-dimanche 22 février 2009
Politique éditoriale: du subliminal ?
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Hypothèse
Toujours Till. Il nous avait confié qu'il essayait de comprendre ce qui conditionnait le contenu d'un hebdomadaire où sont traduits des articles de la presse internationale. Il avait eu vent de l'existence d'une politique éditoriale. Qu'est-ce que cela signifie dès qu'il s'agit de traduction et non de production directe d'information ? Et par quel biais y parvenir ?
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L'hypothèse qu'il teste ici tourne autour de la sélection faite dans la masse d'articles publiés à travers le monde. Son intérêt se porte aussi à la présentation visuelle. Équation : politique éditoriale = sélection des contenus + habillage ? = message ?
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Faire le tour des acteurs
C'est affaire de direction. Mais il faut quand même se trouver des lecteurs et des annonceurs - les deux sont liés : les annonceurs se décident en fonction du type de lecteurs qu'ils croient pouvoir toucher.
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De plus, l'hebdo fait partie d'un groupe de presse. On dit y jouir d'une réelle indépendance, mais les dirigeants en viennent et y voient leur futur.
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Autre piste : à côté, les journalistes pèsent de leur poids - ici, il y a des traducteurs.
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Complément d'analyse sur la publicité
Dans ce blog, Till s'est déjà intéressé à la publicité - qu'il suppose être une sorte de miroir de la sociologie des lecteurs.
- Il avait déjà trouvé (voir au 12 janvier) que pour les 4 derniers mois de 2008 cette publicité se ventilait ainsi : un tiers de conso masculine perso, un quart de conso énergétique, un cinquième pour les médias - puis le reste.
- Rentrée 2009, un numéro focalise sa publicité pour des ONG et assimilés.
- Ces 2 derniers mois, le volume de réclame chute de moitié.
Notamment pour l'énergie, malgré un soubresaut de l'automobile qui tente de survivre.
Pire, exit la consommation à usage individuel.
Cas des médias : une apparente stabilité masque que la part revenant à ce qui est produit ou sponsorisé par le groupe de presse auquel l'hebdo appartient a grimpé aux deux tiers.
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Sélection et habillage
Même s'il a ses idées sur le 1er point - mais on peut vite fantasmer - Till ne retient que le 2nd. Lire un article, c'est a priori lire du texte. Mais qui ne s'imprègne d'abord des titres, des hors-textes, des illustrations et de leur légende ?
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Le dossier choisi est ici celui, récent, sur les nouveaux pauvres - à la fois représentatif et où l'on voit aisément quelques pratiques à l'œuvre.
- Dossier qui couvre dix pays - huit européens, les États-Unis et le Japon.
- Hors-textes si visibles qu'on ne peut y échapper - sur les seuls États-Unis, Japon, Grande-Bretagne et Espagne.
- Idem pour les photos et illustrations (remplacer ici Japon par Italie).
- A une exception près, le pays visé par le hors-texte ou l'illustration n'est jamais le pays concerné par l'article.
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S'il n'y avait pas affirmation d'une politique éditoriale, on pourrait le mettre sur le dos de l'improvisation ou d'un joyeux désordre - mais politique éditoriale, parait-il, y a. En d'autres temps on aurait dit : plutôt agit que prop. Mais qui oserait transposer ici ? Même sur l'habillage, on peut fantasmer.
mercredi 18 février 2009
Darwin par l'exemple

S'agissant de Darwin, Till a trouvé un article de fond dans The Economist de décembre 2008 et un autre début février. Commençons par le premier : Pourquoi nous sommes comme nous sommes. Pour Darwin, la vie est liée à la reproduction qui conditionne la survie. Quelques aperçus :
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Attirances
- Notoire est le temps passé à attirer celles/ceux de l'autre sexe et à intimider ceux/celles du sien. Le statut (lié à l'argent) et la hiérarchie ont leur mot à dire.
- Si les femmes préfèrent des hommes riches (ayant un statut), c'est plus comme pourvoyeurs de gènes que de biens matériels.
