jeudi 3 août 2017
Des benzodiazépines à la musique classique : désintox
Laurent SAGALOVITSCH - la cinquantaine - est un romancier.
Il tient un blog depuis 2011 (YOU WILL NEVER HATE ALONE). Une centaine de ses textes ont paru sur le site de SLATE.
J’en ai sélectionné trois qui décrivent (en vrai ? aménagé ?) les étapes d’une démarche qu’il dit avoir été la sienne.
Ils sont précédés par un article de LIBÉ, datant de 2012 et qui n’est pas de lui.
Il s’agit ici d’un condensé, à partir d’extraits que j’ai remembrés
Automne 2012 (extraits d’un article de Libération)
La Haute Autorité de Santé s’alarme un peu plus que d’habitude sur la trop forte consommation de somnifères en France chez les personnes âgées : un tiers de cette tranche d’âge en prennent systématiquement.
D’autant qu’une récente étude aggrave ce constat en établissant un risque élevé de démence chez les personnes prenant régulièrement des benzodiazépines (somnifères, anxiolytiques, etc.). estimation : entre 15 000 et 3o 000 malades supplémentaires par an en France. Le résultat principal est globalement le suivant : un consommateur régulier de benzodiazépines a un risque 50% plus élevé de présenter une démence de type Alzheimer dans les quinze ans qui suivent qu’une personne qui n’en consomme pas.
Il ne faut pas semer la panique en diabolisant les benzodiazépines qui demeurent des médicaments utiles et parfois indispensables. L’étude renvoie à des personnes consommant des benzodiazépines sur des périodes longues, souvent des années.
Les recommandations de bonnes pratiques médicales précisent que ce type de médicament ne devrait pas a priori être prescrit plus de deux à quatre semaines. Dans cette étude par ailleurs, on s’est intéressés à des gens qui avaient débuté leur traitement longtemps avant un diagnostic de démence ; il devient ainsi peu probable que les benzodiazépines aient été prescrites à cause des premiers symptômes.
Quatre ans plus tard (dans le blog, en 2016 - 1ère étape)
Je ne sais plus ni quand, ni pourquoi, mais au beau milieu du mois d’avril, j’ai décidé que dorénavant je me passerais d’anxiolytiques. Ce fut, je dois le dire, une décision des plus surprenantes pour moi qui depuis des décennies ne pouvait concevoir l’existence sans avoir recours à ces pilules de survie.
Elles m’étaient devenues indispensables. J’en prenais le matin, à midi, le soir, à chaque âge de ma vie, non pas par poignées entières mais d’une manière calculée et raisonnable, et toujours sous la scrupuleuse surveillance d’un médecin.
Ces pilules me maintenaient avec une rare efficacité au-dessus de la ligne de flottaison et je leur en étais infiniment reconnaissant, je le suis toujours et je reste toujours convaincu de leur parfaite efficacité. Et puis, en avril dernier, j’ai donc décidé qu’il était temps de m’en passer. Ou tout du moins d’essayer. De voir, si je pouvais, en usant d‘une méthode raisonnée, me débarrasser progressivement de leur présence. Je me sentais prêt.
J’en parlais avec un docteur spécialisé, il se montra d’accord. Il ne me laisserait pas tomber. Ce serait un combat difficile. J’allais en baver. En l’espace de cinq mois, je suis parvenu à réduire ma consommation de plus d’un tiers.
Des jours se passent dans le brouillard de pensées éparses et confuses. Des nuits se déroulent dans l’anarchie d’un sommeil incapable de remplir sa fonction de gardien de l’âme.
Et je ne finis pas de m’interroger. Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? A toutes ces questions, je n’ai toujours pas de réponses satisfaisantes. Je sais seulement que la vie demeure une lutte de tous les instants où chacun se débrouille comme il peut. Avec ou sans pilules.
Au bout d’une année (dans le même blog, en mai 2017 - 2ème étape)
C'est donc il y a plus d'une année. A cette époque, je prenais huit milligrammes de Valium par jour. J'en consommais de la sorte depuis mes vingt ans.
À chacun son remède. Qui l'alcool, qui la télé, qui le travail, qui la routine de la domesticité, qui Dieu. Et puis un jour, par défi, j'ai décidé d'entreprendre ce fichu sevrage : on me promettait l'enfer. À l'heure où j'écris ces lignes, ma consommation quotidienne de Valium est de 2,3 mg par jour.
