mercredi 1 avril 2015

Journées internationales AVRIL


AVRIL 2015

30 avril
Journée internationale du Jazz
Journée mentionnée à la date du lundi 27 selon le site WIKIPEDIA en français – mais sans plus de précision… alors que PARIS en est le siège de sa célébration en 2015. Ainsi que le précise le message de la Directrice générale de l’UNESCO (qui l’organise depuis 2011) repris sur les sites en anglais et en espagnol, c’est le jeudi 30 avril.

Journée de la Non-violence Éducative
Journée mentionnée sans plus de précision sur le seul site en français.

Journée nationale du Sourire
Dernier mercredi du mois d’avril. Créée au Canada en 1993.
29 avril
Journée internationale de la Danse
Mise en place en 1982 par le Comité international de la Danse de l’ITI (Institut international du Théâtre – lié à l’UNESCO).

Day of Remembrance for all Victims of Chemical Warfare
Journée reconnue par l’ONU depuis 2005 – journée mentionnée sur les sites en anglais et en espagnol mais pas par celui en français.
28 avril
Journée internationale des Accidents du Travail
Journée internationale selon le site WIKIPDIA en français – mais sans plus de précision, elle est, selon les sites en anglais et en espagnol une journée mondiale – qui a trait à la Sécurité et à la Santé du Travail. Elle est aussi considérée comme une journée de souvenir et de deuil des personnes accidentées, handicapées ou tuées dans leur travail. Initiée au Canada en 1984, elle a été officialisée par l’Organisation Internationale du travail (OIT) en 1996.
26 avril
Journée mondiale de la Propriété Intellectuelle
Journée organisée depuis 1999 par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).
Thème pour 2015 : Tous pour la Musique (Get Up, Stand Up, en référence au 1er titre enregistré par Bob Marley en 1963.
25 avril
Journée mondiale du Paludisme
Journée Africaine du Paludisme (OMS,  UNICEF, Banque Mondiale, PNUD, en 2001), elle est devenue mondiale en 2007.
24 avril
World Day for Laboratory Animals
Journée établie en 1976 par la National Anti-Vivisection Society britannique.
23 avril
Journée mondiale du Livre et du Droit d’Auteur
Journée considérée comme Journée mondiale ou internationale du Livre selon les cas.
C’est Incheon (Corée du Sud) qui a été déclarée Capitale du Livre en 2015 – ce sera Wrocław (Pologne) l’année prochaine.
Établie sous l’égide de l’UNESCO en 1996.
Selon les pays, s’y rattache le Droit d’Auteur ou le Copyright – ce qui n’est pas exactement la même chose.

English Language Day
Approuvé par l’ONU en 2010 pour promouvoir le multilinguisme en son sein.
Comme le chinois, le français, l’arabe, l’anglais et le russe, l’anglais est l’une des langues officiellement en usage aux Nations Unies.
Le 23 avril serait l’anniversaire de la naissance de Shakespeare.

Día del Idioma Español
Le Journée de l’Idiome a pris naissance à Valencia en 1926. Elle s’est étendue internationalement depuis.
Ne pas confondre avec le Día de la Lengua Española en las Naciones Unidas (12 octobre).
Elle correspond à l’anniversaire de la mort de Miguel de Cervantès (400ème anniversaire en 2016).
Elle est organisée sous la responsabilité de l’Institut Cervantès qui promeut l’enseignement de cette langue à travers le monde.
22 avril
Journée mondiale de la Terre
Initiée au début des années ’70 par un sénateur américain et reconnue par l’ONU en 2010, elle s’est étendue depuis à la plupart des pays comme Journée mondiale ou internationale de la (Mère) Terre.
En concurrence avec la Journée mondiale de la Nature (3 mars – ONU depuis 2013), et celle également mondiale de l’Environnement (5 juin – ONU depuis 1972).
20 avril
Semaine mondiale de la Vaccination
Organisé depuis plusieurs années (mais à des dates variables et selon la bonne volonté des pays) sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette mobilisation s’est généralisée et un regroupement s’est opéré vers fin avril.
Depuis une dizaine d’années, il en existe une variante : la Semaine Européenne de la Vaccination.