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Antagonismes
- Les criminels sont surtout des hommes jeunes ; idem pour leurs victimes (85% entre 15 et 19 ans). Souvent non mariés et sans emploi - pas des criminels nés. Mobile : se trouver des femmes ou un statut ; ne pas se faire éliminer du marché. Comportement sélectivement acquis à des époques pré-monogamiques.
- Le meurtre d'enfants jeunes est 5 fois plus souvent dû à un beau-père qu'au père biologique (aussi chez les mammifères). Mais le meurtre par un parent biologique est le fait de mères en situation difficile, encore jeunes pour espérer une future progéniture.
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Tentatives de régulation
- L'évolution a favorisé la punition du tricheur - même à ses propres dépens (risque d'avoir encore affaire à lui ; s'y opposer dès le début). De même, on cherche à punir / se venger du meurtre de parents ou d'amis... En acceptant de ne pas faire justice soi-même (institutionnalisation) : ceux qui s'imaginent que le but est que le criminel s'amende ne mesurent pas le risque d'un retour en arrière.
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Inegalités
- La question est largement débattue des inégalités entre hommes et femmes. Entre jeunes célibataires, l'écart salarial est minime. Mais, plus âgées, les femmes mettent dans leur top 25 moitié d'entreprises privilégiant la sécurité de l'emploi et la satisfaction au travail, plutôt que le niveau salarial - les hommes n'en mettent que 16%. Elles sont 12 fois plus que les hommes à planifier une pause dans leur vie professionnelle pour s'occuper des enfants. Sur ces sujets, l'approche darwinienne a du mal à croire en l'efficacité de mesures antidiscriminatoires à base de quotas pour viser le 50/50.
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Préjugés raciaux
- Dès qu'il s'agit de race, les darwiniens marchent sur des oeufs - vu les dérives épouvantables de certains. Si différences il y a en matière de couleur de peau, de physionomie, etc. on sait désormais que les étendre à l'intelligence relève du préjugé. De plus, la perception de différences dites raciales est fortement tributaire d'autres éléments qui n'ont rien à voir - par exemple l'habillement ou le statut (chômeur, prisonnier...).
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L'analyse darwinienne peut améliorer la compréhension de nombres de comportements - elle est loin d'avoir réponse à tout.
mardi 17 février 2009
TED Conference - que d'idées

Longtemps correspondant de journaux français en Amérique Latine, Francis Pisani s'est installé à San Francisco, a mis à profit son goût pour la technologie et tient depuis quelques années un blog qui couvre des gadgets aux réseaux (http://pisani.blog.lemonde.fr/ ).
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La TED Conference
Début février, il a suivi le TED (Technology, Entertainment and Design) qui se consacre depuis 25 ans aux idées qui valent la peine qu'on les diffuse. Ce qu'il en dit m'a paru particulièrement intéressant. C'est pourquoi je reprends ici, souvent avec ses propres mots, quelques uns des exemples qu'il a sélectionnés et comment il a réagi à cette manifestation.
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Trois exemples :
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Une caméra sautoir
Autour du cou, elle est couplée à un mini-projecteur. Elle comprend vos gestes, prend des photos en conséquence et trouve des renseignements utiles pour les accompagner. Elle sait lire un billet d'avion et donner des informations sur le vol. On peut projeter l'heure qu'il est sur son poignet, les touches d'un clavier sur les doigts de la main et, par exemple, déclencher un appel depuis le mobile qui est dans votre poche - s'informer aussi sur un produit (aliment avec OGM ? avis de lecteurs sur un livre ?) au rayon d'un magasin. Prix du prototype dans les 200 euros - ne peut que baisser quand ce sera en série.
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Voiture électrique
L'existence précède l'essence. Selon Better Place, il faut installer l'infrastructure avant de mettre des voitures électriques sur le marché. Or on peut en changer la batterie en station service en moins de temps qu'un plein d'essence. Renault (et Nissan) sont dans le coup. Les analystes de la Deutsche Bank sont très positifs. Des pays disposant d'énergies renouvelables (Israël, Danemark, Australie) sont partants.
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Le langage des bactéries
Bonnie Bassler du H.H.M.I. (Maryland) a découvert que les bactéries prenaient leurs décisions en fonction de la densité la population qu'elles constituaient. Ce qui veut dire, à une époque où les antibiotiques deviennent inopérants, qu'on pourrait enrayer leurs effets négatifs en les empêchant de communiquer.
