mardi 21 octobre 2008

Pub low-cost

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Low-pub
L'avez-vous remarqué ? La publicité qui agrémente les escaliers et les couloirs d'accès aux bouches du métro parisien est un cocktail de banalité terre-à-terre mais aussi de tentatives créatrices qui méritent un temps d'arrêt. Les grandes affiches sur les quais, c'est du soigneusement pensé par de grandes agences ; ça coûte cher, précisément pour cette raison, à cause de leur taille et aussi de leur nombre, puisqu'on les retrouve à presque toutes les stations. Mais avec les affiches de petit format, de moindre diffusion ou pour un évènement momentané... on est dans un autre monde.
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C'est ainsi que, pas plus tard qu'hier - et par quel diable poussée ? mon attention s'est figée sur un panneau modeste, vert tendre comme de l'herbe printanière. Trois adjectifs et la magie du verbe : brisé... martyrisé... libéré...
Plus exactement : prix brisé... prix martyrisé... mais prix libéré...
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Détournement
Magie mais détournement du verbe hors d'un tout autre contexte, puisqu'il suffit de reprendre le discours du général de Gaulle à l'Hôtel de ville, au moment même de la libération de Paris, le 25 août 1944 : [...] Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! Libéré par lui-même [...]
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Le 25 août, jour anniversaire de cette Libération et de ces paroles historiques, c'est dans moins d'une semaine. Et pourtant, s'agissant ici d'une compagnie aérienne low-cost, dont il est signalé qu'elle évolue sous l'aile de la compagnie nationale d'envergure mondiale, je doute qu'un tel message s'adresse à ceux qui vont se recueillir, se souvenir... Reste la magie du verbe... Survient son détournement.
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Un virtuel les pieds sur terre
Redescendons de nos nuages et allons sur leur site Internet : la pub, basta ! le brisé... le martyrisé... le libéré... à la trappe ! On est dans le virtuel concret, on vend des billets. Attention : il n'y a qu'une lettre de différence (un a) entre le nom de ladite compagnie à bas prix et celui d'une autre entreprise, dans un secteur tout proche. Quelques journalistes ont fait la confusion et à la moindre erreur de frappe au clavier, on peut se tromper.
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Comparaison n'est pas raison
Au lieu de réserver sa place depuis Orly vers une destination plus ou moins méditerranéenne auprès de notre gaullienne compagnie, nous sommes invités... en espagnol uniquement, à voir ce que proposent ses concurrentes à de meilleur prix. Pas de chance pour notre transporteur : il n'y apparaît pas comme étant parmi les plus économiques... Pour les lecteurs familiers de la langue de Cervantès, c'est la compagnie aérienne nationale d'envergure mondiale de la péninsule qui rafle la mise. En élargissant notre recherche auprès d'autres sites de comparaison de prix, notre low-cost bien hexagonal remonte vers la tête du peloton. Il suffit simplement de bien choisir les jours de départ et d'arrivée.
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Un éventail pour Séville
Le véritable émerveillement vient de l'éventail des prix. Au mieux, si on en croit notre comparateur, un Paris-Séville et retour se situe autour de 170 euros. Le vol est direct et dure un peu plus de 2 heures. Mais prenons un billet similaire (aux mêmes dates, mais en classe économique), vendu par l'une ou l'autre de ces compagnies nationales d'envergure mondiale, celle de la péninsule comme celle de l'hexagone : il se situe au-delà de 1900 euros... au point qu'une de ces chères institutions financières habituellement liées à la VPC, s'empresse de vous proposer un crédit-revolving. Il y a de plus une escale, ce qui multiplie par 3 la durée du trajet.
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Enfin, calmez vos ardeurs au moment de choisir votre vol. On vous commence par vous donner l'illusion que l'aller-retour est à 60 euros. Mais, avec les taxes, surcharges, frais administratifs et assurances (hors coût pour rejoindre l'aéroport) vous retrouvez les 170 indiqués ci-dessus.
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lundi 20 octobre 2008

