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mardi 22 janvier 2019

Ascèse et passion : Giacometti par Anca Visdei



Anca Visdei s’est consacrée ces toutes dernières années à réaliser une biographie d’Alberto Giacometti. Comme elle le rappelle dans son avant-propos, elle en avait déjà rédigé une autre sur Jean Anouilh, ainsi que sur Orson Welles – et on ne compte pas ses romans (dont L’exil d’Alexandra) ou ses pièces de théâtres, toujours jouées (dans son Dictionnaire amoureux du théâtre, le bien connu Christophe Barbier est tout éloges pour La Patiente).



Éditée chez Odile Jacob, sa parution en librairie est au mercredi 23 janvier.

En prélude, voici deux commentaires qu’on peut lire en complément de l’article « Faire-part », que sur l'auteur avait mis sur son blog, le 15 janvier. Ils sont, de toute évidence, de la plume de personnes ayant participé à la relecture avant édition.

Un livre passionnant sur un artiste exceptionnel. Anca Visdei a le don, comme dans ses précédentes biographies sur Jean Anouilh et Orson Welles, de nous le rendre vivant, accessible en tant qu'homme comme en tant artiste.

Son écriture fluide, son empathie, sa compréhension profonde tant humaine que technique nous le livrent dans sa recherche de perfection, ses obsessions, ses exigences et ses faiblesses, la conscience du caractère exceptionnel de son grand œuvre et en même temps sa simplicité, son humilité. Nous sommes loin des biographies pompeuses où le document fait office de justification d'un travail plus ou moins universitaire barbant.

Dans ce livre on suit l'enquête d’Anca Visdei, la documentation, les interviews de témoins du passé sont au service de la vie et de la mort de l'artiste, son génie dans sa profonde humanité.

Remarquable. A lire absolument !

17 janvier 2019.


Le commentaire ci-dessus va au cœur de ce que représente la nouvelle biographie que signe Anca Visdei.

J’ai eu le privilège de participer à la relecture qui a précédé la parution et confirme que les personnes qui y ont été associées l’ont ainsi ressenti, souvent avec émotion, tant il éclaire la compréhension de la démarche et de l’œuvre d’Alberto Giacometti : le “ascèse et passion” du titre vise juste.

En ce sens, ce livre se démarque et comble un vide par rapport à ceux qui ne nous font accéder qu’à une œuvre apparemment “achevée” que l’artiste aurait laissée après lui.

18 janvier 2019

Voir aussi : https://www.facebook.com/anca.visdei - au 14 janvier, avec les appréciations, commentaires et partages.

Je vais avoir ce livre entre les mains et me prépare à vous donner mes impressions dans de prochains articles.

jeudi 6 décembre 2018

Livres, aiguillages et ripaille



Cela fait un mois,  9 novembre, une mésaventure due à une erreur d'aiguillage a obligé un train à revenir en gare de Lyon, à Paris. 
Et pas n'importe lequel, car ce train était celui qui conduit chaque année le cortège d'auteurs et de journalistes à la Foire du livre de Brive-la-Gaillarde.

Pourtant, ce convoi spécial était bien parti à 9h31 -l'heure annoncée- de la gare de Lyon.
Mais un peu moins d'une heure après le départ, le contrôleur a annoncé aux passagers du train:
Ne riez pas, il y a eu une erreur d'aiguillage...
Le train s'est alors arrêté et a été contraint de revenir en gare de Lyon le temps de corriger l'aiguillage.


Finalement, le train des auteurs est arrivé en gare de Brive-la-Gaillarde avec plus d'une heure de retard sur l'horaire prévu.
Cette mésaventure pourrait coûter cher à la SNCF. La loi dispose qu'au delà de 60 minutes de retard prévisible, les voyageurs peuvent demander un dédommagement.
La Ville de Brive-la-Gaillarde, organisatrice de la Foire du livre depuis 1973, va voir son organisation bousculée par ce retard et pourrait par conséquent demander un remboursement.

C'est une première dans l'histoire de la foire a déclaré François David, commissaire de la Foire.
Présent dans le train, il est venu saluer les participants et les rassurer à travers les allées.
Mais ce retard n'a en réalité fait que prolonger un voyage devenu traditionnel grâce à ses coutumes épicuriennes uniques depuis 1985.
Pendant tout le trajet, des repas régionaux sont distribués aux participants et les liqueurs coulent à flots... dès 9 heures du matin.
Ce qui lui a valu le surnom de train du cholestérol (appellation que l’on attribue à Bernard Pivot)


mercredi 24 octobre 2018

Traduire


Entretien avec André Markowicz (né en 1960 à Prague) avec Cécile Bouanchaud, paru en mars 2018 dans Le Monde (à l’occasion du Salon du Livre où la Russie était à l’honneur).