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Dans les trois cas que nous venons de voir, la démarche fondamentale est d'imaginer ce qu'il faut faire pour rendre une idée réalisable : repérer un problème, imaginer une solution, retrousser ses manches.
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Foin du scepticisme, foin du confort intellectuel. On est à l'opposé de l'attitude la plus fréquemment répandue, qui consiste à faire la liste de tout ce qui rend une idée difficile à réaliser.
lundi 16 février 2009
Darwin again...

Au 19ème siècle, on se partage entre fixistes et transformistes. En conformité avec la Bible, les premiers ont du mal à rendre compte du cas des espèces dont on sait qu'elles ont disparu. Les seconds ne parviennent pas à convaincre du comment et du pourquoi d'une évolution trop lente à échelle humaine. Novation apportée par Charles Darwin : il n'y a pas de plan préétabli ; un mécanisme d'élimination est à l'œuvre.
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Le dossier de Sciences Humaines
Sciences Humaines consacre à L'Origine des Espèces le principal article de son dossier et l'intitule Aux Origines d'une Idée. L'autre article important - Sélection sexuelle et Civilisation - rend compte de La Filiation de l'Homme, autre ouvrage moins connu de Darwin, écrit 12 ans plus tard. Deux portraits complètent le dossier : Darwin en savant discret ; et, plus noir, son œuvre comme caution des théories raciales qui se sont ensuite développées.
Darwin a pour lui d'avoir rassemblé un grand nombre d'observations. Il a par ailleurs lu, dans Malthus, que le décalage entre la croissance des besoins et celle des ressources faisait que n'arrivaient à survivre que ceux qui se démenaient. Il a enfin su tirer des leçons de ce qu'il a vu chez les éleveurs (voir le dossier de Courrier International).
Si certains historiens en font un savant au service d'une idéologie (c'est le portrait noir), d'autres soulignent qu'il a mis 20 ans avant de publier, qu'il donnait la primauté à la recherche et non à une conviction politique. En chemin, Darwin a perdu la foi ; une correspondance de plus de 40 ans avec sa femme, croyante et attristée, tourne autour de ce sujet. Il est aussi vrai que, par la suite, philosophes, démographes... se sont emparés de son œuvre à des fins les plus variées - eugénisme, ultralibéralisme, collectivisme libertaire, lutte des races...
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Sélection sexuelle et civilisation
Dans La filiation de l'Homme, Darwin apporte une note plus complexe. Certes, l'Homme n'échappe pas aux lois naturelles de l'évolution. Mais il constate que certains de ses critères d'intérêt sont sociaux et vont à l'encontre de la survie individuelle : la clé se trouve dans la sélection sexuelle qui permet selon lui de se reproduire dans un contexte concurrentiel. Elle se surajoute à des conduites de solidarité que l'on observe déjà chez les fourmis, les chiens, les corbeaux... A différenciation sexuelle correspond sélection sexuelle, basée sur la séduction autant que sur la force brute. Ce qui induit une complexification des comportements dont certains ne se basent plus sur un strict égoïsme. Darwin y voit des mécanismes de civilisation.
Illustration : Wolf Erlbruch
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Un Darwin œdipien ?
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Science, traduit par CI : Darwin aurait tué Dieu
Courrier International (CI) a bien visé : il est daté du 12 février 2009, bicentenaire de la naissance de Charles Darwin. En couverture : L'homme qui a tué Dieu et un dossier autour d'un article de Peter J. Bowler paru dans Science. Ce magazine a été fondé en 1848 (pas loin de 1859, n'est-ce pas ?) et fournit un panorama fouillé des débats sur la science. L'auteur de l'article n'est pas un simple écrivassier de cette publication : on lui doit Darwin, l'homme et son influence. Le dossier de CI pèse l'équivalent d'une dizaine de billets de ce bloc-notes - dont 80% sous la plume de Bowler. Que nous dit-il ?
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Quels sont les véritables apports de Darwin ?