Scène de rue à Paris


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Une rue que je découvre
Dernier dimanche avant celui du retour à l'heure d'hiver. Plus frisquet, tôt le matin, que les jours précédents, malgré un ciel limpide. Mais quelques heures ont passé et les rues se sont animées.
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En voici une que je connaissais mal. Droite, assez longue, résidentielle, aux pavillons et immeubles éparpillés sur des pelouses, séparés par de petits grillages ou des murets bas. Nous sommes en plein Paris mais il n'est pas nécessaire de lever haut la tête ou de traîner des pieds dans les feuilles mortes pour goûter des couleurs de l'automne qui tapissent herbes et allées.
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Je surprends un dialogue
Les marchés et leur habituelle cohue ne sont sans doute pas loin mais on n'en n'a pas écho - et cette rue semble presque déserte. De dos, à quelques mètres devant, un homme petit, dans la soixantaine, parka, écharpe discrète, avance tranquillement mais d'un pas guilleret. Par dessus son épaule, guère plus haut que l'oreille, on distingue le bout pointu de deux baguettes, comme des fusils voire des baïonnettes. Alors que je le dépasse, je l'entends chantonner un air relativement familier aux accents presqu'italiens. Bribes de mots: ... elle leur dira... quand ils partiront...
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De face un peu plus loin, arrêté, une main occupée par une laisse sur laquelle tire avec détermination un mini Yorkshire dont on a dû lui confier la promenade hygiénique et qui semble obnubilé par les grands espaces si proches, l'autre main tapotant du doigt une cigarette à peine entamée, un individu, un peu plus jeune et plus grassouillet, tousse misérablement. Le marcheur l'interpelle. Ils se connaissent, se tutoient. Dans ce que l'autre lui répond, j'ai l'impression de retrouver les paroles de la chanson : ... elle m'a pourtant dit... c'est vrai que je suis en train de partir...
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Manifestations annoncées
Partir de la caisse ? Je ne le saurai pas : dans une rue parallèle, derrière pavillons et immeubles, une sorte de musique martiale ou de cirque couvre ce qu'il voulait dire. Silhouette fugitive d'une camionnette bleu foncé, surmontée de deux haut-parleurs, qui délivre aussi un message pressant de venir je ne sais trop où, je ne sais trop quand. Elle sillonne sans relâche le quartier - je la retrouverai plusieurs fois avec ses grosses lettres blanches : NOUVEAU SPECTACLE et une remorque bâchée de rouge sautillant à l'arrière. L'explication se trouve de façon assez évidente sur des affiches, collées sur du carton et attachées à des réverbères : Guignol... A ne pas confondre avec une autre affichette apposée de fraîche date sur des supports de parcmètre : Apéro revendicatif.
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Espace-temps
Replongée dans des rues plus passantes. Il est bientôt midi. Au pied des marches d'un restaurant qui cherche à tenir son rang, causerie de personnes comme endimanchées : ... Ils ont une quinzaine d'années de plus que nous mais ils ne les font pas... Moi qui suis de 71...
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Le temps d'éviter un Vélib qui s'engouffre dans cette rue piétonne, je fais mes comptes : ... 2008... 71... 15 ans de plus. Il est grand temps que je rentre car nous attendons des connaissances (qui ont quinze ans de moins que nous) et c'est à moi de préparer l'apéro.
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samedi 11 octobre 2008