Le traducteur André Markowicz, qui a re-traduit tout Fiodor Dostoïevski (1821-1881), est un passeur de la littérature russe en France ; il revient sur son travail et l’impossibilité de traduire une œuvre « dans l’absolu », emmenant ainsi le lecteur « entre deux mondes ».
Le premier principe, c’est qu’il n’y a pas de principe. Si je devais en trouver, je dirai que c’est rendre sensible à autrui la lecture que je fais d’un texte. C’est une lecture appliquée, la traduction doit rendre compte de la structure du texte et doit prendre en compte tous les éléments de cette construction, c’est particulièrement vrai pour le style. Traduire, c’est rendre compte de la matérialité de la langue. 
Les textes que je traduis n’ont pas été pensés en langue française, donc ils ne doivent pas répondre à des règles d’une langue littéraire française préétablies. La traduction est un exercice d’accueil et d’enrichissement des possibilités de la langue française. On ne peut pas juger un texte traduit en fonction de lois qui ne sont pas les siennes.
C’est pour cela que j’ai traduit les œuvres complètes de Dostoïevski, pour que le lecteur puisse s’habituer, qu’il comprenne que ce n’est pas la langue de San Antonio, par exemple, et qu’il n’y a pas à comparer. C’est pour cela que je traduis par cycle, par grands ensembles, aucun livre séparé ne peut exister.
Qu’est-ce qui vous anime dans le travail de traduction ?
Ce qui me plaît, c’est le travail sur la langue. Ou plutôt, le travail sur les langues, celle au départ et celle à l’arrivée. La traduction, c’est toujours un entre-deux, on est ni là ni ailleurs. Il ne faut jamais penser que le livre en français d’un auteur russe équivaut au livre russe. Aucune traduction n’existe d’une façon absolue, c’est à chaque fois des interprétations, des tentatives, non pas pour passer d’un monde à l’autre, mais pour faire comprendre au lecteur que l’on est entre deux mondes.
Je décris cela dans mon nouveau livre, L’Appartement*, dans lequel j’explique comment un traducteur vit entre deux mondes, entre deux temps, en l’occurrence entre la Russie et la France. La traduction est un lieu physique, qui redevient un lieu mental, puis un nouveau lieu physique.
* A Saint-Pétersbourg, André Markowicz a hérité de l'appartement dans lequel vivait sa grand-mère depuis 1918. Cet appartement, devenu propriété de la famille au moment de l'effondrement du système communiste, est le prétexte d'un récit mêlant souvenirs familiaux, réflexions sur le régime communiste, la littérature, les intellectuels russes, dessinant une forme d'autobiographie sensible du poète et traducteur.
Est-ce que cela n’est justement pas frustrant de ne jamais pouvoir traduire un texte dans son « absolu » ?
Il ne faut pas prendre cette situation de déplacement comme quelque chose de tragique, mais comme quelque chose de l’ordre de la nature : c’est comme ça. Comme quand il pleut, ce n’est ni bien ni mal, c’est comme ça. Il y a toujours de la frustration et du renoncement. Mais que voulez-vous, plus le temps passe, plus je m’aperçois qu’il y a des personnes plus jeunes que moi, c’est frustrant, mais qu’est-ce que je peux y faire ? Je me plains beaucoup ou je pleure.
 Qu’est-ce qui est constitutif de la culture russe et qui vous pose des difficultés en tant que traducteur ?
J’ai commencé à traduire Dostoïevski avec L’Adolescent. Ce personnage a une idée : il veut être Rothschild, non pas pour être l’homme le plus riche du monde, mais pour être l’homme le plus libre. Car Rothschild est le seul à pouvoir faire ce qu’il veut ou à ne pas le faire. La liberté russe, ce n’est pas la liberté de l’action, c’est un accord libre et sans contrainte avec un ordre préexistant. Un Occidental américanisé a du mal à comprendre cette idée. Par ailleurs, dans la culture russe, la prise en compte de l’individu n’existe pas, elle est toujours secondaire.
Un autre exemple que l’on retrouve dans la culture russe : dans la vie de tous les jours, il y a une exacerbation des sentiments et des choses, une sorte de violence extrême et en même temps une sorte de grande chaleur humaine. Une confrontation tragique entre la conscience de l’histoire et la conscience de la valeur d’une vie humaine, dans laquelle Fiodor Dostoïevski n’entre pas, à l’inverse de Léon Tolstoï, Mikhaïl Boulgakov ou Vassili Grossman.
Dans La Fille du capitaine, d’Alexandre Pouchkine, quand Pougatchev prend une forteresse et va pendre les officiers de celle-ci, les hommes chargés de les traîner à la potence, leur disent « ça va aller ». Tout cela est dit avec compassion, gentiment, mais ils les pendent. Cet état d’esprit est une caractéristique russe. Évidemment, la Russie ne se résume pas à cela. D’ailleurs, je ne sais pas ce que c’est la Russie, je n’ai absolument pas envie de le savoir, il n’y a pas d’essence sur le sujet de la culture.
Y a-t-il des mots russes qui sont particulièrement difficiles à traduire ?
Les difficultés fondamentales de traduction sont dans Dostoïevski. Dans Crime et Châtiment, un personnage mineur, qui n’apparaît que deux fois sans être nommé, aperçoit Raskolnikov, et lui dit un seul mot : « assassin ». Mais ce n’est pas exactement cela, il s’agit d’un mot russe, imprégné de langue populaire et de légende biblique, et qui ne signifie pas exactement qu’il est un assassin, mais qu’il a enfreint le commandement de Dieu en tuant. Si je traduis « assassin », je traduis l’intrigue du roman, mais pas l’idée, pas le sens. C’est pour cela que j’ai délibérément mal traduit, en disant : « tu as tué ». C’est cela qui compte. Ces difficultés-là, c’est constant, il y en a des centaines auxquelles les traducteurs se confrontent.

