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mercredi 9 janvier 2019

Les soldes d'hiver proposent de plus gros rabais que les ventes privées,



Après les perturbations liées au mouvement des gilets jaunes et avant le choc psychologique du prélèvement à la source, les commerçants comptent sur les six semaines de soldes pour rattraper le manque à gagner accumulé depuis fin 2018.

Tout va se jouer, plus que l'an dernier, lors des premières semaines mais le succès de ces soldes est incertain, notamment en raison des ventes privées très violentes qui les précèdent, avec des réductions de -50% dès le lendemain de Noël.

C'est pourtant pendant les soldes d'hiver (et d'été) que vous trouverez les plus gros rabais, pas pendant les ventes privées.

Durant les soldes, les commerçants ont le droit de vendre à perte : ils peuvent vendre 10 euros un produit qu'ils ont acheté 20. L'objectif : engranger de la trésorerie et se débarrasser de marchandises dont personne ne veut au prix fort.

Ce sont même les seules périodes durant lesquelles les ventes à perte sont autorisées. Pendant notamment les ventes privées, des contrôles sont effectués par la répression des fraudes : On vérifie que les magasins ne revendent pas à perte.

Dans le cas des ventes privées : vous passez à la caisse, on vous demande votre carte de fidélité. Vous ne l'avez pas encore? Pas de problème, on vous la fait immédiatement et gratuitement en l'échange de quelques données personnelles. Vous ne la voulez pas? Vous pouvez terminer vos achats mais vous ne pourrez pas profiter des remises annoncées.

En réalité, ces ventes ‘privées’ ne sont plus confidentielles car annoncées ouvertement en vitrine. Elles sont autorisées dès lors que le mot ‘soldes’ n'est pas utilisé et que la législation sur l'interdiction de revente à perte est respectée. Contrairement aux soldes dont les dates sont fixées par un arrêté du ministre de l'économie, les ventes privées peuvent avoir lieu tout au long de l'année. Les ventes privées devraient donc réapparaître, une fois les soldes terminés.

Les soldes ne peuvent porter que sur des marchandises proposées à la vente et payées par le commerçant depuis au moins un mois. Il n'a donc pas le droit de se réapprovisionner pendant les soldes, contrairement aux ventes privées : pour ces dernières, le produit doit être disponible durant toute la période indiquée par le commerçant. Si le produit n'est plus en stock, le commerçant doit se réapprovisionner.

La loi vous autorise à retourner un article acheté sur Internet dans les 14 jours suivant sa réception et quelque soit la raison du renvoi : ce délai de rétractation est maintenu pendant les soldes. En revanche, soldes ou pas, la loi ne contraint pas le commerçant à échanger ou rembourser un produit acheté en boutique. Il doit en revanche afficher une mention de type ni repris, ni échangé dans le magasin ou sur le ticket de caisse. Il n'y a qu'en cas de vice caché ou de défaut de conformité que le vendeur est dans l'obligation de reprendre l'article.

Par Adrien Oster - Ce qui prédède est inspiré par et condense en bonne part l'article suivant :


mercredi 11 juillet 2018

La livraison à domicile





La Gazette de l'École des Mines de Paris a rendu compte en début d'année d'un mémoire rédigé en 2017 et consacré à la livraison à domicile, à vélo (surtout des repas) ou par chauffeurs-livreurs (notamment les colis commandés "en ligne"). 

Avec l’explosion du e-commerce, les livraisons à domicile se sont multipliées, entraînant l’apparition de nouveaux livreurs - sous-traitants, indépendants, salariés… qui doivent faire face aux exigences toujours plus fortes de leurs “employeurs”. Le consommateur bénéficie de services plus personnalisés, à un prix souvent dérisoire.

Nous avons été à la rencontre des acteurs du monde de la logistique urbaine, en tournée avec des chauffeurs-livreurs, mais aussi dans les bureaux lors d’entretiens (start-ups, grands groupes, pouvoirs publics). Nous avons découvert les contraintes, qui pèsent sur le dernier maillon de la chaîne : les livreurs à domicile.

LES LIVREURS À VÉLO

Une myriade de livreurs à vélo parcourt aujourd’hui les rues des grandes métropoles. Plusieurs milliers (Deliveroo, Foodora…), livrant en moins de 30 minutes repas et courses de supermarché. Non polluant, peu encombrant, silencieux, ce mode de livraison semble parfaitement adapté aux centres villes.