Que Darwin ne fut pas le premier à opposer l'idée d'évolution à celle d'une création divine des espèces suivie par un développement en fonction d'un plan cohérent, en vue d'une finalité (on dit aussi : une téléologie). Sa vision du processus était en revanche nouvelle : une adaptation à l'environnement où les moins aptes finissent par disparaître.
Que Darwin ne fut pas le premier à opposer l'idée d'évolution à celle d'une création divine des espèces suivie par un développement en fonction d'un plan cohérent, en vue d'une finalité (on dit aussi : une téléologie). Sa vision du processus était en revanche nouvelle : une adaptation à l'environnement où les moins aptes finissent par disparaître.
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Autre composante : l'existence - au hasard, sans but précis - de variations génétiques permettant d'ouvrir l'éventail des options possibles parmi lesquelles s'effectue cette sélection naturelle. Il avait tiré cela en observant des éleveurs de pigeons qui, certes, avaient eux un but et décidaient de ce qu'ils sélectionnaient... Mais cela lui avait permis de le constater à une échelle de temps humaine sans avoir à remonter sur des millénaires.
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Conséquence sur la classification des espèces : partir de l'idée d'un ancêtre commun, à l'image des branches d'un arbre, plutôt que de ranger dans des tiroirs empilés à partir de critères de ressemblance. Dit rapidement : une espèce se définit comme une population d'individus s'interfécondant même si, a priori, on ne les aurait pas rangés dans le même tiroir sur la base de leurs ressemblances.
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De fortes résistances
L'apport de Darwin a longtemps rencontré de fortes résistances chez les scientifiques - ne parlons pas des milieux religieux ni du récent débat sur le créationnisme, notamment aux États-Unis.
Science a rendu compte en 2006 d'une étude à ce sujet. A la question Les hommes se sont-ils développés à partir d'espèces animales existant auparavant ?, la différence entre les OUI et les NON a été :
DK, F, J ............................... plus de 70% ;
GB, E, D, I, H ...................... 50-70% ;
P, CH, PL ............................. 35-50% ;
USA .................................... match nul ;
Turquie ............................... 25% en faveur du NON.
Les utilisations très déplaisantes de sa théorie
Cela étant - mais c'est sur un autre plan - il ne faut pas sous-estimer le fait que cette théorie a été adoptée de façon plus que déplaisante par certains milieux qui se sont positionnés comme les éleveurs avec leurs pigeons et cherché à empêcher les inaptes à se reproduire - il s'agit de l'eugénisme avec sa mise en application plus extrême sous les Nazis.
2009 : de Molière à Darwin

Coup double pour Molière
Mon entourage a eu un faible pour les signes du Capricorne et du Verseau, d'où un récent défilé d'anniversaires familiaux.
Mes amis comédiens n'ont pas voulu non plus manquer ceux de Molière. En deux temps :
Le 15 janvier à la Comédie Française, Maison de Molière, c'est celui de sa naissance - ou encore, à moins de 24 heures près, celui de son baptême en 1622 à Saint Eustache : à l'époque, les registres religieux préfiguraient l'état-civil...
Le 17 février, anniversaire de sa mort, l'Église catholique prend le relais lors d'une messe solennelle à Saint Roch, l'église des artistes. Pour Henri IV, Paris valait bien une messe : en ces temps où la mode est à la repentance, l'Église souligne ainsi que, depuis belle lurette, elle s'est réconciliée avec des comédiens qu'elle excommuniait à l'époque. En février 1773, le clergé de Saint Eustache avait en effet refusé une sépulture chrétienne à Molière. Intervention de Louis XIV, suite à la demande de la femme du défunt, Armande Béjart : l'archevêque de Paris autorise le curé à ce que Molière soit enterré au cimetière de la paroisse.
Quid en 2009 ?
Mode voisine, celle des commémorations : dès qu'on peut compter en demi-siècles, la voie est libre.
Au plus proche : 1959 a vu s'éclipser Sidney Bechet à moins de 60 ans, Billy Holiday à moins de 50, Boris Vian et Gérard Philipe, à moins de 40... pour accueillir en ce monde Anne Lauvergeon, présidente d'AREVA, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, Victoria Abril, Yasmina Reza, Nastassja Kinski...
Cent ans plus tôt, le père de La Démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville, laissait la place à celui de Sherlock Holmes, Conan Doyle.