Langue orale, langue écrite

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Passer d'une langue à l'autre
Je ne suis pas particulièrement doué pour les langues. Au contraire. Mais, par nécessité professionnelle, j'ai eu à pratiquer l'anglais de façon relativement suivie des années durant. Je me débrouille pour le lire et l'écrire. J'ai cependant dû à la gentillesse de mes interlocuteurs ou de mes auditeurs que des conversations avec eux, voire quelques présentations en public, ne se soient pas soldées par des désastres. Et quand je regarde un film non sous-titré, il m'arrive de décrocher rapidement.
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Les hasards de la vie m'ont suffisamment fait me frotter avec l'allemand et l'espagnol pour que je sache retenir une chambre d'hôtel par téléphone… et avec le polonais et l'italien, où je ne suis pas totalement déboussolé devant un menu.
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Mais – sans qu'une quelconque surdité soit en cause – il est également vrai qu'il me faut parfois écouter plus d'une fois certaines chansons dans ma langue maternelle, le français, pour comprendre ce qu'elles veulent dire.
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La langue orale
J'avoue avoir été séduit en lisant ce qu'a découvert au siècle dernier un ORL, Alfred Tomatis. Selon lui, l'enfant tout jeune est capable de percevoir un grand éventail de sons : imaginons toute l'étendue du clavier d'un piano. Mais, rapidement, son oreille se forme à partir de ce qu'il entend. Or, d'une langue à l'autre, ce ne sont pas les mêmes sons ni les mêmes rythmes qui sont mis en valeur.
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Ainsi, les Français (et plus ou moins les Espagnols, eux aussi) se limitent à une octave au milieu du clavier, plus une autre dans les graves, à main gauche. De la part des Anglais, c'est comme s'ils se réservaient des partitions pour main droite seule – dans les aigus. A l'inverse pour les Allemands : prédominance dans les graves. Quant aux Slaves, leur luxe est de jouer sur la totalité du clavier.
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Babillage, imitation… la façon dont on apprend à parler se calque sur ce que l'on entend. Avec des profils sonores aussi différents d'une langue à l'autre, on se doute qu'il devait être difficile de se comprendre au moment de construire la tour de Babel.
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Dans un monde devenu plus ouvert, chaque fenêtre sur une autre langue permet d'aller explorer quelques pas plus loin, par rapport à ce que l'on nous offre lors d’excursions touristiques packagées.
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La langue écrite
La langue écrite permet de contourner quelques unes des barrières qui viennent d'être évoquées et qui sont propres à la langue orale - ce qui nous aide à faire encore un bout du chemin supplémentaire. Au détour d'une revue qui sélectionne des articles parus dans la presse allemande, je tombe ces jours-ci sur les réflexions d'un écrivain syrien, installé Outre-Rhin et publiant en allemand. Cette langue, dit-il, je ne cherche pas à la maîtriser mais à l'aimer comme une femme que l'on courtiserait afin de gagner son cœur.
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Son écriture est celle d'un conteur nourri de la tradition arabe – le récit c'est la vie ; et le silence, la mort. Comme Schéhérazade qui avait réussi à captiver un Sultan tout puissant, pour en faire un enfant avide du prochain épisode... il privilégie la beauté des mots sur le portrait psychologique.
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Il apprécie pourtant la littérature à l'occidentale : il en cite des auteurs qu'il admire parce qu'ils ont su emmener leur lecteur dans un univers parallèle et y faire l'expérience de vies auxquelles, sinon, il n'aurait pas eu accès.
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jeudi 9 octobre 2008

Vadrouille à Montparnasse

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Quand Paris s'appelait Lutèce
La vue aérienne qui illustre cet article nous montre Paris à l'époque romaine - son nom était alors Lutèce qui se limitait à ce qu'on appelle aujourd'hui le Quartier Latin. On y aperçoit distinctement la Seine et ses deux principales îles : celle de la Cité et l'île Saint-Louis - plus une 3ème, qui a été rattachée en 1847 à la rive droite du fleuve. Plus loin, c'est la Bièvre : elle se jette dans la Seine du côté de l'actuelle gare d'Austerlitz. Mais on ne la voit plus aujourd'hui : voici un siècle, elle a été complètement recouverte sur son parcours parisien. Au creux de sa dernière boucle, ce sont les Arènes de Lutèce - que l'on peut toujours visiter.
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Au premier plan, Montparnasse qui, à la fin du 19ème et sur la première moitié du 20ème siècle, est devenu un quartier universellement célèbre dans le monde de l'art et de la littérature. Aujourd'hui, son point de mire est une tour. Construite à la place de l'ancienne gare, elle fête ses 35 ans. C'est un poignard, un sabre planté au cœur de Paris, ai-je entendu à l'époque.
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Sous la tour Montparnasse
Cette tour a toujours ses détracteurs. Ceux qui pestent le plus sont ceux qui viennent prendre le train, mais sont arrivés par le métro du mauvais côté. Le comportement des longs tapis roulants qu'ils doivent emprunter est très capricieux. Pour ceux qui ont valises, poussettes et enfants, les boyaux et escaliers sont particulièrement fatigants. Il arrive, de surcroît, que le fléchage de la signalisation soit ubuesque.
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Une des causes est que les 210 m de la tour qui se trouve juste au dessus, reposent sur de solides piliers allant à 70 mètres en profondeur - véritables obstacles à des solutions plus rationnelles en sous-sol. Ne peut-on pas sortir dehors et avoir recours à un itinéraire de surface ? La tour, toujours… Depuis des mois, des travaux de rénovation obligent les piétons à partager la chaussée avec bus et autos. Des écriteaux nous assurent que c'est pour le bien-être des 5000 personnes qui y travaillent et que cela va durer jusqu'à fin 2011 (les copropriétaires vous remercient de votre compréhension... ).
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Esprit de géométrie et esprit tout court
5000 d'un côté. Mais combien de l'autre ? Je consulte l'ami Till : il me donne quelques ordres de grandeur... assez approximatifs. En sous-sol, il estime le flux à 8000 personnes à l'heure ; plus 2000 en surface ; chiffres qui valent pour 100 heures par semaine - et comme on l'a vu, c'est pour 5 ans. Sa calculette donne 250 millions…
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Flânerie sur le boulevard du Montparnasse. Une librairie, des cartes postales, chacune avec une citation d'écrivain célèbre. De Sacha Guitry : la meilleure façon de faire tourner la tête à une femme serait de lui demander de se mettre de profil. La mécanique appliquée au vivant - n'y aurait-il pas un peu de Bergson là-dessous ? Me revient un autre conseil du même Sacha Guitry, que je tiens de mon stomato : Plutôt que de lui dire qu'elle a de jolies dents, faites-la rire.
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dimanche 28 septembre 2008

