dimanche 24 avril 2016
24 mai : présentation du livre sur ZAPOLSKA
L'ouvrage qui vient de paraître, comprenant des traductions d'articles journalistiques de Gabriela Zapolska depuis Paris et la Bretagne, a fait l'objet d'une première présentation dans ce blog, en date du 15 mars.
Une soirée de présentation plus directe est organisée le 24 mai à la Galerie de l'Harmattan des Arts & des Cultures, dans le Quartier Latin.
vendredi 15 avril 2016
Adieu à "ma" voiture
Condensé d'un point de vue paru dans le HUFFPOST.
Voici un an, je décidais de me séparer définitivement de ma voiture
Bien
sûr, j'habite une grande ville qui dispose d'un bon réseau de transports en
commun et je n'ai pas d'obligations familiales ou professionnelles qui
nécessitent la possession d'un véhicule personnel.
Je ne prétends pas que tout
le monde puisse s'en passer. Pourtant, je n'imaginais pas vivre sans.
Le slogan Ma voiture, c'est ma liberté a pris quelques
rides.
Quand on marche ou qu'on se balade en transport public, on n'est jamais
vraiment pris en otage dans un
embouteillage.
Transports en commun ou faire ses courses à pied, on marche plus souvent
dans son propre quartier. On découvre des rues, on se sent mieux enraciné
socialement dans l'endroit où on vit.
Sans voiture, on passe beaucoup plus de temps à l'extérieur. À marcher, à
attendre un bus, à prendre une correspondance.
Fini le trajet garage-parking où on ne met presque jamais le nez dehors.
Après quelques semaines sans voiture, on m'a dit que j'avais meilleure mine.
Quand on prend le bus ou le tram chaque jour, on rencontre plus de monde
que dans une voiture où on ne rencontre jamais personne.
Dans les transports, on entend les conversations téléphoniques des autres
usagers, on parle à des inconnus, on découvre de nouveaux horizons de vie.
L'attention requise pour marcher en ville n'est pas aussi importante que
celle qu'exige la conduite d'une voiture.
On a donc plus d'espace de cerveau disponible pour réfléchir.
Dans (certains) transports en commun, on peut même lire ou travailler.
Même si les trajets peuvent être plus longs qu'en voiture, le temps perdu est finalement très relatif.
Chercher en vain une place de parking, freiner brusquement pour un piéton
qui traverse distraitement, s'énerver dans un embouteillage, se faire couper la
route par un chauffard, entendre les coups de klaxon d'automobilistes
impatients derrière soi...
Tous ces petits tracas de la vie quotidienne au volant disparaissent du
jour au lendemain.
Il n'y a pas que le prix du véhicule, le carburant, les assurances, les
taxes d'immatriculation ou de circulation.
Le fait de ne plus avoir de voiture supprime aussi les frais de
stationnement ou la location d'un garage, les entretiens obligatoires, les
réparations, l'achat d'accessoires, les inévitables contraventions, etc.
On ne
doit plus jamais dégivrer un pare-brise.
Ne plus posséder de voiture ne signifie pas qu'on ne conduit plus jamais.
On peut louer un véhicule ponctuellement pour faire des grandes courses ou
pour acheter des meubles.
On peut aussi redécouvrir le plaisir de conduire sur les routes d'Italie
dans une voiture de location. Et vu les économies faites toute l'année, on peut
même prendre une catégorie supérieure.
Quand c'est absolument nécessaire, on peut prendre un taxi sans s'inquiéter
du prix.
Il sera de toute façon dérisoire par rapport au budget mensuel nécessaire
pour posséder un véhicule individuel.
Et puis, dans le tram et le bus, on a aussi un chauffeur.
jeudi 31 mars 2016
Un manteau de fleurs : la OFRENDA
La
Vierge des Délaissés (la Virgen de los Desamparados – en
valencien : la Mare de Déu deis Desamparats ou,
plus affectueusement, la Geperudeta), est la patronne du Royaume
de Valence ainsi que – confirmé à la fin du 19ème siècle – patronne
de la ville.
Même
si sa vénération remonte au 15ème siècle, elle n’a pas initialement
été associée aux FALLAS. Il y a d’ailleurs un jour qui lui est dédié, au mois
de mai. La tradition de la coïncidence des dates avec l’OFRENDA (offrande des
fleurs) remonte au milieu du 20ème siècle, les commissions de FALLAS
de quartier s’y étant ralliées peu à peu.
Se
succédant pendant près d’une vingtaine d’heures, c’est désormais une centaine
de milliers de valenciens qui défilent, quartier après quartier, pour apporter
les fleurs qui vont orner le manteau de la Vierge, dont un support de statue
est érigé sur la place qui porte son nom.