Et pourtant, les entreprises qui mettent en relation restaurateurs, consommateurs et livreurs à l’aide d’une application mobile, font l’objet de vives critiques.

Un statut peu protecteur - C’est avant tout le statut de ces travailleurs qui pose problème. Ce ne sont pas des salariés mais des indépendants, sous le statut du micro-entrepreneuriat pour la plupart, au régime fiscal simplifié. Ils travaillent pour leur compte mais cette liberté s’accompagne d’une précarité de l’emploi.
La plupart sont rémunérés à la course sans aucune rémunération horaire minimale. S’il y a moins de livraison ou si leur notation est mauvaise, leurs revenus peuvent disparaître.

Une indépendance contestée - Leur indépendance n’est pas si évidente à prouver : la loi prévoit qu’il ne doit pas exister de lien de subordination entre l’indépendant et l’entreprise. Mais de nombreux livreurs dénoncent un salariat déguisé (sanctions contre les livreurs peu assidus, tarifications des livraisons imposées, port du logo obligatoire…).

La loi El-Khomri - Le gouvernement avait souhaité apporter plus de garanties aux micro-entrepreneurs de plateformes numériques, et aux start-ups de survivre. L’article 60 de la loi mise en application au 1er janvier 2018), a contraint les plateformes numériques à fournir plus de garanties aux travailleurs (remboursement des cotisations d’assurance accident du travail, paiement de la cotisation à la formation professionnelle, respect du droit de grève, et de la possibilité de former des syndicats).
Cette loi est à double tranchant : donnant plus de garanties aux travailleurs, elle leur est bénéfique ; mais comme elle institutionnalise le statut de travailleur indépendant de plateforme, elle éloigne les possibilités de requalification en salariat.
Les plateformes qui étaient jusqu’ici dans une zone grise du droit, ont donc vu leurs pratiques sanctuarisées par cette nouvelle loi, éloignant ainsi le spectre de la requalification.

Les conditions de travail - Les livreurs ont vu les plateformes baisser progressivement et imposer des rémunérations à la livraison sans minimum horaire. Le paiement à la tâche les incite à travailler toujours plus vite. Les grèves de livreurs se font de plus en plus fréquentes pour protester contre ces modes de rémunération.
Les livreurs à vélos ne sont pas des étudiants cherchant un peu d’argent de poche – au contraire. De plus en plus de livreurs exercent à temps plein, sont peu diplômés, et et financièrement dépendants de ces plateformes.

Concurrence - Le recours aux indépendants permet de répondre à la flexibilité de la demande et réduit la prise de risque pour l’entreprise. C’est aussi le statut d’indépendant qui induit une baisse de coût. En effet, une entreprise qui emploierait des salariés devrait payer sur le salaire des charges patronales notamment versées à l’Urssaf afin de financer la protection sociale (assurance maladie, assurance vieillesse, allocations familiales...). Ne payant pas de cotisations patronales sur le travail des livreurs, les plateformes  bénéficient d’une différence de coût du travail qui n’est pas anodine…
Dans le secteur du transport de passagers, Uber en a bien compris l’intérêt. L’Urssaf estime avoir établi que Uber a recours à du salariat déguisé et a engagé à la rentrée 2015 une procédure devant le Tribunal des affaires de sécurité sociale, pour exiger le remboursement des cotisations patronales non perçues.
Les plateformes semblent ainsi exercer une concurrence déloyale vis-à-vis des entreprises de transport traditionnelles en ayant recours à des micro-entrepreneurs et en profitant d’un coût du travail artificiellement bas.
Avec le risque de voir d’autres entreprises se convertir massivement au micro-entrepreneuriat, remettant en cause le financement de notre système de sécurité sociale.