Katyn

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Mars-avril 1940
Septembre 1939. Deux semaines après les Allemands par l'Ouest, les Soviétiques envahissent la Pologne par l'Est. 250 000 soldats polonais sont faits prisonniers et confiés au NKVD soviétique. Les simples soldats sont relâchés. En février 1940, restent environ 14 000 officiers de l'armée polonaise (dont des étudiants incorporés comme officiers de réserve) et de la police.
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Début mars, le Politburo (Staline, Molotov, Vorochilov, Beria…) signe un ordre d'exécution (en 1992, Boris Eltsine a remis ce document au président de la République de Pologne, Lech Walesa). 4 400 prisonniers sont abattus d'une balle dans la nuque et ensevelis dans la forêt de Katyn, non loin de Smolensk. Les autres sont tués à Kharkov ou à Kalinine. Quelques centaines seront épargnés. Au même titre, des résistants et fonctionnaires sont fusillés par une formation parallèle, l'OSO. D'où le nombre de 22 000 que l'on associe communément au « massacre de Katyn ».
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Août 1941. Peu après la rupture du pacte germano-soviétique, les Allemands en train d'envahir l'URSS découvrent un charnier près de Katyn. Progressivement, l'ensemble des corps sera exhumé. En 1943, Radio-Berlin accuse les Soviétiques. Ceux-ci répliquent que ce sont les Nazis qui ont commis ces atrocités au cours de leur avance de 1941. Ils maintiendront cette version jusqu'en 1990 et l'imposeront dans la Pologne communiste.
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(Source : Wikipedia : Massacre de Katyn – dans ses versions française et anglaise, ici consultées, ainsi que roumaine et en hébreu, cet article a été apprécié comme étant de qualité).
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Ainsi – au cours de la guerre, puis pendant des décennies, et semble-t-il encore aujourd'hui sur un mode plus feutré – il a été difficile de démêler la vérité des diverses propagandes.
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Le film de Wajda

Katyn est le titre d'un film d'Andrzej Wajda, dont le père fut l'un des officiers assassinés à Katyn alors que lui avait 15 ans. Loin de passer sous silence le massacre lui-même, le film se place du point de vue des proches qui sont dans l'incertitude de savoir si leur fils, leur époux, leur père… fait partie des victimes… La propagande nazie (pendant la guerre) puis soviétique (avec le régime communiste en Pologne) cherchent à les enrôler, les intimider, les pourchasser.
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La sortie du film date du 17 septembre 2007 – anniversaire de l'invasion de la Pologne par les Soviétiques en 1939. Plusieurs journaux russes ont depuis publié des articles mettant en doute la fiabilité des documents faisant porter la responsabilité aux Soviétiques. Côté allemand, Angela Merkel a assisté en février 2008 à la présentation du film à la Biennale de Berlin.
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Succès du film en Pologne (3 millions d'entrées) mais - en ce mois de septembre 2008 - je n'ai pas réussi à savoir s'il est sorti ailleurs ni si cela est prévu. Et en DVD ? Rien à la Fnac, rien non plus dans sur les sites français, allemand, anglais, américain ou canadien d'Amazon. J'ai pu le voir (sous-titré en anglais), sur un DVD ramené par un ami polonais.
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jeudi 25 septembre 2008