En complément, des extraits d’un entretien datant de 2012, paru dans "Place publique" (Rennes)

Je suis né à Prague (1960) mais par accident. Mon père était un militant communiste français, fils d’un juif arrivé en France au début des années trente après avoir été expulsé de Pologne. Journaliste dans la presse communiste française, en particulier étudiante, mon père avait, lors d’un séjour en Union soviétique, rencontré une jeune fille russe qui parlait français et qui allait devenir ma mère. Elle était née en Sibérie où ses parents étaient déportés. Elle était médecin. 
Après, mon père a travaillé à Moscou et j’y ai donc vécu jusqu’à l’âge de quatre ans. Là-bas, j’ai été éduqué en russe par ma grand-mère et par ma grand-tante… Imaginez, toutes deux avaient vécu le tsarisme, la guerre de 14, le stalinisme, le blocus de Leningrad, les campagnes antisémites... Ma grand-mère considérait que les petits enfants pouvaient tout comprendre, qu’on pouvait leur parler comme à des adultes. Ainsi me disait-elle les poèmes de Pouchkine, notamment Eugène Onéguine. J’ai appris à parler en parlant Pouchkine.
Ensuite, quand on est venus en France, ma mère a fait des études de lettres, a passé son agrégation de russe et est devenue prof d’université. Pour elle, c’était impossible de me parler dans une autre langue que le russe. Même si elle parle français comme vous et moi, elle ne peut pas parler autrement qu’en russe quand elle s’adresse à un petit enfant… ou à un animal. Si le russe est ma langue maternelle, pour le reste, j’ai été éduqué comme un petit Français normal de la banlieue parisienne des années soixante. En trois mois, j’ai changé de langue. Ma langue, c’est le français de l’école publique. J’ai adopté ma langue paternelle.
Ma mère connaissait un professeur de Leningrad, qui s’appelait Efim Etkind. Élève des grands formalistes russes, il avait été expulsé d’Union soviétique. En Russie, il était aussi l’un des grands spécialistes de la traduction. Quand j’avais 16 ans, il m’a demandé si je ne voulais pas traduire Pouchkine. 
J’ai eu une autre grande chance, celle d’avoir rencontré Hubert Nyssen, l’éditeur d’Actes Sud. Je lui ai proposé de traduire l’intégrale de Dostoïevski. Il a accepté, ce que plus aucun éditeur ne pourrait faire aujourd’hui. Il s’est engagé pour une durée de dix ans par simple contrat verbal. Mais pas que cela.
Au même moment, j’ai rencontré quelqu’un d’aussi fondamental pour moi : Antoine Vitez, le metteur en scène, qui était alors administrateur de la Comédie française et qui m’a introduit dans le monde du théâtre. 
Je travaille surtout «à l’oreille». Il me faut aussi rendre hommage à ma mère qui relisait toutes mes traductions en comparant avec le texte russe. D’un autre côté, Françoise (son épouse) a tout relu en français. Double lecture fondamentale. S’y ajoute la relecture d’Hubert Nyssen et de Sabine Wiespieser qui, à l’époque, ont réalisé un vrai travail éditorial.


mercredi 8 novembre 2017

Prix littéraires 2017




CI-APRÈS UNE MINI-REVUE DE PRESSE FRANÇAISE ET INTERNATIONALE À CHAUD, DANS LES 36 HEURES QUI ONT SUIVI LA PROCLAMATION DU PRIX GONCOURT 2017, LE LUNDI 6 NOVEMBRE. NE PAS S’ATTENDRE À BEAUCOUP D’ORIGINALITÉ DANS UN SI BREF DÉLAI.

DEUX REMARQUES NÉANMOINS :

. LE HUFFPOST, EL PAIS et COTIDIANUL SONT PLUS DISERTS QUE D’AUTRES.
. QUASI ABSENCE - DU MOINS DANS CES TOUT PREMIERS JOURS QUI SUIVENT - DE TITRES DANS LES PAYS DE LANGUE ANGLAISE. - UK & USA
(LE NY TIMES A FAIT UN EFFORT CEPENDANT… MAIS, ON LE COMPREND,  IL A MIS AU POINT UNE TECHNIQUE EFFICACE QUI DÉCOURAGE DE REPRODUIRE SES ARTICLES).

PAR AILLEURS : J’AI ESSAYÉ DE TRADUIRE LES ARTICLES DE LANGUE ÉTRANGÈRE AVEC LES MOYENS DU BORD - À PLUSIEURS REPRISES SANS GRANDE GARANTIE. SE REORTER AU TEXTE D’ORIGINE.


LA MONTAGNE - 6 novembre 2017 :


Le prix GONCOURT a été décerné, ce lundi, à Éric VUILLARD
pour "L'ordre du jour".

Il succède à Leïla SLIMANI, prix GONCOURT 2016, avec "Chanson Douce". *
Éric VUILLARD  sera présent à la Foire du Livre de Brive qui a lieu ce week-end.
* D'une promotion à l'autre.
Un an après avoir remporté le prix GONCOURT pour son roman "Chanson douce", l'écrivaine Leïla SLIMANI a été nommée ce lundi 6 novembre représentante personnelle du président Emmanuel MACRON pour la francophonie.

Cette année, Éric VUILLARD a également reçu le prix Alexandre VIALATTE 2017 pour "14 juillet" (Actes Sud) et pour l'ensemble de son oeuvre. Éric VUILLARD avait reçu le prix VALERY-LARBAUD 2013 pour "La bataille d'Occident" et "Congo", toujours chez Actes Sud.

"L'ordre du jour" (Actes Sud) est un récit saisissant sur l'arrivée au pouvoir d'HITLER, l'Anschluss et le soutien sans faille des industriels allemands à la machine de guerre nazie.

"On est toujours surpris, fatalement. Ça me fait extrêmement plaisir", a réagi Éric VUILLARD, qui succède à Leïla SLIMANI au palmarès.

Des quatre finalistes du GONCOURT, l'auteur de 49 ans était le seul auteur dont le livre n'est pas sorti lors de la rentrée d'automne mais au printemps. "L'ordre du jour" s'est imposé au 3e tour de scrutin, par 6 voix contre 4 à "Bakhita" de Véronique OLMI. Les deux autres auteurs en lice étaient Alice ZENITER pour "L'art de perdre" et Yannick HAENEL pour "Tiens ta couronne".