LES CHAUFFEURS LIVREURS

Malgré l'apparition de ces nouveaux livreurs à vélo, le marché de la logistique du e-commerce reste dominé par les acteurs traditionnels de la livraison de colis (La Poste, DHL, FedEx, UPS…). Les défis dus à la complexification des livraisons remettent en cause leur fonctionnement.
Les colis sont aujourd’hui livrés un par un à des particuliers souvent absents et dont l’adresse est incomplète, le numéro de téléphone manquant, le digicode inconnu. Or la fragmentation des livraisons coûte cher.
Souvent, ce coût supplémentaire n’est pas répercuté sur le consommateur final (offres de “livraison gratuite”). Qui donc le paye ?
S’y ajoute une pression sur les coûts due à la concurrence dans le secteur de la logistique - pression accentuée par le pouvoir de négociation des Amazon, Cdiscount, etc. qui concentrent la majeure partie des chiffres d’affaire du e-commerce.
De nombreuses solutions ont été envisagées :
Développement du numérique pour optimiser les tournées, création de consignes automatiques, utilisation de relais colis, diversification de l’offre pour faire face à la concurrence, développement de technologies de pointe comme les drones…
Mais ces innovations cachent une organisation opérationnelle qui n’a pas vraiment évolué : l’optimisation se base en grande partie sur une pression accrue portée sur les livreurs.

Une sous-traitance massive - Une fois franchie la porte des entrepôts logistiques de colis du e-commerce, force nous a été de constater que les grands acteurs de la livraison n’ont de “transporteur” que le nom : elles jouent le rôle de commissionnaire de transport, contractant avec des dizaines d’entreprises prestataires de services qui fournissent la main-d’œuvre pour effectuer les livraisons.
Le chiffre communément admis pour la sous-traitance des livraisons effectuées en zone urbaine dense est d’environ 90%. Le tissu d’entreprises de transport routier de marchandises est constitué d’une multitude de TPE, dont 95 % emploient moins de cinq salariés .
Les véritables victimes de ce bouleversement sont difficile d'accès, invisibles au grand public car portant les couleurs des donneurs d’ordre sur leurs camionnettes, mais invisibles aussi aux pouvoirs publics car absentes des fédérations syndicales.
Ce modèle n’est pas nouveau dans le transport routier de marchandises. Ces petites entreprises ont une durée de vie souvent courte dans un environnement très concurrentiel. L’externalisation de la masse salariale s’accélère.

Des entorses au droit du travail - Aux côtés de chauffeurs, nous avons constaté la réalité de l’optimisation des coûts à travers la pression que subissent les livreurs.
Arrivé sur le site à 5h30 pour le tri des colis, l’un des livreurs enchaîne avec une tournée de livraison le matin, prend deux heures de pause pour dormir dans sa camionnette (quand c’est possible), puis cumule avec une seconde tournée l’après-midi. La journée se finit à 20h30.
Les onze heures de repos réglementaires ne sont pas respectées. La semaine de travail compte soixante-treize heures.
Un autre livreur travaille depuis 1999. Rattaché successivement à différentes entreprises de sous-traitance, il n'a jamais été requalifié salarié du groupe.
Les donneurs d’ordre en sont évidemment conscients : les livreurs travaillent dans leurs centres logistiques, utilisent leurs outils numériques pour scanner les colis et enregistrer les heures de livraison. Le tarif de rémunération au colis est si faible qu’il apparaît difficile pour les entreprises sous-traitantes d’être rentables en employant des CDI faisant les 35 heures…
Il apparaît vite que les obligations légales auxquelles sont soumis les donneurs d’ordre restent très superficielles concernant la supervision des conditions de travail des employés des entreprises de sous-traitance. Sur le plan réglementaire, ils doivent vérifier que le sous-traitant est inscrit au registre des transporteurs et demander l’attestation de vigilance auprès des patrons des entreprises de sous-traitance (fournir la preuve du paiement des cotisations sociales). Aucun contrôle du volume horaire effectué par les sous-traitants n’est prévu par la loi.

Que fait l'inspection du travail ? Consciente du problème, elle ne possède que peu d’outils fonctionnels pour débusquer les abus, les prévenir et les dissuader. Dans la mesure où elle peut réunir des preuves, elle peut enclencher des poursuites au pénal - procédures longues et qui n’aboutissent pas forcément.
Et il est difficile de contrôler les horaires sur route en l’absence de chronotachygraphe comme c'est le cas pour les poids lourds.

NB : Ces pratiques ne sont pas spécifiques à la livraison en ville. De nombreux secteurs ont largement recours à des travailleurs sous-traitants dont les conditions de travail sont opaques (ex. : la construction). De plus en plus de secteurs ont recours à des micro-entrepreneurs à la place de salariés (ex. : monde du journalisme).