Autisme

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L'autisme jusqu'alors mal connu
C'est un mot un peu étrange, qui évoque un renfermement sur soi-même, dont on se doute que cela se manifeste depuis l'enfance, dont on ne sait pas exactement ce qu'il recouvre tant qu'on n'y a pas eu directement affaire.
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Cela fait une vingtaine d'années, des personnes que je connaissais peu ou prou avaient fondé une association sur cette question. J'avais bien perçu qu'elles s'attaquaient à des situations réelles et difficiles, qu'elles menaient une sorte de combat personnel, familial, médical et social comme, me semblait-il, tant d'autres en mènent sur tel ou tel sujet qui leur tient à cœur. Mais, de ma part, cela n'allait guère plus loin et je restais avec une idée très vague de ce que cela recouvrait.
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Jusqu'à y être confronté dans ma famille.
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Le moment de la scolarisation
Pas tellement étonnant quant on apprend que, sous une forme ou une autre (il y a plusieurs sortes d'autisme), cela touche une personne sur 150. Autrement et trop rapidement dit, au moment de la scolarisation, on devrait trouver un enfant autiste pour 6 classes de 25 élèves. Car le moment de la scolarisation se révèle justement être un moment crucial, même si les manifestations peuvent théoriquement être détectées dès l'âge de quelques mois et commencent à être plus clairement perçues autour de 2 ans.
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Le comportement d'un enfant autiste ne correspond pas à ce que l'on attend habituellement d'un élève. Celui-ci doit être capable de se concentrer sur ce que l'on cherche à lui apprendre ; il doit rester à sa place quelques heures durant ; et il est en mesure de communiquer spontanément avec les autres enfants. Ce n'est pas aussi évident pour un enfant autiste – et les effets de la scolarisation vont souvent même à contresens de ce qu'il faudrait faire pour lui : cette vie en collectivité, la socialisation, déclenchent un repli sur soi et aggravent l'enfermement de cet enfant dans sa bulle.
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Que faire ?
Les familles ne savent pas exactement comment s'y prendre ; elles entendent 36000 choses contradictoires de la part de personnes censées s'y connaître ; et ne savent pas à quelles portes frapper. Le risque est de voir leur enfant rapidement marginalisé, orienté vers des institutions spécialisées qui font parfois plus office de parking qu'elles n'apportent de solutions. Il arrive que les progrès soient limités - quand ce n'est pas une aggravation et une régression. Cela peut aboutir au placement dans une institution psychiatrique lorsque l'autiste devient adulte.
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Mieux comprendre pour agir
J'ai utilisé le mot risque. Car ce n'est pas une fatalité absolue : d'autres voies existent. Et je partage la conviction de ceux qui ont fait – et qui continuent de faire l'effort de chercher à comprendre ce qui ce cache derrière l'autisme, qui se sont renseignés sur ce qui avait marché et ce qui n'avait pas marché pour remédier à la situation, qui ont dégagé une démarche pour aider l'enfant autiste à sortir de sa bulle. Au point de pouvoir le réinsérer comme tout un chacun, dans son milieu familial, social et notamment scolaire, de lui permettre de communiquer avec les autres, de progresser, d'être mieux armé pour la vie.
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De nouvelles pistes
J'y reviendrai dans ce bloc-notes. Les connaissances au sujet de l'autisme ont récemment fait et continuent actuellement de faire des progrès considérables : on se trouve beaucoup moins dans le brouillard que c'était le cas, il y a 20 ans, pour les membres de l'association que j'ai évoquée au début : leur dénominateur commun semblait surtout être le désespoir et l'espoir.
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En France, qui n'est pas parmi les premiers pays à avoir identifié les meilleures pistes en matière d'autisme, on commence à s'appuyer sur un travail de pionniers de maintenant plusieurs années, avec des résultats particulièrement probants – voire impressionnants.
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Ce billet fait partie d’une série qui permet de suivre l’évolution d’Émile (ce n’est pas son vrai prénom) depuis septembre 2008 : on y accède directement en cliquant sur le thème Autisme dans la marge de droite.
D’autres articles sont voisins, notamment ceux sous le thème du Cerveau, ainsi que ceux des 15 et 16 juin 2009 (Chiffres, langues… et Savants vs neurotypiques, qui figurent aussi sous le thème de l’Autisme), ou du 27 juin 2009 (Mémoire photographique)