Éric VUILLARD a une façon unique de se glisser dans les coulisses de l'Histoire pour donner à ses lecteurs une autre grille de lecture d'événements a priori archi-connus.

Après la chute de l'empire Inca ("Conquistadors", 2009), la conquête coloniale ("Congo", 2012) et la Révolution française ("14 juillet", 2016), "L'ordre du jour" est l'occasion de revisiter l'arrivée au pouvoir des nazis.

Orfèvre en écriture, l'auteur a choisi de raconter l'Histoire en insistant sur les détails. Une hérésie ? Sûrement pas ! "La vérité est dispersée dans toute sorte de poussière", écrit-il. En seulement 160 pages, l'écrivain au regard scrupuleux - rien n'est inventé, tout est vrai - embrasse de façon magistrale cette tragédie européenne du XXe siècle. Il prouve que l'histoire est toujours une autre manière de regarder le présent.



HUFFINGTON POST - Marine CHASSAGNON- 6 novembre 2017 :

Prix GONCOURT 2017, Prix RENAUDOT 2017:

Les nazis, sujet préféré des prix littéraires?



Cette année, le Prix GONCOURT et le Prix RENAUDOT ont tous deux été remis à deux ouvrages traitant de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement du nazisme.

Les deux prix littéraires français les plus convoités ont été décernés ce lundi 6 novembre. Éric VUILLARD a été récompensé par le prix GONCOURT pour son roman "L'ordre du jour", Olivier GUEZ par le prix RENAUDOT pour son livre "La disparition de Josef Mengele".

Ces deux livres, le premier publié en mai, le second en août, s'intéressent à un même thème: la Seconde Guerre mondiale. Si le récit-roman grinçant d'Éric VUILLARD retrace les coulisses de la légende de l'Allemagne nazie, celui d'Olivier GUEZ raconte l'histoire vraie de la fuite en Amérique du Sud de Josef MENGELE un médecin tortionnaire nazi.

La seconde guerre, et plus particulièrement le nazisme, sont-ils le sujet de prédilection des prix littéraires? Pour répondre à cette question, nous avons d'abord choisi de nous concentrer sur les romans primés depuis 20 ans par les quatre prix littéraires les plus vendeurs de l'Hexagone: le GONCOURT, le RENAUDOT, le GONCOURT des LYCÉENS et le Prix FÉMINA. Parmi ceux-là, lesquels avaient pour sujet la guerre 39-45 puis la guerre tout court? Découvrez ci-dessous l'infographie regroupant nos résultats.

En observant les graphiques, on observe que le prix qui a récompensé le plus de livres traitant de la guerre 39-45 est le GONCOURT des LYCÉENS avec 4 romans sur 20. Un résultat qui s'explique sans doute par le jury de ce prix très apprécié des lecteurs. En effet, chaque année depuis 1988, environ 2000 lycéens votent pour leur livre préféré. La Seconde Guerre mondiale est au programme de ces élèves, de la seconde au BTS.

Si l'on regarde les chiffres des livres traitant de la guerre, en général, récompensés par ces quatre prix littéraires confondus lors des vingts dernières années, on observe que 17 ouvrages ont été primés sur les 80 ayant reçu un prix, soit près d'un quart.

C'est presque autant qu'un autre grand sujet de la littérature : les histoires d'amour. En vingt ans, le GONCOURT a remis 4 prix à des romances, le RENAUDOT 2, le GONCOURT des LYCÉENS 4 et le Prix FÉMINA 4.



EL PAIS ONLINE - Álex VICENTE - 6 NOV 2017 :

El GONCOURT premia una novela sobre el ascenso de HITLER

Éric VUILLARD, de 49 años, se lleva el máximo galardón de las letras francesas con
L'ordre du jour’, sobre los primeros días de los nazis en el poder
Le GONCOURT couronne un roman sur la montée de HITLER
Éric VUILLARD, 49 ans, obtient la plus haute distinction pour les lettres françaises avec
 'L'ordre du jour', sur les premiers jours des nazis au pouvoir


El escritor Éric VUILLARD se ha alzado este lunes con el premio GONCOURT, el más importante de las letras francesas, por L'ordre du jour (El orden del día), donde relata el ascenso de HITLER y los primeros días de los nazis en el poder. No figuraba como favorito en las quinielas, pero el jurado presidido por el crítico literario Bernard PIVOT lo escogió por encima de los otros tres finalistas: Yannick HAENEL (Tiens ferme ta couronne), Véronique OLMI (Bakhita) y Alice ZENITER (L’art de perdre). Nacido en Lyon hace 49 años, VUILLARD se consagra con su octava novela, un relato histórico que Tusquets publicará en castellano durante la primavera de 2018.

El relato arranca en 1933. HITLER, que acaba de convertirse en canciller alemán, convoca a 24 dirigentes de empresas como Opel o Siemens, para pedirles que financien la campaña del nacionalsocialismo de cara a las legislativas. Todos ellos obedecen, pensando en espantar a los comunistas y beneficiarse de una nueva era de prosperidad económica. VUILLARD acompaña la descripción histórica de los hechos con un comentario crítico de los mismos, que nadie intentó detener por inexplicable que parezca hoy. También subraya los peligrosos mecanismos del olvido. Esas mismas empresas, escribe el autor, siguen fabricando “nuestros coches, nuestras lavadoras y nuestros productos de limpieza”. Más tarde, el libro va avanzando hacia 1938 y la llamada Anschluss, la anexión de Austria por parte de la Alemania nazi, a las puertas del inicio de la Segunda Guerra Mundial.