Marie Baumier, Mathilde Pierre, mémoire - MINES ParisTech, 2017


mercredi 16 mai 2018

On n'en n'est pas au dernier carat




Einem bayerischen Forscher ist es gelungen, den größten Diamanten der Welt zu züchten - eine Sache von Tagen. Werden Edelsteine jetzt zur Massenware?
(Von Alexander Jung - Donnerstag, 30.11.2017)

Cet article est paru dans le magazine SPIEGEL, à la fin de 2017. Je l'ai agrémenté de bouts assez hésitants de traduction maladroite.

Il signale qu’une petite équipe de chercheurs de l’Université d'Augsbourg - en Bavière  - a trouvé un procédé pour fabriquer en quelques jours des diamants aux caractéristiques parfaitements identiques à celles de diamants naturels qui datent de 3 à 4 milliards d’années : à l’oeil nu comme à la loupe, un spécialistes est incapable de les en distinguer. Ce n’est donc pas du strass (bijoux à base de verre de cristal à forte teneur en plomb qui imitent le diamant… à bas prix). Et pas un petit diamant : on le voit sur la photo - il fait presque 10 cm de diamètre et pèse autour de 150 carats (entre 35 et 40 g)...

Quand on sait qu’une bague d’un carat ou un peu plus va chercher dans les 1 000 à 10 000 € et que le plus gros diamant naturel taillé du monde (le Cullinan I sur le sceptre de la Couronne britannique) fait dans les 500 carats et qu’il est estimé à 400 millions d’euros. Quand on sait aussi que pour extraire un carat de diamant, il faut avoir retourné dans les 200 tonnes de terre...

Ein Diamant steht für die Ewigkeit (est un symbole d’éternité). Manche sind drei bis vier Milliarden Jahre alt (vieux de 3 à 4 milliards d’années), was der Ewigkeit schon recht nahe kommt (ce qui les rapproche assez près de l’éternité). Das Exemplar, das der Augsburger Wissenschaftler Matthias SCHRECK in der Hand hält, ist in vier bis fünf Tagen entstanden (ce que le chercheur Matthias SCHRECK tient dans la main a été produit en quatre ou cinq heures). Und, als wäre dies nicht wundersam genug (suffisamment merveilleux), hat es mit 9,2 Zentimetern fast den Durchmesser eines Bierdeckels (presque le diamètre d’un dessous de bock de bière). Kein anderer Diamant auf der Welt habe solche Ausmaße (aucun diamant au monde n’atteint une telle dimension), sagt der Forscher: "Da sind wir zurzeit unschlagbar (imbattable pour le moment)."

Seit mehr als einem Vierteljahrhundert (Cela fait plus d’un quart de siècle) tüftelt SCHRECK daran (que SCHRECK bricole là-dessus), Diamanten im Labor keimen zu lassen (faire pousser des diamants en laboratoire), wie er es nennt. Der ist genauso Diamant wie einer aus der Natur (c’est du diamant tout comme ce qu’il y a dans la nature)”, sagt der Wissenschaftler. Sein Kristall, versichert (assure) SCHRECK, weise dieselbe charakteristische Struktur auf (présente les mêmes caractéristiques structurelles), die einen Diamanten so besonders macht (qui rendent le diamant si particulier).

Kein anderer Stoff (matériau) ist härter, keiner kann besser Wärme leiten (conduire la chaleur), keiner bricht das Licht so feurig (réfracter la lumière de façon aussi vive), wenn man ihn schleift (le taille) und poliert. Was hier künstlich geschaffen worden ist (a été artificiellement créé), hat das Potenzial, einen Menschheitstraum zu erfüllen (réaliser un rêve de l’humanité) - und einen Mythos zu zerstören (détruire un mythe). Der Augsburger Keimling lässt ein unwahrscheinliches Szenario vorstellbar werden (le germe de Augsburg a rendu imaginable un scénario invraisemblable): Diamanten werden irgendwann zur Massenware, kaum teurer als Strass-Schmuck (les diamants seront un jour et en grande série à peine plus chers que des bijoux de pacotille).