Il me reste encore six mois avant d'arriver au bout. Si je n'ai pas vécu à proprement parler l'enfer, pas un jour ne s'est écoulé sans que ce fut difficile.
Je souffrais de trop. À chaque fois que je réduisais mes doses, dans les jours qui suivaient je barbotais dans un désordre mental d'une complexité et d'une sauvagerie folle, je subissais la révolte d'un corps qui, totalement déréglé, me mettait au supplice, j'avais des idées noires. Passé ces jours, je me rétablissais peu à peu : mais c'était alors qu'il me fallait réduire à nouveau ma consommation et retourner dans mon bourbier.
Mon docteur me disait de tenir bon; je tenais bon. Il m'écoutait d'une oreille certes compatissante, mais on lui avait appris à prescrire des anxiolytiques pas à s'en désaccoutumer. Au fond, ce n'était pas vraiment son problème. C'était à moi de m'aider.
Quelques mois plus tard (dans le même blog - 3ème étape - 29 juillet 2017)
Je pensais finir mon existence dans la même parfaite indifférence vis-à-vis de la musique classique. Cancre en la matière j'étais, cancre en la matière je resterais.
J’étais sourd à ce genre de musique. De cette infirmité je n'en étais pas fier ; je me forçais même parfois à en écouter ; au bout de cinq minutes, je baillais d'ennui ; je retournais vers mes musiques adolescentes, celles que j'écoutais depuis toujours : les Smiths, Belle and Sebastian, Cohen, Dylan, Lloyd Cole, Brel, et tant d'autres… Je n'avais jamais mis les pieds dans une salle de concert, je ne possédais aucun disque appartenant à ce répertoire.
Bref, j'avais une culture musicale digne d'un footballeur de bas étage.
Ce n'est que lorsque j'ai entamé mon sevrage aux benzodiazépines que, sans même y prêter attention, j'ai commencé à rechercher la compagnie de cette musique-là.
Comme si mon âme, mon cœur, mon esprit en avait besoin pour m'aider dans cet abandon progressif et mesuré des tranquillisants. Comme si elle avait ce pouvoir d'attendrir mes angoisses, d'envelopper mes peurs sous un voile de pureté et de beauté afin de me rendre l'existence plus douce.
Depuis, elle m'est devenue indispensable. Aurais-je découvert la foi que je n'en serais pas autant bouleversé.
Il me semble que s'ouvre à moi un vaste royaume où où je n'aurai pas assez de mille vies pour épuiser cette richesse, cette splendeur que patiemment, siècle après siècle, des compositeurs ont bâti.
Quel bonheur! Quelle découverte ! Je ne m'y attendais pas.
C'est comme si je venais d'apprendre à lire : je ne sais rien sur rien, je veux tout connaître sur tout.
Désormais mon chat me regarde étrangement, ma compagne s'inquiète pour moi, ma voisine s'interroge sur ce soudain changement, mes amis ne me reconnaissent plus, je m'en moque.
mardi 25 juillet 2017
On peut cloner la voix de n'importe qui en un tournemain
FAKES SUR PAROLE
On arrive à imiter la voix des gens en un tournemain et pour pas cher. Des problèmes en perspective.
Grâce à une appli de CandyVoice - une entreprise implantée à Paris - vous enregistrez environ 160 phrases en français ou en anglais avec un téléphone. Et celui-ci vous énonce avec vos propres tonalités, tous les mots que vous allez taper par la suite. Performances similaires avec Festvox (Université Canergie Mellon), avec Vivotext (Tel Aviv), ou de la part du géant chinois de l’Internet, Baidu.
On pourrait, par exemple, écouter avec la voix de son auteur un message qu’il a posté sur Facebook... Personnaliser ce que disent des jouets à partir de la voix des parents qui en taperaient le texte sur leur smartphone (le fabricant Hasbro a pris des licences)... Dans ce dernier cas, il n’est pas exclu que de mauvaises blagues se produisent.
Jusqu’ici, souvent pour des raisons médicales, il fallait en passer par un procédé long (d’au moins 8 heures à plusieurs jours d’enregistrements dans un studio spécialement équipé) et coûteux (3 000 € ou bien plus).