Mezclando la historia en mayúsculas con anécdotas de aspecto banal protagonizadas por anónimos, VUILLARD reconstruye los primeros días del Tercer Reich en un relato breve pero intenso –solo 160 páginas, en las que no parece sobrar nada–, para el que se documentó a partir de imágenes de archivo y películas de propaganda, escritos que dejaron los nazis y transcripciones de los juicios de Núremberg. “La historia siempre es otra manera de observar el presente. Por supuesto, el mundo de hoy es radicalmente distinto del de los años 30. Y, sin embargo, las coordenadas se parecen. Somos testigos de un ascenso de la autoridad y del racismo, y también de la fuerte influencia de las finanzas y de un empeoramiento de las desigualdades”, ha explicado VUILLARD a Le Figaro. “Con este libro, he querido seguir el desarrollo de los términos medios, las palabras razonables, las negociaciones entre personas responsables que permitieron que se instalará el fascismo”.


Admirador de TOLSTOÏ, ZOLA y SARTRE, el escritor francés suele reinterpretar en sus relatos este tipo de capítulos históricos, intentando descubrir en ellos aristas desconocidas. Por ejemplo, en Conquistadors se refería a la colonización en Perú y en Congo hacía lo propio con la que tuvo lugar en el continente africano. En La Bataille d’Occident se centró en la Primera Guerra Mundial y, en el reciente 14 juillet, hizo lo mismo respecto a la Revolución Francesa. Su mayor éxito hasta la fecha en Francia sigue siendo Tristeza de la tierra (Errata Naturae), única obra suya traducida al castellano, donde re-examinaba la figura de Buffalo BILL usándolo como símbolo de la incipiente sociedad del espectáculo.



VUILLARD también ha firmado dos películas como cineasta: L’homme qui marche y Mateo Falcone, inspirada en un cuento de MÉRIMÉE.

Fue un fichaje de la actual ministra francesa de Cultura, Françoise NYSSEN, que hasta mayo dirigía la prestigiosa editorial Actes Sud. L’ordre du jour fue lanzado con una primera edición de 25.000 ejemplares, que debería multiplicarse por diez o hasta por veinte gracias al GONCOURT.


Mientras tanto, el premio RENAUDOT, que suele ser entregado solo unos segundos después, fue para otra obra de temática hitleriana: La disparition de Josef Mengele, de Olivier GUEZ, que reconstituye la vida del médico del campo de concentración de Auschwitz.


L'écrivain Éric VUILLARD a été honoré ce lundi par le Prix Goncourt, le plus important  des lettres françaises, pour L'ordre du jour qui retrace l'ascension d'HITLER et les premiers jours des nazis au pouvoir. Il n’était pas le favori dans les pronostics, mais le jury présidé par le critique littéraire Bernard PIVOT l’a choisi devant trois autres finalistes: Yannick HAENEL (Tiens ferme ta couronne), Véronique OLMI (Bakhita) et Alice ZENITER (L'art de perdre). Né à Lyon il y a 49 ans, VUILLARD est consacré pour son huitième roman, une histoire que Tusquets publiera en espagnol au printemps 2018.
L'histoire commence en 1933. HITLER, qui vient d’être désigné chancelier en Allemagne, convoque 24 dirigeants d'entreprises comme Opel ou Siemens, pour leur demander de financer la campagne national-socialiste, avant les législatives. Tous obéissent, en pensant que cela va effrayer les communistes et qu’ils vont bénéficier d'une nouvelle ère de prospérité économique. VUILLARD accompagne la description historique des faits d'un commentaire critique - que personne n'ait tenté de l'arrêter, aussi inexplicable que cela puisse paraître aujourd'hui. Il met également en évidence les mécanismes dangereux de l'oubli. Ces mêmes entreprises, écrit l'auteur, continuent à fabriquer "nos voitures, nos machines à laver et nos produits de nettoyage". Plus loin, le livre nous emmène vers 1938 et ce que l’on appelle l’Anschluss, l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie, jusqu’aux débuts de la Seconde Guerre mondiale.
Entremêlant l’histoire, avec un grand H, at des anecdotes banales qui mettent en scène des gens anonymes, VUILLARD reconstitue les premiers jours du Troisième Reich en un texte bref mais intense - seulement 160 pages, où rien ne semble laissé de côté - pour lequel il s’est documenté à partir d’images d'archives et de films de propagande, d’écrits laissés par les nazis et de transcriptions des procès de Nuremberg. "L'histoire est toujours une autre façon de regarder le présent. Bien sûr, le monde d'aujourd'hui est radicalement différent de celui des années 30. Pourtant, les coordonnées sont similaires. On assiste à une montée de l'autorité et le racisme, et la forte influence de la finance et de l'aggravation des inégalités”, a expliqué VUILLARD au Figaro. "Avec ce livre, j'ai voulu suivre un développement qui s’exprime en termes mesurés, avec des mots raisonnables, au cours de négociations entre personnes responsables qui ont permis au fascisme de s’installer."
Admirateur de TOLSTOÏ, ZOLA et SARTRE, l'écrivain français réinterprète souvent ce genre de chapitres historiques dans ce qu’il rapporte, en essayant d’y découvrir des abords inconnus. Par exemple, dans Conquistadors, il a fait référence à la colonisation au Pérou et dans Congo, c'était la même chose qui a eu lieu sur le continent africain. Dans La Bataille d'Occident, il s'est concentré sur la Première Guerre mondiale et, au cours de son récent 14 juillet, il a procédé de même en ce qui concerne la Révolution française. Son plus grand succès à ce jour en France reste Tristesse de la terre, son seul ouvrage traduit en espagnol (Tristeza de la tierra chez Errata naturae), où il réexamine la figure de Buffalo BILL, dont il fait un symbole de la société émergente du spectacle.