Tout pour Darwin
Mais le clou de 2009 n'est-il pas Charles Darwin ? Il cumule d'être né il y a 200 ans, le 12 février 1809 - tiens ! back to Aquarius - comme Abraham Lincoln d'ailleurs, président des États-Unis qui y a aboli de l'esclavage et auquel on aime comparer Obama... et d'avoir fait paraître son Origine des Espèces en 1859, il y a 150 ans. Profusion de dossiers.
Pour le sortir de ses ruminations, j'ai demandé à Till de faire le tri. A lui, bien sûr, The Economist (fondé en 1843), libéral et respirant le darwinisme à pleins poumons. A moi Courrier International, Sciences Humaines et Télérama. Mais ces trois publications sont sous la coupe du même groupe de presse : je laisse tomber le dernier qui sent encore son catholique défroqué, ce qui n'est pas un bon point lorsqu'il s'agit de Darwin. Suite au prochain numéro.
Illustration :
http://aujourlejour.laurentvago.com/page/2
Libellés :
Sc.humaines...,
Théâtre-ciné-spectacles
lundi 12 janvier 2009
La pub dit quel lecteur vous êtes

Vous vous souvenez de Till ? Nous l'avions rencontré à notre retour de Valencia : il avait élargi notre horizon à propos du Tribunal des Eaux. Début décembre, il nous avait fait faire un tour au royaume de l'addiction, des accros. En ce début 2009, je le trouve préoccupé, voire perplexe. De quoi s'agit-il ? D'un hebdomadaire qui permet de prendre connaissance, en français, de ce qui s'écrit dans la presse internationale.
Une politique éditoriale, pourquoi ? et pour quels lecteurs ?
Pour faire vite, Till rumine quelques pensées sur deux sujets :
- Il s'interroge qu'un tel hebdo qui ne produit pas d'information par lui-même mais opère une sélection dans ce que l'on trouve chez les autres, se targue d'avoir une politique éditoriale. Il leur avait posé la question et la réponse avait été : oui. D'autant que ce magazine est pratiquement seul sur son terrain, souligne-t-il. S'il avait encore un concurrent, la sélection de l'un pourrait être mise en regard de celle de l'autre - le risque est ici de privilégier un point de vue particulier.
- Après le quoi (le contenu sélectionné) vient le pour qui : à quel type de lecteurs s'adresse-t-on ? C'est l'objet de ce qu'il me confie aujourd'hui.
Que peut-on donc savoir de ces lecteurs ?
Je sens que nous allons être catapultés sur une orbite de haute spéculation et assister à un mariage grandiose de la logique et de l'intuition. Leur service marketing devrait pouvoir apporter une réponse - mais nous n'avons pas accès à ce service. On pourrait aussi imaginer qui sont les lecteurs en analysant les articles qui sont publiés. Mais le serpent risque de se mordre la queue dans la mesure où ce qui est publié dépend d'une politique éditoriale : or il est ici important de bien tracer la ligne de partage entre ce qui relève de l'éditeur et ce qui relève du lecteur.
Il reste la pub, me dit Till. C'est leur boulot que de savoir à qui ils s'adressent pour que leur pub soit efficace. Convaincant ? Pas totalement mais un brin quand même. Or il n'y a guère d'autres pistes... Retroussons nos manches pour découvrir ce que cela donne. C'est à la louche mais on aura une idée.
Coup de sonde, octobre-décembre 2008
Sur une dizaine de numéros (plus de 2 mois) Till a noté leurs pubs. Facile, elles sont généralement par pages entières. Bien sûr, les tous derniers numéros étaient ceux d'avant-Noël avec un risque de biais en faveur des cadeaux. Mais le périmètre semble être resté stable. En moyenne 17 pages bien ciblées contre 45 de textes tous azimuts.
Un tiers de conso masculine perso (alcools, parfums, électronique), un quart d'énergivores (autos, voyages lointains, producteurs d'énergie) et 20% pour les médias (presse, TV, parfois des livres). Les 20% restant assez dispersés. La conso perso et les énergivores étaient déjà là avant. On observe que ce sont les médias qui ont un peu grimpé.
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