mercredi 17 septembre 2008

Le Tribunal des Eaux


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Le beau voyage boucle sa boucle. Le titre de cet article reprend le début d'un célèbre sonnet datant du 16ème siècle, de Joachim du Bellay : Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage [...] puis s'en est retourné plein d'usage et raison [...].
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La route du retour
Après avoir longé la Méditerranée puis être passés d'Espagne en France, nous nous dirigeons vers le Nord : depuis cette année, nous bénéficions d'une autoroute qui traverse le Massif central et permet de rejoindre Paris d'une seule traite. Cet itinéraire n'est, à l'heure actuelle, qu'encore peu fréquenté… Cerise sur le gâteau : pas de péage jusqu'à Clermont-Ferrand, à l'exception du viaduc de Millau (voir photo ci-dessus). Dans la première partie du parcours, nous nous trouvons entre 600 et 1000 m d'altitude, il y a quelques brouillards, les piles du viaduc sont entièrement dans les nuages.

Où l'on fait connaissance avec Till
Nous voici à Paris : autre lieu, autre rythme, autres préoccupations... Till, avec qui nous bavardons à la terrasse d'un café, nous en donne une première preuve. Vous ne connaissez pas encore Till : curieux de beaucoup de choses, il se promène avec un sac en bandoulière, rempli de magazines, les feuillette avec avidité, s'arrête soudainement sur un article particulier : ça le fait rêver et cogiter à la fois - et il n'a de cesse de vous faire part des conclusions auxquelles il vient provisoirement de parvenir. Autre caractéristique : pour reprendre le jargon de McLuhan, Till est un homme de la galaxie Gutenberg (il privilégie le papier et l'imprimé) et non de la galaxie Marconi (la communication à base d'électronique, ce n'est pas pour lui). Mais il affirme ne pas trop s'opposer à ce que nous fassions appel à lui pour alimenter notre bloc-notes. Deux conditions : il nous confie la mise sur Internet et préfère que l'on le mentionne quand ça vient de lui.
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Le Tribunal des eaux, un cas d'école
Un exemple : nous évoquons avec lui le Tribunal des Eaux de Valencia. En moins de trois secondes, il entrouvre son sac bourré de revues et en sort un tout récent numéro de The Economist. Voyons... page 73, Commons sense... Il se met à traduire hâtivement l'article : "Bon, ils commencent par opposer l'usage communautaire des ressources au système de la propriété privée. Traditionnellement, dans des régions où les pâturages étaient accessibles à tout le monde, chaque gardien de troupeau avait intérêt à en faire croître la taille... Mais à partir d'un moment, il ne reste plus rien à brouter ailleurs. C'est habituellement le propre de nombreuses économies pauvres - et leur drame. Historiquement, une étape a été franchie au 18ème siècle, quand on est passé à un système de propriété (avec la mise en place de clôtures) - ce qui a rendu possible la révolution agricole en Angleterre. Il y a pourtant d'autres manières de s'en tirer : que les utilisateurs s'organisent entre eux pour gérer ces ressources communes."
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C'est là qu'ils en parlent ! s'écrie Till : "Ils donnent l'exemple des pâturages dans les Alpes suisses et celui des systèmes d'irrigation en Espagne ! Point essentiel : convenir de qui pourra utiliser ces ressources, et quand… Ce que chacun en retire doit être en proportion de ce qu'il y apporte (c'est ce qui se passe au Tribunal des Eaux : les amendes sont estimées en jours de gardiennage du système d'irrigation). Chaque utilisateur doit pouvoir s'exprimer. Autre impératif, porter davantage d'attention à surveiller les abus et résoudre les conflits qu'à sanctionner et punir."
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... et s'en est retourné, plein d'usage et raison...
Attention, attention… car ce que l'on croit être un mieux se révèle souvent l'ennemi du bien. Quand une administration ou un gouvernement intervient avec ses gros sabots dans ce magasin de porcelaine de relations sociales destinées à gérer des ressources communes, formalisées juste ce qu'il faut entre utilisateurs, cela peut se transformer en une tragédie. L'article Common sense évoque ici la sécheresse au Sahel dans les années '70 ?

Till aurait bien voulu nous entretenir de bien d'autres sujets. Mais trop aurait été trop. A l'expérience, chacun sait qu'après un vol cosmique, la rentrée dans l'atmosphère demande un minimum de doigté pour éviter de se volatiliser comme une étoile filante. Till s'est finalement satisfait d'un second café... décaféiné.