VUILLARD a également signé deux films en tant que cinéaste: L'homme qui marche et Mateo Falcone, ce dernier inspiré d'une histoire de MÉRIMÉE.


C’est l'actuelle ministre français de la Culture, Françoise NYSSEN qui, jusqu'en mai, était à la tête de la prestigieuse maison d'édition Actes Sud qui avait signé le contrat : à sa  première édition, L'ordre du jour a été lancé avec 25.000 exemplaires - chiffre qui devrait être multiplié par dix ou même vingt, grâce au GONCOURT
Pendant ce temps, le Prix RENAUDOT, qui est habituellement dévoilé quelques secondes plus tard, est allé à une autre oeuvre sur la thématique hitlérienne : La disparition de Josef Mengele, d’Olivier GUEZ qui reconstitue la vie du médecin du camp de concentration d'Auschwitz.

COTIDIANUL - Magdalena POPA BULUC  7 noiembrie 2017


Éric VUILLARD, încoronat cu Premiul GONCOURT

Cel mai prestigios trofeu din literatura francofonă, Premiul GONCOURT, a fost decernat ieri scriitorului V pentru romanul „L'ordre du jour„, a anunțat juriul prezidat de Bernard PIVOT.
Tot ieri a fost atribuit și premiul RENAUDOT, care a revenit în acest an scriitorului Olivier GUEZ pentru volumul „La disparition de Josef  Mengele„, a anunțat Frédéric BEIGBEDER.
Éric VUILLARD, couronné du prix GONCOURT
Le plus prestigieux trophée francophone, le Prix GONCOURT, a été décerné hier à l'écrivain V pour le roman L'ordre du jour, a annoncé le jury présidé par Bernard PIVOT.
Hier également a été décerné le prix RENAUDOT, qui revient cette année à l'écrivain Olivier GUEZ pour le volume "La disparition de Josef Mengele", a annoncé Frédéric BEIGBEDER.

Romanul „L'ordre du jour„, publicat de editura Actes Sud, prezintă o relatare tulburătoare despre venirea la putere a lui HITLER, despre Anschluss, anexarea Austriei, și despre sprijinul oferit de industriașii germani mașinăriei de război naziste.

În 2016, premiul GONCOURT a revenit scriitoarei Leila SLIMANI, tradusă și în limba română, la Editura Humanitas.


Dintre cei patru finaliști ai premiului GONCOURT, Éric VUILLARD, în vârstă de 49 de ani, a fost singurul autor a cărui carte din acest an nu a fost publicată în sezonul de toamnă, ci în timpul primăverii.

Romanul „L'ordre du jour” s-a impus în al treilea tur de scrutin cu 6 voturi „pentru”. Véronique OLMI, autoarea romanului „Bakhita”, a primit patru voturi. Ceilalți doi finaliști au fost Alice ZENITER, cu romanul „L’art de perdre”, și Yannick HAENEL, cu volumul „Tiens ta couronne”.


Potrivit criticilor literari, Éric VUILLARD deține un talent unic de a se strecura în culisele Istoriei, pentru a oferi cititorilor o altă scală în privința lecturării unor evenimente care sunt, a priori, arhicunoscute.


Veritabil maestru al scrisului, Éric VUILLARD a ales să povestească Istoria insistând asupra detaliilor. Este însă acest volum o erezie? „Cu siguranță că nu!”, spune el. „Adevărul este dispersat în orice fel de praf”, a adăugat câștigătorul premiului GONCOURT pe 2017. În doar 160 de pagini, autorul, cu un stil scrupulos — nimic nu este inventat, totul e adevărat — descrie într-o manieră magistrală această tragedie europeană a secolului al XX-lea. El dovedește că istoria este întotdeauna o altă manieră de a privi prezentul.

În Le Figaro Litteraire, romancierul a explicat că, în cărțile sale, a încercat să demistifice faptele istorice, să restabilească istoria prin literatură.

Întrebat fiind dacă a evocat o reuniune secretă a industriașilor germani cu HITLER, și dacă acest episod a fost real, el a răspuns: „M-am servit de fotografii, de Memoriile pe care le-am citit din arhivele Procesului de la Nuremberg. Am găsit, de asemenea, o scrisoare a lui Walter Benjamin, în care acesta descrie cum companiile austriece de gaz au refuzat să-și servească clienții evrei pentru că nu-și plăteau factura. Or, refuzul lor era motivat de faptul că evreii se sinucideau cu acest gaz și lăsau facturile neplătite.


Două momente au fost semnificative: primul ar fi reuniunea din 20 februarie 1933, când optzeci dintre cei mai puternici patroni germani (Krupp, Opel, Siemens…) au fost solicitați de Hermann GORING și de Adolf HITLER devenit de curând cancelar, să finanțeze Campania partidului nazist pentru alegerile legislative.




Cel de-al doilea moment a fost cel care a consacrat anexarea Austriei de către germani, la 12 martie 1938. După cum notează VUILLARD, în 12 februarie, la Viena, „a fost carnaval“, o întâlnire sinistră a istoriei.