Es herrscht Unruhe auf dem internationalen Diamant markt (l’inquiétude domine sur le marché international du diamant), nicht erst seit dem bayerischen Coup. Seit Generationen suchen Wissenschaftler nach Wegen, Diamanten künstlich herzustellen (des scientifiques  cherchent le moyen de fabriquer artificiellement des diamants). In der Fünfziger jahren gelang Forschern (Dans les années ’50, des chercheurs ont réussi) in den USA und Schweden erstmal das Kunststück (cet exploit pour la première fois). Sie ahmten die Bedingungen nach, die in Erdmantel herrschen (Ils ont reproduit les conditions qui dominent dans la croûte terrestre), und setzen Grafit massiven Druck und extremer Temperatur aus (ils ont exposé du graphite à des pressions considérables et à des températures extrêmes): mehr als 1500 Grad Celsius bei zu 60 000 Bar. Der Aufwand (l’investissement) war enorm, die Produktion sehr teuer.

Seitdem wetteifern Forscher weltweit darum, günstigere Verfahren zu entwickeln einige experimentieren mit der sogenannten Gas Phase Abscheidung (Depuis, les chercheurs sont en rivalité pour développer des expérimentations sur la base de ce qu’on appelle le dépôt chimique en phase vapeur). Dabei wird in einer Vakuumkammer, einer glänzenden Kiste aus Edelstahl, ein Teilchen Gemisch aus Methan und Wasserstoff elektromagnetischen Wellen ausgesetzt (Dans ce procédé, un mélange de particules de méthane et d’hydrogène est soumis à des ondes électromagnétiques dans une chambre à vide - un caisson brillant fait de métal noble). Aus dieser heißen Suppe tropft gleichsam der Kohlenstoff herab (C’est de cette soupe brûlante que, pour ainsi dire, le carbone coule goutte à goutte). Schicht für Schicht wächst innerhalb von Tagen darauf ein Diamant heran (C’est de cette façon que le diamant grandit, couche après couche, en quelques jours).

Inzwischen läuft es so gut (Ça marche si bien maintenant), das SCHRECK und zwei jüngere Kollegen, ehemalige Doktoranden, ihr Know-how in ein Geschäft verwandeln wollen (veulent faire déboucher leur savoir-faire sur une activité commerciale). Sie haben das Unternehmen Augsburg Diamond Technology, kurz AUDIATEC, gegründet (Ils ont fondé l’entreprise Augsburg Diamond Technology - en abrégé : AUDIATEC) und sich ein paar Hundert Meter südlich des Uni-Campus in einem Technologiezentrum eingemietet (et se sont installé dans un Centre technologique, à quelques centaines de mètres au sud du campus de l’université). Dort laufen die Reaktoren rund um die Uhr (Il y a là des réacteurs qui tournent 24 heures sur 24), sie produzieren Diamanten in Scheibenform (sous forme de disques). aus denen sich eine VIelzahl kleiner Rechtecke heraus lasern lassen (qui peuvent être découpées au laser en une multitude de rectangles). Diese ultra harten Plättchen verkaufen Jungunternehmer (Nos tout nouveaux entrepreneurs vendent ces lamelles ultra-dures) an Kunden, die daraus Werkzeuge zum schneiden, Fräsen oder polieren herstellen (les coupent, les fraisent ou les polissent), wichtig zum Beispiel für Uhren oder Brillen hersteller (pour des fabricants de montres ou de lunettes).

SCHRECK ist aber vorsichtig, überall auf der Welt lauerten Konkurrenten (SCHRECK est néanmoins prudent, vis-à-vis surtout des concurrents mondiaux qui sont à l’affût), sagt er: “In dem Teich (Dans l’étang) schwimmen auch große Haie (il y a aussi des gros requins qui nagent).” Der größte ist De Beers, 1888 gegründet, eine Tochter des Rohstoff konzerns Anglo american (filiale de la holding de production minière, Anglo american). De Beers Kontrolliert rund ein Drittel des globalen Marktes (contrôle grosso modo un tiers du marché mondial), das Unternehmen betrachtet synthetische Stein als Bedrohung (considère cette pierre synthétique comme une menace), denn ihre Qualität wird immer besser. Mit bloßem Auge oder eine Lupe lassen sie die Unterschiede  nicht mal mehr von Profis erkennen (Que ce soit à l’oeil nu ou sous la loupe les professionnels ne décèlent même plus de différences).

