrée (contre 25% et 12% respectivement pour les deux numéros ordinaires suivants). Et cette réclame va pour un lecteur fana de tourisme et de destinations lointaines à 35%, de parfums et d’alcools à 25% et d’autos-motos à 12% – belle compagnie.
Dans ce rétroviseur que voit-on ? A priori 50 couvertures chocs et 100 petites phrases – en fait, une surreprésentation du passé proche. Le poids des couvertures ne relève pas du choc : l’évocation mosaïque de ces deux décennies se suffit. Quant aux petites phrases, mieux vaut être indulgent. Plus curieux est que la période des pionniers est sous-représentée et que celle managée par l’actuelle équipe rafle la plus grande partie de la mise : les années 1990-94 comptent chacune pour un quart tandis que chacune de celles de 2002 à maintenant pèsent 8 fois plus pour les petites phrases et 5 fois plus pour les couvertures – la pondération pour les années intermédiaires est entre les deux.
Passons sous silence un supplément – pages centrales (ad usum delphini ?) pour les insiders qui ont dû se repasser le trousseau de clés – tiré à quelques 200 000 exemplaires comme le reste. Mentionnons les 1000 merci (en fait, moins de la moitié) en autant de langues : qui pourra, sans rougir, dire qui dit ici merci à qui ? Je me doutais qu’il y avait environ 1 milliard de locuteurs de 1ère ou 2ème langue à pouvoir respectivement dire merci en mandarin, en anglais et en hindi ou approchant… mais j’y ai appris qu’ils n’étaient guère plus d’une douzaine à pouvoir l’exprimer en itzà (Guatemala), en cahuille (États-Unis), en vod (Russie) ou en livonien (Lettonie).
Restent une dizaine de scénarios pour le futur dont, par leur diversité, quelques uns permettent d’ouvrir la réflexion : si cette initiative est une illustration de la devise l’anticipation au quotidien que semble avoir adoptée le magazine, tant mieux – sans oublier pour autant le quotidien. Je retiendrai ici :
Quand Ankara et Varsovie feront la loi.
Le modèle européen s’impose partout.
L’islam à la conquête du Vieux Continent.
A la rencontre de l’humanité 3.0.
Saignant votre steak in vitro ?
Si la température montait de 4°c…
Les années 2000 dans le rétroviseur.
Qui trop embrasse, mal étreint dit le proverbe. C'est ainsi que chacun de ces scénarios recèle un évident avantage : il explore avec une profondeur certaine un des aspects de nos avenirs potentiels. Focalisation dont je suis reconnaissant aux auteurs. Il nous reste en revanche, en passant de l'un à l'autre, à saisir en quoi les différentes dimensions qui s'y déploient interfèrent entre elles – ce qui nous invite à progresser quelques pas plus avant.
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Si je me propose de donner un aperçu condensé de ces articles dans quelques billets suivants, c’est bien que je les ai appréciés. Mais ce n’est qu’un avant-goût qui, selon les intérêts de une ou de untel, ne remplacera pas une consultation plus directe, voire de remonter aux articles originaux, voire de se plonger dans les ouvrages qui les ont inspirés. Comme à l’habitude je tâcherai d’en fournir les références.
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