La mise en place de la statue
C’est un
support pyramidal en bois sur une estrade : on y fixera les fleurs ;
il est surmonté par une figure de la Vierge portant l’Enfant-Jésus sur son bras
gauche et une grande fleur stylisée, de l’autre main.
Les
différents éléments arrivent en pièces détachées sur la place puis sont
assemblés à l’aide de grues – l’ensemble fait dans les 8 à 10 mètres de haut.
Le défilé des 17 et 18 mars
Ce défilé de
l’OFRENDA occupe deux voies qui convergent vers le lieu. Chaque quartier (il y
en a près de 400) vient apporter des fleurs pour le manteau de la MARE de DÉU.
Elles sont de 2 couleurs principales (blanc légèrement crème et rouge), selon
une norme très stricte.
Le
temps pris par les 100 000 participants occupe deux après-midi, à chaque
fois pendant près d’une dizaine d’heures.
En
moyenne, cela fait 250 représentants par quartiers, dont :
. 90
femmes (falleras) et 45 jeunes filles (falleritas) portant chacune un
bouquet de 6 à 12 fleurs,
. 65
hommes (falleros) et 30 jeunes garçons (falleritos),
. 20
à 25 musiciens –hommes ou femmes.
Plusieurs
quartiers apportent aussi un panier de fleurs qui sera déposé près de la
fontaine de la place.
La confection du manteau
Les femmes et
les jeunes filles remettent leur bouquet à l’une des personnes chargées de les
fixer sur le manteau de de la Vierge.
Quelques-unes
qui l’ont tenu depuis des kilomètres ont du mal à s’en séparer, l’embrassent et
essuient une larme. D’autres ne laissent pas voir ce genre d’émotion.
De la rue, les
bouquets sont lancés vers des intermédiaires agrippés à la structure. Ils
poursuivent ainsi leur chemin vers le haut pour y être fixés.
Les
paniers de fleurs apportés en surcroît sont déposés près de la fontaine qui se
trouve derrière la statue de le Vierge.
Derrière
de personnage principal de la fontaine, la rue par laquelle va s’écouler le
défilé. Toujours quartier par quartier. … Le plus souvent sur une musique assez
enjouée.
mercredi 30 mars 2016
Détonations et Illuminations
Ne pas venir
avec son chien : il n’aimerait pas.
Recommandation
non superflue. Depuis la DESPERTA jusqu’aux MASCLETÀS qui accompagnent les
dernières FALLAS qui se consument lors de la CREMÀ, on entend sans arrêt
éclater des pétards.
La DESPERTA de
fin février signale qu’il est temps de se réveiller et de se mettre à
l’ouvrage : afin que les FALLAS de quartier soient prêtes pour le 15 mars.
Dès
7h30 du matin des nuées de participant(e)s parcourent la ville au milieu des
fumées qui vont rapidement se dégager, avec leur boite pleine de pétards qu’ils
font éclater sur le sol.
LES MASCLETÀS
sont des concerts pyrotechniques, à vous ébranler au sein de la foule qui y
assiste, et faire vibrer les bâtiments tout autour.
Les
plus importantes, une vingtaine – ont lieu chaque jour à 14 h sur la place de
l’Hôtel de Ville.
On se
croirait sur un champ de bataille napoléonien. Une très grande quantité de
pétards éclatent au sol, alignés et suspendus comme du linge dans une enceinte
grillagée.
D’autres
sont lancés par des fusées pour éclater dans le ciel.
La nuit, cette
fois – et même vers 1 h – une bonne demi-douzaine de grands feux d’artifice
(CASTILLOS DE FUEGOS)
…
sans compter bien plus d’une centaine d’autres dans les quartiers pour la
CREMÀ.
D’apparence
bien plus calme – car la musique y est loin d’être oubliée – quelques RUES
ILLUMINÉES.
Un
petit nombre de rues – qui ne sont pas dans les quartiers les plus huppés – ont
bénéficié d’impressionnantes illuminations qui les parcourent comme une voute
s’élevant jusqu’en haut des immeubles.
On
estime qu’environ un million de lampes ont été utilisées à cet effet. Bien
qu’il s’agisse de LED (diodes à électroluminescence), la consommation n’est pas
négligeable :
L’allumage
se fait alors par étapes (pour ne pas «faire sauter les plombs») avec un
accompagnement musical très approprié.
mardi 29 mars 2016
Sur la place de l'AYUNTAMIENTO
Sur la grande place de l'Hôtel de Ville, il y a une FALLA particulière.
L'édifice se résume à un seul
personnage (le VALENCIEN), pas une caricature.
Cet
édifice est celui de l’ensemble de la ville
Il a
une fonction de communication.
VALENCIA
souhaite que les FALLAS soient déclarées cette année par l’UNESCO :
PATRIMOINE IMMATÉRIEL de l’HUMANITÉ.
Il est entouré
de symboles à la dimension du monde.
Un
début de Tour Eiffel destiné à se compléter.