Allons encore plus loin : la voix de n’importe qui peut ainsi être clonée à partir d’un enregistrement (par ex. : YouTube - 5 minutes suffisent). Et ce avec un bon degré de crédibilité : des essais en ont attesté, avec des automates de reconnaissance de la voix, ou avec des experts en ce domaine.
On imagine les utilisations qui pourraient en être faites pour contrer des mesures de sécurité, dans les cas où la clé d’identification se base sur la parole, pour envoyer des ordres trompeurs sur les réseaux de l’ennemi, à la télévision dans la bouche de chefs-d’État ou d’adversaires politiques…
Bien sûr, ça s’active pour mettre au point de meilleurs détecteurs de “fakes” - mais cela ne pourra pas être utilisable dans toutes les situations.
Source (THE ECONOMIST - Apr 20th 2017) : https://www.economist.com/news/science-and-technology/21721128-you-took-words-right-out-my-mouth-imitating-peoples-speech-patterns
jeudi 20 juillet 2017
Activité physique - quid selon les pays ?
Estimation des inégalités d’activité physique dans le monde, grâce aux smartphones
On estime que l’insuffisance d’activité physique se traduit par plus de 5 millions de décès par an dans le monde (environ 10% de la mortalité mondiale) - dont la moitié en raison de l’obésité. On ne savait pas bien mesurer les mécanismes en œuvre .
La diffusion des smartphones avec un compteur de pas incorporé, a permis quelques avancées à cet égard. Une base de données anonyme portant sur près de 70 millions de journées d’activité par plus de 700 000 personnes dans plus de 100 pays a été constituée.
Premières conclusions :
- Ne pas confondre niveau d’activité physique dans un pays et inégalité de cette activité au sein de la population.
- L’inégalité activité (classiquement mesurée par le coefficient de Gini) est due en bonne partie à une moindre activité physique chez les femmes.
- L’inégalité d’activité est un meilleur indicateur de la tendance à l’obésité dans le pays.
- Un urbanisme qui favorise la marche à pieds, réduit le décalage d’activité entre hommes et femmes et l’inégalité d’activité en général - d’où une diminution de l’indice de poids (IMC).
Coefficient de Gini
C’est une mesure globale de l’inégalité.
Globale, parce que cette inégalité peut être plus ou moins concentrée au sein de la population étudiée - par ex. : concentrée chez les très riches, ou bien englober principalement la classe moyenne.
Un graphique permet de s’en faire une idée :
Le trait rouge montre comment la richesse se répartit :
Horizontalement, on a le pourcentage de la population.
Verticalement, on a le pourcentage des richesses.
La surface jaune permet de voir l’importance de l’inégalité :
En 1, tout le monde est égal en richesse.
Si on choisit un point sur les courbes 2 ou 3, on voit par exemple que la moitié de la population (milieu en horizontal) n’a que 30% ou même 15% des richesses.
En 4, personne n’a rien - sauf le dernier, très riche, qui possède la totalité des richesses.
Le coefficient de Gini est le rapport entre la surface jaune et le triangle du bas.
Cette mesure n’est pas limitée à l’inégalité des richesses :
Elle est valable dans beaucoup de situations (poids des personnes ; articles qui se vendent plus ou moins bien dans un magasin…)
IMC : indice de masse corporelle
Cet indice donne une première indication sur la maigreur ou le surpoids d’une personne.
On le calcule en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. Exemples :
Une personne de 1,41 m pèse 60 kg. Son IMC est de 30 (60 / (1,41 x 1,41).
Une personne de 1,73 m pèse 66 kg. Son IMC est de 22 (66 / (1,73 x 1,73).
On considère qu’entre 18,5 et 25 l’IMC est normal.
Au-dessous, on est maigre (et à moins de 16,5 en dénutrition).
Au-dessus, on est en surpoids (et à plus de 30 en obésité modérée, puis sévère à partir de 35).
De façon plus détaillée
- L’activité physique améliore le fonctionnement des muscles et du squelette, retarde le déclin cognitif, réduit les symptômes d’angoisse et d’anxiété, et aide à garder un poids satisfaisant.
