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mardi 19 juin 2018

Fête de la Musique 2018 à Paris





Les Bachiques Bouzouks sont un petit groupe d'amoureux de la chanson qui se donnent rendez-vous depuis 1995 dans les rues et les kiosques de Paris :


Trois musiciens (une accordéoniste, un banjoïste, un contrebassiste) et huit chanteurs, prêtent des livrets de paroles à tous ceux qui passent par là et ont envie de pousser la chansonnette.




Le répertoire comprend essentiellement des chansons françaises et quelques chansons européennes dont tout le monde connaît au moins un peu l'air et que chacun peut apprendre en très peu de temps s'il a les paroles sous les yeux.


Deux ou trois heures de chansons non stop, prestation entièrement gratuite et ouverte à tous, même ceux qui ne sont pas tout à fait sûrs de chanter juste : les timides sont portés par le nombre et repartent tout heureux d'avoir découvert le bonheur de chanter ensemble.


En soirée et quand le site le permet, chacun est invité à apporter des provisions et boissons pour alimenter un buffet, pour encore plus de partage et de convivialité.


Tout a commencé à l’école maternelle Saint-Germain l’Auxerrois (1er arrondissement de Paris), en 1994. La directrice de l’école avait proposé aux parents jouant d’un instrument de musique de venir le montrer aux enfants à l’occasion de la Fête de la Musique. Elisabeth est donc venue avec son accordéon, qui a beaucoup plu aux enfants, et la directrice lui a proposé de revenir le samedi suivant pour animer le buffet de la fête de l’école.

Deux autres parents d’élèves se sont approchés : Thierry connaissait par coeur la plupart des chansons « musette » qu’elle jouait (La Valse brune, La Java bleue...) et Gilles, qui n’en connaissait que la musique, se contentait de les fredonner. Tous trois se sont dit qu’un grand nombre de parents sauraient certainement chanter ces chansons s’ils avaient les paroles sous les yeux. L’idée est alors née de photocopier les paroles d’une dizaine de chansons et de se retrouver à quelques-uns pour les répéter en prévision de la fête de l’année suivante.

A l’initiative de l’un des membres du groupe, l’habitude s’est prise d’apporter quelques bouteilles, un peu de saucisson, de pain et de fromage, pour donner plus de convivialité à ces rencontres. Le nom de Bachiques Bouzouks a plu et a été retenu (pour mémoire, c’est un jeu de mots à partir de l’insulte bien connue du capitaine Haddock, « bachi-bouzouk ! »).


L’idée a germé d’aller également chanter à l’extérieur de l’école, par exemple sur le pont des Arts ou dans des restaurants du quartier, à la fois pour le plaisir de chanter en public et dans le souci d’animer des fêtes ouvertes à tous. C’est de 1995 qu’on peut vraiment dater la naissance des Bachiques Bouzouks.

Compte tenu du nombre croissant de personnes intéressées, nous ne nous produisons pratiquement plus que dans la rue. Sauf exception, les Bachiques Bouzouks restent fidèles au quartier où ils ont vu le jour, à savoir le quartier des Halles dans le 1er arrondissement de Paris, avec un lieu d’élection particulier, le Jardin des Halles et ses environs.

Le répertoire comprend des chansons françaises traditionnelles, allant du 18ème siècle aux années soixante ; nous avons également ajouté un petit choix de chansons espagnole, italienne, allemande, anglaise, et même russe. Certains auront remarqué la présence de chansons « rouges » (L’Internationale, la Varsovienne...) ; à ceux à qui elles font un peu « grincer les dents », nous proposons de les chanter soit pour la beauté de la musique, soit en souvenir des femmes et des hommes du peuple dont elles ont exprimé les luttes et les espoirs. Ce répertoire, qui comprend maintenant les paroles d’environ cent-trente chansons, est prêté gracieusement aux passants, qui nous le rendent à la fin de la fête...