Suivront
la statue de la Liberté et le David de Michel-Ange.
Et un
Concorde aux lettres de VALENCIA.
Il est
immense : on voit ci-dessus la progression de la construction.
La
texture de la statue est semi-transparente.
La
nuit, on perçoit son cœur lumineux qui bat.
CREMÀ
Mais
l'édifice finira comme les autres FALLAS.
lundi 28 mars 2016
De la PLANTÀ à la CREMÀ
La 1ère quinzaine de mars est consacrée à la mise en
place aux édifices de quartier, les FALLAS : elles doivent toutes être
prête pour la nuit du 15 (la PLANTÀ). Un jury viendra les voir, toutes, pour
décerner les prix. Deux exemples :
Progression de la mise en place d’une FALLA :
D’abord un seul personnage
complet ainsi que le bas du corps du chevalier. Celui-ci terminé, on remarquera
que son regard va croiser celui de sa belle qui est, elle, perchée sur la
couronne portée par le personnage initial.
C’est maintenant le château de Malefica, entourée de ses
monstres hideux et armés – on est sur le thème de la Belle au Bois dormant.
L’ombre fait que l’on ne voit
pas très bien celle-ci, dont le bras pend au premier plan.
Ni, tout en haut, le Prince
charmant avec son épée dressée.
Au dos de l’édifice, la porte
de la Malefics’ High School, d’où sortent – de toute évidence – des huiles
municipales.
Au cas où on ne les
reconnaîtrait pas, des petits panneaux explicatifs se chargent de mettre les
choses au point.
Dans la nuit du 19, toutes les FALLAS seront brûlées.
C’est la CREMÀ
Un embrasement toutes les 20
secondes dans VALENCIA.
Point à noter, car il suppose
un transfert permanent des pompiers (BOMBEROS) dont la présence est toujours
obligatoire.
Auprès de chaque FALLA, la
fanfare est très présente, une MASCLETÀ vous assourdit, et un beau feu
d’artifice prélude souvent à cette phase ultime.
Ici, les deux personnages
principaux sont probablement des notabilités. Une étiquette nous précise que le
chien représente le nouveau parti politique PODEMOS.
Le feu prend rapidement et
consomme tout.
Au petit matin, plus trace de rien : la vie courante et la
circulation auront repris leurs droits.
dimanche 27 mars 2016
Forte participation, tissu de liens
Actuellement, les FALLAS, ce sont environ 760 édifices
monumentaux (jusqu’à 30m de haut), composés de personnages, installés dans 380
quartiers (chacun a 2 FALLAS dont une pour les enfants).
Cela
se prépare de façon associative près d’un an à l’avance. On cherche des dons et
des sponsors. Une véritable industrie a pris corps dans un quartier de
VALENCIA, avec des artistes à qui on confie la réalisation. La mise en place se
fait dès début mars, l’inauguration le 15 et la mise à feu des 2 édifices de
quartier (CREMÀ) a lieu le 19 au soir.
Les
quartiers élisent leurs 2 reines (dont une pour les enfants), participent aux
concours des plus belles FALLAS et des meilleurs personnages (NINOTS), ainsi
qu’aux défilés en (parfois somptueux) habits d’époque à travers la ville – dont
pour la remise des prix puis pour l’OFRENDA (on en reparlera).
Cet évènement se base donc sur la vie des quartiers. Certains
aspects sont coordonnés sur l’ensemble de la cité – dont les MASCLETÀS et les
feux d’artifice, ainsi que l’élection, en juillet, parmi les actuelles reines
de quartier, des 2 reines (toujours dont une pour les enfants) pour les FALLAS
de l’année suivante. L’organisation du défilé pour l’OFRENDA en témoigne
également.
Quel que soit le plaisir du
spectacle, c’est – à mon sens – la participation emporte l’adhésion du nouveau
venu. VALENCIA regroupe 800 000 habitants (le double avec sa métropole.
200 000 s’impliquent autour des commissions de quartier, 100 000
participent physiquement aux défilés – dont près de 10 000 des fanfares de
quartier. Je ne saurais chiffrer la foule pour la vingtaine de grandes
MASCLETÀS de 14h, place de l’AYUNTAMIENTO (Hôtel de Ville) : elle y est à
chaque fois très dense.
Autre remarque : le lien qui s’y tisse entre générations.
Chaque quartier se préoccupe
aussi bien des enfants que des adultes – d’où 2 FALLAS et 2 reines, ce qui
suscite l’intérêt et prépare la relève pour l’évènement dans le futur. Au sein
des défilés, les regroupements par quartiers voient se succéder les petits
enfants (dans les bras, en poussette…), puis les jeunes garçons (FALLERITOS),
les jeunes filles (FALLERITAS), les femmes (FALLERAS), les hommes (FALLEROS) et
la fanfare locale (MUSICOS).
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