- L’usage des smartphones (près de 70% des adultes dans les pays développés et près de la moitié dans les autres pays) avec compteur de pas incorporé, a permis une étude relativement détaillée à grande échelle.
- Cette étude s’est concentrée sur 42 pays (sur les 111 de l’ensemble de la base), pour lesquels on avait des données d’activité pour au moins 1000 personnes. D’où un biais en direction des pays à haut revenu (32 pays sur les 42, et 90% des personnes).
- La moyenne est autour de 5000 pas, répartis sur une durée de 14 heures dans la journée.
- Les résultats statistiques ont été ajustés en fonction de la répartition des âges, du genre, des classes de poids, et du type d’activité.
Japon, USA, Grande-Bretagne, Arabie saoudite
Le premier graphique indique comment se répartit le nombre de pas dans la journée : d’un côté le Japon avec 5850 pas en moyenne ; de l’autre l’Arabie saoudite avec 3100 pas.
Le second graphique montre que la courbe japonaise est plus resserrée que la courbe saoudienne (où il y a donc plus d’inégalité en Arabie qu’au Japon).
Une analyse sur les 42 pays plus précisément étudiés montre qu’il y a une importante corrélation entre le taux d’obésité et l’inégalité d’activité mesurée par le nombre journalier de pas.
Dans les 5 pays à l’activité physique la plus inégale (coefficient de Gini autour de 0,31 - dont Arabie saoudite, USA, Afrique du Sud, Égypte) on a beaucoup plus de risque d’être obèse (27%) que dans les 5 pays à l’activité la plus resserrée (coefficient de Gini autour de 0,24 - dont Japon, Chine, Taïwan) où ce pourcentage est de 6%.
Ces résultats sont indépendants du genre, de l’âge et du niveau de revenu dans le pays (bémol, vu que des pays à très bas revenu n’y figurent pas).
Activité physique des hommes et des femmes
Alors que dans les pays à faible inégalité d’activité physique les femmes ont un niveau d’activité comparable à celle des hommes, dans les pays à forte inégalité d’activité physique, l’activité des femmes est bien plus faible : ce qui contribue au taux global d’inégalité dans ces pays.
À faible taux d’activité (moins de 2000 pas par jour), les femmes comme les hommes risquent fortement de prendre du poids (30%), alors que si ce taux d’activité est soutenu (en allant vers 10000 pas par jour), le risque pour les femmes est deux fois moindre (10%) que pour les hommes (20%).
Source (revue : Nature) :
vendredi 7 juillet 2017
Chanel - USB
Une clé USB de luxe - bien protégée et rétractable
Avec un tube de rouge à lèvres en fin de parcours et une clé USB de taille compatible. Plus de la pâte à modeler fixante (ex. : SUGRU, vendu 8 € pour 3 sachets de 5 grammes, chez Leroy-Merlin).
- Ouvrir le tube à fond et le nettoyer soigneusement (objet métallique adapté - ex. : petit couteau - et papier de toilette).
- Prendre environ un quart de sachet de pâte pour en faire une boule du diamètre de l’ouverture du tube et la placer au fond.
- Tourner le tube pour qu’il se rétracte et y introduire fermement la clé USB.
- Faire quelques essais pour vérifier que la clé glisse sans problème dans l’étui.
- Laisser ouvert pendant 24 h pour donner à la pâte le temps de sécher.
vendredi 30 juin 2017
Petites histoires de saison
À LOUER
Une propriétaire de Barcelone louait son appartement du quartier de bord de mer. Les ennuis ont commencé lorsqu’elle n'est plus parvenue à contacter son locataire de 26 ans, peu après avoir signé les papiers de location. Après plusieurs visites dans l'appartement, la propriétaire se rend compte que le locataire n'y habite pas, et que le logement est régulièrement utilisé par des touristes de passage.
L'appartement a été mis en location sur la plateforme AIRBNB. Alors qu'il paie un loyer de 950 euros par mois, le locataire propose l'appartement au tarif de 200 euros la nuit en juin et jusqu'à 250 euros en août. Non seulement la propriétaire n'était pas au courant, mais le bail comprenait une clause interdisant formellement que le locataire puisse sous-louer le logement à des touristes.