C
Ça, c'est Paris
C'est lui qu'mon coeur a choisi
C'est un mauvais garçon
C'est une fleur de Paris
C'est si bon
Caissière du Grand café (La)
Canuts (Les)
Carioca (La)
Chaland qui passe (Le)
Chanson des blés d'or (La)
Chansonnette (La)
Chant des Partisans (Le)
Chevaliers de la Table Ronde
Chez Laurette
Clair de Lune à Maubeuge (Le)
Coin de rue (Le)
Comédiens (Les)
Comm' de bien entendu
Comme un p'tit coquelicot
Complainte de la Butte (La)
Complainte de Mandrin (La)
Complainte des infidèles (La)
Copains d'abord (Les)
M
Ma liberté
Ma môme
Madelon (La)
Mademoiselle de Paris
Marche de Ménilmontant (La)
Marie vison (La)
Marine (La)
Marjolaine
Marseillaise (La)
Mattchiche (La)
Mauvaise réputation (La)
Méditerranée
Métèque (Le)
Mexico
Milord
Mon amant de St-Jean
Mon homme
Mon manège à moi
A
À Joinville le pont
À la Bastille
À la Saint Médard
À Paris
Accordéon (L')
Accordéoniste (L')
Ah ! le petit vin blanc
Ah ! que nos pères
Air de Paris (L')
Amants d'un jour (Les)
Amazing Grace
Amoureux des bancs publics (Les)
Aragon et Castille
Armstrong
Au Printemps
Auprès de ma blonde
Aux Champs-Elysées
Avoir un bon copain
P
Padam
Paris Canaille
Paris tu m'as pris dans tes bras
Parlez-moi d'amour
Passant par Paris
Petit bal du sam'di soir (Le)
Petit bal perdu (Le)
Petit bonheur (Le)
Petit cordonnier (Le)
Petits papiers (Les)
Piano du pauvre (Le)
Pigalle
Plus bath des javas (La)
Plus beau tango du monde (Le)
Poinçonneur des Lilas (Le)
Porque te vas
Pour un flirt
Pour une amourette
J
J'ai deux amours
J'ai la mémoire qui flanche
Jardin extraordinaire (Le)
J'attendrai
Java bleue (La)
Java [de Mistinguett] (La)
Javanaise (La)
Java qu'est-ce que tu fais là
Jazz et la java (Le)
Je chante
Je n'aurai pas le temps
Jeune fille du métro (La)
Jolie Môme
Julie la Rousse
B
Bal de la Marine
Ballade irlandaise (La)
Ballade nord irlandaise (La)
Bandiera rossa
Bambino
Barcarolle des contes d'Hoffmann
Bella ciao
Belle de Cadix (La)
Besame Mucho
Bicyclette (La)
Bohême (La)
Butte rouge (La)
T
T'as pas, t'as pas tout dit
Ta voix
Tchi-Tchi
Tel qu'il est
Temps des cerises (Le)
Temps des fleurs (Le)
Temps du muguet (Le)
Tendresse (La)
Tord-Boyau (Le)
Tourbillon
Tout ça n'vaut pas l'amour
Trois petites notes
S
Santiano
Salade de fruits
Si toi aussi tu m'abandonnes
Si tu veux... Marguerite
Siffler sur la colline
Soleil et la lune (Le)
Sous le ciel de Paris
Sous les toits de Paris
Sud (Le)
Sur l'pont des Arts
Sur les quais du vieux Paris
Syracuse
D
Dans la vie faut pas s'en faire
Dansons la rose (de Picardie)
Dédicace
Dernière séance (La)
Dès que le vent soufflera
Déserteur (Le)
Dirty old town
Domino
Douce France
E
Éducation sentimentale
Elle n'est pas morte (la Commune)
Emmenez-moi
Enfants du Pirée (Les)
Équipe à Jojo (L')
Étoile des neiges
G
Galérien (Le)
Gamin d'Paris (Un)
Gigi l'Amoroso
Gloire au Dix-septième
Goualante du pauvre Jean (La)
Grands boulevards (Les)
H
Havanaise de Carmen
Heure exquise (L')
Histoire d'un amour
Homme à la moto (L')
Hymne à la joie (Hymne Européen)
F
Fanchon
Filles du bord de mer (Les)
Fleur aux dents (La)
Foule (La)
Framboise !
I
Il en faut peu pour être heureux
Il est 5 heures, Paris s'éveille
Il n'y a plus d'après
Insurgé (L')
Internationale (L')
V
Valse brune (La)
Varsovienne (La)
Vesoul
Vie en rose (La)
Volare
R
Rio
Romance de Paris (La)
Rossignol de mes amours
Rue de notre amour (La)
L
Lili Marleen
Lily
Loup, la biche et le Chevalier (Le)
O
Orage (L')
Où est-il donc ?
Où sont tous mes amants ?
N
Nathalie
Non, je ne regrette rien
Q
Quand on s'promène
Que reste-t-il de nos amours ?
Y
Y'a d'la joie
Yellow submarine
U
Un jour tu verras
K … W … X … Z