Cartea mea este o altă manieră de a privi prezentul. Bineînțeles că lumea de astăzi este diferită de aceea a anilor 1930. Noi asistăm la o revenire a rasismului, dar și a puterii lumii financiare, la o agravare a inegalităților. Cu acest volum, am vrut să urmăresc dezvoltarea compromisului, a negocierilor între persoane responsabile care au permis instalarea fascismului. Vă dau un exemplu: am povestit întrevederea între cancelarul Austriei, SCHUSCHNIGG, cu HITLER reinventând dialogul din Memoriile sale. Într-o epocă tulbure cum este cea pe care o trăim, în care viitorul este incert, o mai mare claritate îmi pare necesară.


Le roman «L'ordre du jour» publié par Actes Sud publie un récit troublant sur l'arrivée au pouvoir d’HITLER, depuis l’Anschluss - l'annexion de l'Autriche - et le soutien des industriels allemands à la machine de guerre nazie.

En 2016, le prix GONCOURT avait été remis à l'écrivain Leila SLIMANI, déjà traduite en roumain, à la maison d'édition Humanitas.
Parmi les quatre finalistes du prix GONCOURT, Éric VUILLARD, 49 ans, était le seul auteur dont le livre de cette année n'a pas été publié à l'automne mais au printemps.
Le roman "L'ordre du jour" s’est imposé au troisième tour avec 6 votes "pour". Véronique OLMI, l'auteur du roman "Bakhit", a reçu quatre voix. Les deux autres finalistes étaient Alice ZENITER, avec le roman "L’art de perdre" et Yannick HAENEL, avec le volume "Tiens ta couronne".
Selon les critiques littéraires, Éric VUILLARD est titulaire d'un talent unique pour se faufiler dans les coulisses de l'histoire, pour donner aux lecteurs une autre échelle de lecture pour des événements qui sont, a priori, bien connus.
Véritable maître de l'écriture, Éric VUILLARD a choisi de raconter l'histoire en insistant sur les détails. Ce volume est-il une hérésie ? "Certainement pas", dit-il. “La vérité est toute poussière dispersée”, a ajouté le vainqueur du Prix GONCOURT de 2017. En seulement 160 pages, l'auteur, dans un style scrupuleux - car rien est inventé et tout cela est vrai - décrit d'une manière magistrale cette tragédie européenne du XXe siècle. Il prouve que l'histoire est toujours une autre façon de regarder le présent.
Dans Le Figaro Littéraire, le romancier explique que, dans ses livres, il tente de démystifier les faits historiques, de restaurer l'histoire à travers la littérature.
Prié de dire si l’épisode évoqué de la réunion secrète des industriels allemands avec HITLER était réel, il a répondu: “Je me suis servi de photos et  de souvenirs que je l'ai lu dans les minutes des procès de Nuremberg. J'ai également trouvé une lettre de Walter Benjamin décrivant comment les compagnies gazières autrichiennes refusaient de servir leurs clients juifs parce qu'ils ne payaient pas leur facture. Or leur refus était motivé par le fait que les Juifs se suicidaient avec ce gaz et laissaient des factures impayées.”
Deux moments ont été importants : en premier : une réunion tenue le 20 Février 1933, lorsque quatre-vingts des plus puissants patrons allemands (Krupp, Opel, Siemens ...) ont été sollicités par Hermann GÖRING et Adolf HITLER, récemment nommé chancelier, afin de financer la campagne du parti nazi pour les élections législatives.


Le deuxième moment a été celui qui a consacré l'annexion allemande de l'Autriche le 12 Mars 1938. Comme le note VUILLARD, le 12 Février à Vienne “c’était le carnaval”, un  sinistre rendez-vous de l’histoire.
"Mon livre est une autre façon de regarder le présent. Bien sûr, le monde d'aujourd'hui est différent de celui de Novembre 1930, nous assistons à un retour du racisme, mais aussi à celui du pouvoir du monde financier, à une aggravation des inégalités. Avec ce volume, j'ai voulu suivre l'évolution d’un compromis, les négociations entre des responsables qui ont permis l'installation du fascisme. Je vous donne un exemple : j'ai raconté la rencontre entre le chancelier autrichien SCHUSCHNIGG et HITLER, réinventant le dialogue dans ses mémoires. Dans une époque troublée comme celle que nous vivons, où l'avenir est incertain, une plus grande clarté me semble nécessaire."



ZEIT ONLINE - 6. november 2017 :

Literaturpreis:
Éric VUILLARD erhält Prix GONCOURT

Der wichtigste französische Literaturpreis geht an Éric VUILLARD. Er erhält die Auszeichnung für seinen Roman "L'ordre du jour", in dem er den Aufstieg HITLERS schildert.
Littérature :
Éric VUILLARD reçoit le Prix GONCOURT
Le prix littéraire français le plus important revient à Éric VUILLARD. Il reçoit ce prix pour son roman "L'ordre du jour", dans lequel il décrit la montée de HITLER.

Für seinen Roman L'ordre du jour (zu Deutsch: Tagesordnung) hat der Autor Éric VUILLARD den renommierten französischen Literaturpreis Prix GONCOURT erhalten.  In seinem Roman behandelt er die politischen und psychologischen Mechanismen, die Adolf HITLER 1933 zur Macht verhalfen, darunter unter anderem die Unterstützung deutscher Industrieller während eines Geheimtreffens im Februar vor der Machtübernahme. In einer ersten Reaktion habe sich VUILLARD über die Auszeichnung überrascht und auch erfreut gezeigt, meldet die Deutsche Presseagentur.



Éric VUILLARD wurde bereits mehrfach mit Preisen bedacht. Ins Deutsche übersetzt sind bisher seine Romane Traurigkeit der Erde, Eine Geschichte von Buffalo Bill Cody und Kongo. Der seit 1903 vergebene Prix GONCOURT ist lediglich mit symbolischen zehn Euro dotiert und soll vor allem die Verkaufszahlen ankurbeln.