Après avoir tenté en vain de faire réagir AIRBNB, elle finit par prendre les choses en main. Avec son époux, elle se fait passer pour une touriste souhaitant louer l'appartement. Une fois à l'intérieur du logement, ils font changer toutes les serrures.
Il s’avère que le locataire malhonnête appartient à une filière spécialisée dans ce type de fraude. Cette histoire a permis découvrir des cas similaires. La pression touristique est telle à Barcelone que l’on compte désormais plus de locations de particuliers que d'hôtels. La ville avait déjà condamné AIRBNB à une amende de 600.000 euros en 2016 pour avoir loué des appartements sans les autorisations nécessaires.
Onze jours après l'enterrement, le père a reçu un appel téléphonique.Un ami de famille, qui avait aidé à porter le cercueil, avait devant lui celui qu’il pensait mort depuis des semaines. | |
https://www.washingtonpost.com/national/california-father-buries-wrong-man-after-coroners-mistake/2017/06/24/e3126f68-594a-11e7-840b-512026319da7_story.html?utm_term=.cd65b60b151e
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Repéré par SLATE dans le WASHINGTON POST du samedi 24 juin.
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Cela s’est passé du côté de Los Angeles, début mai : un Américain de 82 ans reçoit un coup de téléphone des autorités du comté d’Orange. Son fils de 57 ans est décédé, les médecins l’ont identifié grâce à des empreintes digitales. Le rapport du médecin légiste est sans appel : âge, chevelure et couleur de l’iris correspondent à la signalisation. Des dizaines de proches sont venus de loin pour rendre hommage à Frank.
Onze jours après la cérémonie, le père Kerrigan reçoit l’appel d’un ami de la famille. Celui dont il avait porté le cercueil quelques jours auparavant se tient à présent devant lui.
Le choc lié au deuil a sûrement empêché le père de reconnaître que la personne dans le cercueil n’était pas son fils lorsqu’il l’a alors ouvert. La famille a décidé de poursuivre le cabinet de médecins légistes, considérant qu’ils avaient violé les droits civiques de Frank, qui ne touche désormais plus les indemnités de la sécurité sociale, puisqu’il a été déclaré mort.
Une enquête sera menée… pour savoir comment une telle négligence a été possible, mais aussi pour confirmer l’identité de l’homme enterré dans le caveau familial.
samedi 17 juin 2017
Un "modèle" pour le "Secret de la Licorne"
TINTIN - MAQUETTE AD HOC
C'est un objet exceptionnel pour l'histoire de la bande dessinée qui sera vendu aux enchères le 19 juin prochain à Bruxelles. Une maquette du vaisseau La Licorne construite pour Hergé lui-même. Ce modèle devait l’aider à dessiner l'album Le secret de la Licorne. Trois mâts, cinquante canons, 55 centimètres de la poupe à la proue, avec des voiles en lin. Le vaisseau du Chevalier de Hadoque.
Pour ses scènes de bataille navale, le dessinateur de Tintin demande conseil à son ami Gérard Liger-Belair, un maquettiste professionnel. Celui-ci dessine les plans de la Licorne et lui construit un modèle qu'il livre plus tard.
Entre la maquette et les dessins, des différences : son éditeur était pressé d'imprimer l'album. Comme Hergé n'a reçu son modèle qu'in extremis, il n'a pas pu l'utiliser autant qu'il l'aurait voulu.
Une pièce de musée qui pourrait se vendre entre 15 et 20 000 euros.
Source :
jeudi 15 juin 2017
Du corps, la peinture fait un objet - avec le visage, elle rétablit le sujet
Ein Gespräch mit Hans Belting:
Im Westen hat das Antlitz eine andere Bedeutung als im Orient
von Ursula SCHEER
Quelques indications très schématiques en français sur l’article original qu’on pourra lire ensuite :
Dans la culture européenne, le visage est un support des symboles de la personne.
Nous n’avons pas de voile mais le masque - mais nous faisons la confusion.
Pour nous le visage exprime la vérité - plus le danger parfois de perdre la face.
Dans la religion chrétienne, on débouche sur une question théologique sur le véritable visage du Christ, du fait de sa double nature (Dieu fait Homme).
À la Renaissance, le portrait devient un genre en soi, important pour la représentation de la personne. Tout codé qu’il soit, il dénote une évolution vers l’individualisation.