jeudi 3 août 2017

Des benzodiazépines à la musique classique : désintox




Laurent SAGALOVITSCH - la cinquantaine - est un romancier.
Il tient un blog depuis 2011 (YOU WILL NEVER HATE ALONE). Une centaine de ses textes ont paru sur le site de SLATE.
J’en ai sélectionné trois qui décrivent (en vrai ? aménagé ?) les étapes d’une démarche qu’il dit avoir été la sienne.
Ils sont précédés par un article de LIBÉ, datant de 2012 et qui n’est pas de lui.
Il s’agit ici d’un condensé, à partir d’extraits que j’ai remembrés

Automne 2012 (extraits d’un article de Libération)

La Haute Autorité de Santé s’alarme un peu plus que d’habitude sur la trop forte consommation de somnifères en France chez les personnes âgées : un tiers de cette tranche d’âge en prennent systématiquement.

D’autant qu’une récente étude aggrave ce constat en établissant un risque élevé de démence chez les personnes prenant régulièrement des benzodiazépines (somnifères, anxiolytiques, etc.). estimation : entre 15 000 et 3o 000 malades supplémentaires par an en France. Le résultat principal est globalement le suivant : un consommateur régulier de benzodiazépines a un risque 50% plus élevé de présenter une démence de type Alzheimer dans les quinze ans qui suivent qu’une personne qui n’en consomme pas.

Il ne faut pas semer la panique en diabolisant les benzodiazépines qui demeurent des médicaments utiles et parfois indispensables. L’étude renvoie à des personnes consommant des benzodiazépines sur des périodes longues, souvent des années.

Les recommandations de bonnes pratiques médicales précisent que ce type de médicament ne devrait pas a priori être prescrit plus de deux à quatre semaines. Dans cette étude par ailleurs, on s’est intéressés à des gens qui avaient débuté leur traitement longtemps avant un diagnostic de démence ; il devient ainsi peu probable que les benzodiazépines aient été prescrites à cause des premiers symptômes.


Quatre ans plus tard (dans le blog, en 2016 - 1ère étape)


Je ne sais plus ni quand, ni pourquoi, mais au beau milieu du mois d’avril, j’ai décidé que dorénavant je me passerais d’anxiolytiques. Ce fut, je dois le dire, une décision des plus surprenantes pour moi qui depuis des décennies ne pouvait concevoir l’existence sans avoir recours à ces pilules de survie.
Elles m’étaient devenues indispensables. J’en prenais le matin, à midi, le soir, à chaque âge de ma vie, non pas par poignées entières mais d’une manière calculée et raisonnable, et toujours sous la scrupuleuse surveillance d’un médecin.
Ces pilules me maintenaient avec une rare efficacité au-dessus de la ligne de flottaison et je leur en étais infiniment reconnaissant, je le suis toujours et je reste toujours convaincu de leur parfaite efficacité. Et puis, en avril dernier, j’ai donc décidé qu’il était temps de m’en passer. Ou tout du moins d’essayer. De voir, si je pouvais, en usant d‘une méthode raisonnée, me débarrasser progressivement de leur présence. Je me sentais prêt.
J’en parlais avec un docteur spécialisé, il se montra d’accord. Il ne me laisserait pas tomber. Ce serait un combat difficile. J’allais en baver. En l’espace de cinq mois, je suis parvenu à réduire ma consommation de plus d’un tiers.
Des jours se passent dans le brouillard de pensées éparses et confuses. Des nuits se déroulent dans l’anarchie d’un sommeil incapable de remplir sa fonction de gardien de l’âme.
Et je ne finis pas de m’interroger. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? A toutes ces questions, je n’ai toujours pas de réponses satisfaisantes. Je sais seulement que la vie demeure une lutte de tous les instants où chacun se débrouille comme il peut. Avec ou sans pilules.