Den ebenfalls renommierten Prix RENAUDOT erhielt Olivier GUEZ für seinen Roman La disparition de Josef Mengele ("Das Verschwinden des Josef Mengele") über das Abtauchen des berüchtigten SS-Mediziners in Südamerika. GUEZ überblendet, in nüchternen Worten, die historischen Ereignisse mit der Vorstellungswelt MENGELES.

Pour son roman L'ordre du jour, l'auteur Éric VUILLARD a reçu le prestigieux prix littéraire français : le Prix GONCOURT. Dans son roman, il discute des mécanismes politiques et psychologiques qui ont aidé Adolf HITLER à prendre le pouvoir en 1933, y compris grâce au soutien des industriels allemands lors d'une réunion secrète en février avant la prise du pouvoir. La première réaction de VUILLARD a été d’être surpris et, en même temps de s’en réjouir, rapporte la Deutsche Presseagentur.


Éric VUILLARD a déjà reçu plusieurs prix. Ont jusqu'à présent été traduits en allemand ses romans Tristesse de la terre,  une histoire de Buffalo Bill Cody (Traurigkeit der Erde) et Congo (Kongo). Décerné depuis 1903, le Prix GONCOURT, n'est doté que de dix euros symboliques et vise avant tout à dynamiser les ventes.

Olivier GUEZ a reçu un prix également prestigieux, le RENAUDOT, pour son roman La disparition de Josef Mengele ("Das Verschwinden des Josef Mengele") sur la fuite du médecin notoire SS en Amérique du Sud. Avec des mots sobres, GUEZ opère une superposition entre les événements historiques et l'imagination de MENGELE.



GAZETA WYBORCZA - Maciej GRZENKOWICZ - 06 listopada (novembre) 2017 :


Najważniejszy literacki laur Francji dla Érica VUILLARDA.


Nagroda GONCOURTÓW za książkę o karierze HITLERA
En France, récompense littéraire la plus importante à Éric VUILLARD


Le Prix ​​GONCOURT va à un livre sur le parcours d’HITLER


Tegoroczna nagroda Goncourtów, najbardziej prestiżowe wyróżnienie literackie w świecie frankofońskim, została przyznana Éricowi VUILLARDOWI za powieść "L'ordre du jour" ("Porządek dnia"), w której opisuje kulisy dojścia HITLERA do władzy.


Sekretarz generalny Akademii Goncourtów w poniedziałek ogłosił tegorocznego laureata nagrody. Éric VUILLARD o włos wygrał z faworyzowaną Véronique Olmi i jej książką "Bakhita" - stosunek głosów wyniósł sześć do czterech. Poza nimi nominowani byli jeszcze Yannick HAENEL i Alice ZENITER.


Dzień, w którym HITLER zwyciężył


"L'Ordre du jour" opisuje mechanizmy psychologiczne i społeczne, które przyczyniły się do objęcia władzy w międzywojennych Niemczech przez nazistów. Akcja rozgrywa się 20 lutego 1933 r., gdy HITLER, GOERING i 24 przedstawicieli przemysłu spotkało się, aby rozmawiać o finansowaniu partii nazistowskiej. To dzięki temu spotkaniu HITLER zdobył fundusze, które przeznaczył na kampanię wyborczą. Dzięki niej został przywódcą państwa.



Tegoroczny laureat Nagrody GONCOURTÓW ma 49 lat, pochodzi z Lyonu, zajmuje się też reżyserią. Literackie wyróżnienia przyniosły mu już wcześniejsze książki - "La Bataille d'Occident" ("Bitwa zachodu") i "Congo" ("Kongo"). Żadne z jego dzieł nie było dotąd tłumaczone na polski.


Zaraz po nazwisku laureata GONCOURTÓW ogłoszony został laureat tegorocznej Nagrody RENAUDOTA, drugiego najważniejszego wyróżnienia literackiego. Otrzymał ją Olivier GUEZ za "La Disparition de Josef Mengele" ("Zniknięcie Józefa Mengele").


Le Prix Goncourt de cette année, la distinction littéraire la plus prestigieuse dans le monde francophone, a été décerné à Éric VUILLARD pour son roman «L'Ordre du jour», qui décrit les coulisses de l'accession au pouvoir d’HITLER.


Le secrétaire général de l'Académie Goncourt a annoncé lundi quel est le lauréat pour cette année. Éric VUILLARD l’a emporté sur la favorite, Véronique OLMI et son livre "Bakhita" - le rapport des voix étant de six à quatre. Les autres nominés étaient Yannick HAENEL et Alice ZENITER.


Le jour où HITLER a gagné


"L'Ordre du jour" décrit les mécanismes psychologiques et sociaux qui ont contribué à la prise du pouvoir nazi dans l'Allemagne nazie. L'action se déroule le 20 février 1933, lorsque HITLER, GOERING et 24 représentants de l'industrie se rencontrent pour discuter du financement du parti nazi. C'est au cours de cette réunion qu'HITLER a gagné les fonds qu'il a dépensés pour la campagne électorale. Grâce à cela, il est devenu le chef de l'Etat.


Le lauréat du Prix GONCOURT de cette année a 49 ans ; il est originaire de Lyon et il est également réalisateur de films. Des livres antérieurs lui avaient déjà apporté des distinctions littéraires - "La Bataille d'Occident" et "Congo". Aucune de ses œuvres n'a été traduite en polonais.


Juste après celui du GONCOURT, le nom du lauréat du Prix RENAUDOT de cette année - la deuxième distinction littéraire la plus importante - a été annoncé. Olivier GUEZ l'a reçu pour "La Disparition de Josef Mengele".