Le masque - visage très typé qui affiche un rôle - va être attaqué à l’époque des Lumières, au nom d’une exigence de vérité.
Déjà le carnaval, le théâtre - sur des durées limitées - autorisaient des changements de rôle. L’idée se dégage que le masque peut aussi être libérateur (WILDE : Si on veut savoir ce que quelqu’un pense et ressent vraiment, lui faire porter un masque).
La peinture profane privilégiant le corps (surtout féminin) en fait un objet, alors que celle du visage rétablit le sujet.
Aujourd’hui, on demande aux médias de capter le vrai visage derrière le visage qu’on présente au public.
Il y a eu interdiction du voile (par les colonisateurs, par Atatürk, par le Shah…) parce qu’on le considérait comme un obstacle à la modernité - c’est une attitude qui se maintient aujourd’hui.
Herr Belting, Sie haben sich intensiv mit der Rolle des Gesichts in unserer Kultur befasst. Inwiefern berührt die Debatte um die Vollverschleierung der muslimischen Frau einen Kernbereich unserer Zivilisation?
Das Gesicht ist Ausdrucksträger und als solcher auch Zeichenträger der Person in der europäischen Kultur. Wir haben in unserem Kulturkreis keinen Schleier vor dem Gesicht, aber die Maske als Gegensatz des offenen Gesichts. Deswegen bewerten wir den Schleier als Maske und nicht als Diskretion. Die Maske entstammt der Welt des antiken Theaters und hat in der Moderne ihre Bedeutung als Zeichenträger an das Gesicht abgegeben. Das echte Gesicht steht in unserer Kultur für den Ausdruck der Wahrhaftigkeit, aber auch der Gefährdung. Man kann sein Gesicht verlieren.
Wie entwickelte sich die europäische Geschichte des Gesichts nach der Antike?
In der christlichen Religion verbindet sich das Gesicht mit der theologischen Frage nach dem wahren Gesicht Christi. Die Geschichte der Ikone beginnt mit der Debatte um die Doppelnatur Jesu. Welches Gesicht zeigt er? Im Theater der Renaissance wird die antike Maske nicht mehr eingeführt, sondern das Gesicht übernimmt ihren Rollencharakter. Im 18. Jahrhundert schließlich wird das höfische Gesicht zum Stein des Anstoßes.
Ja. „Persona“ ist bekanntlich der lateinische Begriff für Maske, bevor er die Person kennzeichnet. Das Rollengesicht wird im Zeitalter der Aufklärung zum Ziel der Angriffe. Rousseau will das höfische Maskengesicht herunterreißen. Es war eine Forderung nach Wahrheit.
Gesicht zu zeigen verbindet sich mit politischer und gesellschaftlicher Partizipation und Repräsentation.
Dabei handelt es sich um eine Paradoxie. Das öffentliche Ich, im Englischen Persona, stellt sich mit dem Gesicht dar und entzieht sich dem Blicktausch. Deswegen verlangt man heute von den Medien so gerne, dass sie hinter dem öffentlichen Gesicht das echte Gesicht einfangen.
Gesicht ist nicht gleich Gesicht.
Ja. Auch das natürliche Gesicht kann Kommunikation verweigern. Wer sein Gesicht verschließt, entzieht sich der Lesbarkeit.
Wie sind die Sichtbarkeit des Gesichts und der Stellenwert des Individuums in der Kunst- und Kulturgeschichte miteinander verbunden?
In der Renaissance wird das Porträt die wichtigste Bildgattung für die Repräsentation einer Person. Im europäischen Tafelbild macht das Porträt das Selbst zum Thema. So wird das Porträt mit seiner gesellschaftlich kodierten Sichtbarkeit zum Träger des Individualisierungsprozesses.
Und das Gesicht wird zum Statthalter des Individuums, Ausdruck seiner Würde.
Aber die Situation bleibt paradox: Das Gesicht stellt die Person dar, aber stellt auch die Person aus.
Die Maske im europäischen Kulturkreis hat ihren Ort im Kult, im Theater und im Karneval, in zeitlich begrenzten Spektakeln, in denen Rollenwechsel einer sozialen Übereinkunft folgen.