Au bout d’une année (dans le même blog, en mai 2017  - 2ème étape)


C'est donc il y a plus d'une année. A cette époque, je prenais huit milligrammes de Valium par jour. J'en consommais de la sorte depuis mes vingt ans.

À chacun son remède. Qui l'alcool, qui la télé, qui le travail, qui la routine de la domesticité, qui Dieu. Et puis un jour, par défi, j'ai décidé d'entreprendre ce fichu sevrage : on me promettait l'enfer. À l'heure où j'écris ces lignes, ma consommation quotidienne de Valium est de 2,3 mg par jour.

Il me reste encore six mois avant d'arriver au bout. Si je n'ai pas vécu à proprement parler l'enfer, pas un jour ne s'est écoulé sans que ce fut difficile.

Je souffrais de trop. À chaque fois que je réduisais mes doses, dans les jours qui suivaient je barbotais dans un désordre mental d'une complexité et d'une sauvagerie folle, je subissais la révolte d'un corps qui, totalement déréglé, me mettait au supplice, j'avais des idées noires. Passé ces jours, je me rétablissais peu à peu : mais c'était alors qu'il me fallait réduire à nouveau ma consommation et retourner dans mon bourbier.

Mon docteur me disait de tenir bon; je tenais bon. Il m'écoutait d'une oreille certes compatissante, mais on lui avait appris à prescrire des anxiolytiques pas à s'en désaccoutumer. Au fond, ce n'était pas vraiment son problème. C'était à moi de m'aider.


Quelques mois plus tard (dans le même blog - 3ème étape - 29 juillet 2017)


Je pensais finir mon existence dans la même parfaite indifférence vis-à-vis de la musique classique. Cancre en la matière j'étais, cancre en la matière je resterais.

J’étais sourd à ce genre de musique. De cette infirmité je n'en étais pas fier ; je me forçais même parfois à en écouter ; au bout de cinq minutes, je baillais d'ennui ; je retournais vers mes musiques adolescentes, celles que j'écoutais depuis toujours : les Smiths, Belle and Sebastian, Cohen, Dylan, Lloyd Cole, Brel, et tant d'autres… Je n'avais jamais mis les pieds dans une salle de concert, je ne possédais aucun disque appartenant à ce répertoire.

Bref, j'avais une culture musicale digne d'un footballeur de bas étage.

Ce n'est que lorsque j'ai entamé mon sevrage aux benzodiazépines que, sans même y prêter attention, j'ai commencé à rechercher la compagnie de cette musique-là.

Comme si mon âme, mon cœur, mon esprit en avait besoin pour m'aider dans cet abandon progressif et mesuré des tranquillisants. Comme si elle avait ce pouvoir d'attendrir mes angoisses, d'envelopper mes peurs sous un voile de pureté et de beauté afin de me rendre l'existence plus douce.
Depuis, elle m'est devenue indispensable. Aurais-je découvert la foi que je n'en serais pas autant bouleversé.

Il me semble que s'ouvre à moi un vaste royaume où où je n'aurai pas assez de mille vies pour épuiser cette richesse, cette splendeur que patiemment, siècle après siècle, des compositeurs ont bâti.

Quel bonheur! Quelle découverte ! Je ne m'y attendais pas.

C'est comme si je venais d'apprendre à lire : je ne sais rien sur rien, je veux tout connaître sur tout.

Désormais mon chat me regarde étrangement, ma compagne s'inquiète pour moi, ma voisine s'interroge sur ce soudain changement, mes amis ne me reconnaissent plus, je m'en moque.