Der Diamanten Riese (Le géant du diamant) aus Südafrika nimmt die entwicklung so ernst, dass er mit “Element Six” ein Unternehmen aufgebaut hat (il a mis une entreprise sur pied), das selbst Labor Diamanten züchtet (qui elle-même fait pousser des diamants de laboratoire). Das Unternehmen möchte damit nicht nur Geld verdienen, De Beers will vor allem Einblick in die Geheimnisse der Produktion von Labor Diamanten gewinnen (De Beers veut surtout avoir un oeil sur les secrets de la production de diamants de laboratoire) - und sich dieses Wissen zunutze machen, um ihre Ausbreitung zu bekämpfen (afin de pouvoir lutter contre sa diffusion).

Noch (Pour le moment) spielen die Labor Steine im Diamantengeschäft eine untergeordnete Rolle, sie machen gegenwärtig nur zwei Prozent des Weltmarkts aus (ils ne font aujourd’hui que 2% du marché mondial), so eine Schätzung. Doch ihr Anteil wird laut Prognosen bis 2030 auf zehn Prozent steigen (D’après les prévisions, cette part devrait s’élever à 10% en 2030). Es spricht einiges für sie: Inzwischen kosten sie 20 bis 30 Prozent weniger (En attendant, ils coûtent 20 à 30% moins cher) als ihre natürlichen Pendants. Außerdem ist ihre Produktion vergleichsweise ressourcenschonend (Par ailleurs leur production est économe en ressources).

Rund 200 Tonnen Erde müssen bewegt werden um auf natürlichem Wege gerade mal ein Karat zu gewinnen (Pour le diamant naturel, il faut remuer environ 200 tonnes de terre pour en extraire à peine un carat - NDT : Il faut 5 carat pour faire un gramme). Oft stammen die Diamanten zudem aus Konfliktregionen, in denen Menschenrechte verletzt werden (Les diamants proviennent souvent de régions sujettes à des conflits, où les droits de l’Homme ne sont pas respectés). Der Kinofilm “Blood Diamond” von 2006 mit Leonardo DiCaprio  hat vielen Konsumenten die Zusammenhänge überhaupt erst bewusst gemacht (a en premier lieu sensibilisé de nombreux consommateur sur le situation).

Die RohstoffIndustrie tut alles, um den Mythos am Leben zu erhalten (L’industrie minière fait tout son possible pour maintenir le mythe en vie), den sie so mühsam geschaffen hat: die Vorstellung vom Diamanten als etwas Einzigartigem und Ewigem (représenter le diamant comme quelque chose de particulier et éternel), als perfektem Symbol für ein Heiratsversprechen, dem jede Laborware unterlegen sei (que le produit de synthèse serait inférieur), mag sie noch so rein und hart sein, denn ihr ehle das Besondere, die Aura des Authentischen.

Am Ende entscheidet der Kunde, ob er diese Botschaft glauben mag oder nicht (C’est à la fin au client de décider s’il préfère croire en ce message). Er bestimmt, was für ihn den Wert eines Diamanten ausmacht: das Wunder der Natur oder das Wunder der Technik.
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Der grauhaarige Physiker, geboren 1961, gehört zur Spezies Wissenschaftler, die, statt eine Professur anzustreben, lieber im akademischen Mittelbau geblieben sind, um sich im stillen Kämmerlein ihrem Spezialgebiet zu widmen.

SCHRECK bekam die Freiheit, und er nutzte sie. Ihm und seinen Kollegen ist in diesem Jahr der Durchbruch gelungen.

Er legt den Riesendiamanten zurück in die Schatulle, der Edelstein ist unbehandelt, schimmert matt silbern und hat die Form einer Scheibe (Il remet son diamant géant dans sa boite - c’est une pierre précieuse qui n’a pas encore été traitée, avec des reflets d’argent et la forme d’un disque). Daneben platziert der Physiker ein funkelndes Gegenstück, deutlich kleiner, es ist eine Nachbildung des Cullinan I, eines Diamanten aus dem Zepter der Queen (Le physicien place à côté, étincelante mais plus petite, une réplique de Cullinan I - un diamant du sceptre de la Reine).


 L'illustration ne fait pas partie de l'article original.
Popiół i diament de Andrzej Wajda - 1958 - Ici : Ewa Krzyżewska et Zbigniew Cybulski