Das wiederum führt zu der Vorstellung, dass die Maske ihren Träger befreien kann. Wie Nietzsche sagt, ist man nur frei in der Maske. Und Oscar Wilde führt den Gedanken weiter, wenn er sagt: Wenn du von jemandem wissen willst, was er wirklich denkt und fühlt, dann setze ihm eine Maske auf, und er wird es dir sagen.
Weil sie eine asymmetrische Situation schafft: Ich sehe etwas von dir, was du von mir nicht siehst?
Genau. Eine asymmetrische Blicksituation bedeutet immer Machtgewinn oder Machtverlust. Für die eine oder die andere Seite.
Diesen Effekt zeitigt auch die Vollverschleierung der Frau. Gibt es in der europäischen Kultur eine vergleichbare Tradition des Gesichtsentzugs?
Man kann die Halbmaske der italienischen Commedia dell’Arte sicher nicht dazurechnen und auch nicht den Karneval, denn in den Spektakeln wird uns ja ein anderes Gesicht gezeigt oder geradezu aufgedrängt, ein Gesicht, in dem wir einen Typus erkennen. Aber das ist eine andere Ebene. Eine Analogie zum blickdichten Tuch vor dem Gesicht oder dem vergitterten Blick der Burka haben wir nicht.
Beispiele für ähnliche Verhüllungen im Westen sind der Henker, der Räuber und der vermummte Demonstrant, die unerkannt Gewalt ausüben wollen. Liegt darin ein Grund, dass die Vollverschleierung auf Aversionen stößt?
Das kann ich mir schon denken. Und dann gibt es noch den religiösen Bereich: Karfreitagsprozessionen...
...in denen Büßer sich unter Stoffhauben verbergen...
...und die Aneignung solcher religiös aufgeladener Symbolik etwa durch den Ku-Klux-Klan.
Keine angenehmen Assoziationen. Einer Gesichtsbedeckung, die nur die Augen freilässt, haftet etwas Unheimliches an. Warum?
Das ist interessant. Das Auge ist nicht mehr Teil des Gesichts und wird vom Gesicht nicht mehr interpretiert. Das Auge in der Maske gewinnt immer über das Auge in einem offenen Gesicht, weil es im Ausdruck nicht mehr gedeutet werden kann.
Sie werden zu Augen ohne Körper.
Ja, es handelt sich um einem körperlosen Blick. Und das ist auch bei der Verschleierung, die nur einen Augenschlitz freilässt, der Fall.
Das erinnert mich daran, dass der Ursprung der Maske im Totenkult liegen soll.
Das ist zumindest meine These. Man hat dem Totenschädel, dessen Gesicht verwest ist, das Gesicht in der Maske zurückgegeben. So werden die Toten symbolisch mit einem Leihgesicht ausgestattet.
Aus welchem Kontext stammt der islamische Gesichtsschleier?
Der Gesichtsschleier steht dort in einem viel größeren Zusammenhang. Er ist Teil von Blickregelungen im Blicktausch zwischen den Geschlechtern. Die Frau verbirgt sich. Vom Mann wird erwartet, dass er den Blick abwendet. Die Geschlechter haben sich auch in der Sprache, die sie miteinander tauschen, gleichsam verschleiert. Sie sprechen, was der Code zulässt. In der Sprache muss sich ein Mann anzeigen, dass er sich der Wohnung einer Frau annähert. Und denken Sie an die Architektur. An das Gitterfenster, hinter dem die Frau in die Öffentlichkeit blickt.
Als problematischer Anblick gilt nur die Frau. Es gibt keine Verschleierungsregelungen für Männer?
Das stimmt. Die Blickregelung betrifft aber auch Männer: Im iranischen Film seit Chomeini war es ein großes Thema, dass die Geschlechter keine direkten Blicke tauschen dürfen.
Das Argument für die weibliche Verhüllung im Islam lautet, sie schütze vor Männerblicken. Den anstößigen Blick des Mannes gibt es auch in der europäischen Kulturgeschichte. Ich denke an die Ikonographie der Susanna im Bade. Er richtet sich aber auf den Körper, nicht auf das Gesicht.
Ja, absolut. In der profanen Kunst steht aber der Körper der Frau im Vordergrund. Der Körper macht die Frau zum Objekt und entzieht ihr das Recht auf ein Subjekt. Das Gesicht ist Zeichen des Subjekts.
Weil das Gesicht uns als Ausdruck des Geistes und des Intellekts gilt?
So ist es. Seit der Antike gibt es die Metapher vom Auge als Fenster der Seele. Man ist auch relativ verletzlich durch die Offenheit des Gesichts. In den Vereinigten Staaten irritierte mich anfänglich, dass mich Frauen auf der Straße breit anlächelten, bis ich verstand, dass das eine Abwehr war gegen meinen Versuch, sie anzublicken.
Konflikte um den Gesichtsschleier gab es auch in der Kolonialgeschichte und unter westlich orientierten Herrschern im islamischen Kulturkreis.
Die französischen Kolonialherren haben den Frauen in Algerien den Gesichtsschleier verboten. Das haben aber auch Kemal Atatürk in der Türkei und der Schah von Persien getan, denn sie erachteten den Schleier als Hindernis auf dem Weg in die Moderne. Wir stehen in dieser Tradition, wenn wir den Schleier heute verbieten. Als eine moderne Gesellschaft halten wir uns für aufgeklärt und frei, und jetzt kommt in einer neuen Weltlage der Schleier zu uns. Die Debatte um den Schleier ist aber nicht mehr zu trennen von der Unterdrückung der Frau im islamischen Fundamentalismus, der in sich einen Affront enthält gegen bessere islamische Traditionen.
Gab es in der europäischen Kunstgeschichte Phasen, in denen die Frau nicht bildwürdig gewesen wäre?
Nein, Maria hat im Monotheismus die Frau in der Religion bildwürdig gemacht.
Und doch ist das meist besuchte Bild im Louvre die Gioconda.
Ja, weil ihr Lächeln so unergründlich ist. Ihr Lächeln scheint ein Geheimnis zu bergen. Und man darf nicht vergessen, dass sie eines der frühesten Porträts war, das das Lächeln zugelassen hat.
Hans Belting, emeritierter Professor für Kunstwissenschaft und Medientheorie, gehört zu den Mitbegründern der Staatlichen Hochschule für Gestaltung in Karlsruhe und lehrte unter anderem an Hochschulen in München, Heidelberg und Chicago.
2014 erschien bei C.H. Beck sein Buch „Faces: Eine Geschichte des Gesichts“.
L’article ci-dessus, paru en décembre 2016 dans le FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung) a été repéré dans VOCABLE-allemand.
L’ouvrage qu’il analyse, traduit en français, a été publié chez Gallimard en février 2017
Hans BELTING - Faces, Une histoire du visage
Trad. de l'allemand par Nicolas WEILL - Collection Bibliothèque des Histoires, Gallimard.
Comme on le verra, la tonalité de la présentation par l’éditeur français diffère parfois de celle de l’entretien accordé au journal allemand :
L'homme n'est nulle part aussi présent que dans son visage. C'est pourquoi l'humanité s'est toujours efforcée d'en décrypter le mystère et de le fixer en image. La grande histoire du visage qu'entreprend ici Hans Belting, la première du genre, est un voyage à travers l'histoire de la civilisation européenne.
Cette histoire montre la course éperdue des images, leurs tentatives sans cesse renouvelées pour capturer le visage animé et leur échec permanent à le saisir comme Moi humain. Lorsque l'homme paraît sur un tableau, c'est toujours le visage qui en occupe le centre. En même temps, ce visage, dans son caractère vivant, se dérobe à toutes les tentatives de le fixer en image.
La vie pousse sans cesse à forger des images nouvelles, mais elle se soustrait à toute norme de représentation. L'art européen du portrait des Temps modernes n'a, pour l'essentiel, réussi qu'à engendrer des masques. Et même quand le cinéma projette le visage à l'écran dans une intimité sans pareille, il ne peut remplir la tâche qu'il s'est assignée de porter enfin l'être humain à l'image dans sa réalité.
Tout travail sur le visage est un travail sur l'image, et par conséquent sur le masque. Telle est la tension dont ce livre explore le secret. Dans les masques de théâtre, les mimiques des acteurs, dans la peinture de portrait, la photographie, dans les films, dans l'art contemporain, Hans Belting exhume les diverses recherches qui ont visé, en vain, à se rendre maître du visage.
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