Día de la Lengua China en las Naciones Unidas
Journée approuvé par l’ONU en 2010 pour promouvoir le multilinguisme en son sein.
Comme l’espagnol, le français, l’arabe, l’anglais et le russe, le chinois est l’une des langues officiellement en usage aux Nations Unies.
En hommage à Cang Jie (l’homme aux quatre yeux, lui permettant de voir les secrets du ciel et de la terre), qui aurait inventé les caractères chinois, il y a 5 000 ans.

Foro Permanente para las Cuestiones Indígenas de la ONU
Établi en 2000 par le Conseil Économique et Social de l’ONU.
Il s’étend sur une dizaine de jours.
18 avril
Día internacional de los Monumentos y Sitios
Approuvé par l’UNESCO en 1983.
17 avril
Journée mondiale de l’Hémophilie – World Hemophilia Day
Organisée par la World Federation of Hemophilia depuis 1999.
16 avril
Journée mondiale de la Voix
Organisée à Toulouse depuis 2005.

Día mundial contra la Esclavitud Infantil
Promu par des ONG depuis, semble-t-il, 2004.

Fête des Secrétaires
Organisée depuis 1952 aux États-Unis et depuis 1991 en France, le 3ème jeudi d’avril.
15 avril
Día mundial del Arte
Organisé depuis 2012 par l’International Association of Arts.
14 avril
Día de las Américas
Organisé depuis 1931 par les républiques souveraines des Amériques – surtout par les pays latino-américains.
Il y a un hymne en espagnol où les États-Unis sont cités comme Norteamérica.
Le Mexique, le Honduras, le Guatemala et Haïti ont fait de ce jour une fête nationale.
12 avril
Journée mondiale d’action des Dépenses Militaires

International Day of Human Space Flight
Día internacional de los Vuelos Espaciales Tripulados
11 avril
Journée mondiale de la Maladie de Parkinson
8 avril
Journée internationale des Roms
International Romani Day
7 avril
Journée mondiale de la Santé
World Health Day
Día mundial de la Salud

Day of Remembrance of the Victims of the Rwanda Genocide
Día internacional sobre el Genocidio cometido en Ruanda
6 avril
Día internacional del Deporte para el Desarrollo y la Paz
4 avril
Journée internationale de la Sensibilisation au Problème des Mines et à la Lutte Anti-mines
International Day of Awareness and Assistance in Mine Action
Día internacional de Información sobre el Peligra de las Minas y de Asistencia para las Actividades relativas a las Minas
2 avril
Journée mondiale de la Sensibilisation à l’Autisme
World Autism Awareness Day
Día mundial de la Concienciación sobre el Autismo

Journée internationale du Livre pour les Enfants
International Children’s Book Day
1er avril
April Fool’s Day




lundi 16 mars 2015

Spams - Hiver 2014-15

N.B.: Prochaine liste à la fin du printemps 2015

Les domaines et adresses ci-dessous avaient été utilisés pour faire parvenir des spams non sollicités à une demi-douzaine de destinataires au cours de l’automne-hiver 2014-2015. Au-delà du titre, ce qui suit porte sur les 6 mois de l'automne 2014 et de l'hiver 2015.

Au fur et à mesure des constats, nous les avons mis sur deux listes d’utilisateurs bloqués : celle proposée par la messagerie et celle proposée par le logiciel de protection.

Remarque : la réapparition de spams, dont les expéditeurs avaient pourtant été bloqués à l’origine, laisse à penser que ce n’est pas très efficace. Cela fournit néanmoins une mémoire qui, en cas d’incertitude, accélère la décision d’accepter ou refuser.

Les noms de domaines ont été privilégiés afin d’éviter d’avoir à noter une foultitude d’expéditeurs de spams différents résidant sous le même toit. À l’expérience, on repère approximativement quels sont les domaines qui se spécialisent dans l’envoi de spams. Dans d’autres cas, il se peut que – par manque de rigueur – un domaine laisse quelques-uns des utilisateurs qu’il abrite jouer à ce jeu… ce qui ternit sa réputation.

Quand nous n’avions pas de raisons fortes de garder le contact avec ces domaines (ex : fournisseurs bien connus ou non) nous les avons mis sur les listes d’expéditeurs bloqués – même si cela ne tenait qu’à quelques pollueurs individuels opérant sur leur domaine.

Les fournisseurs généraux d’adresses n’ont évidemment pas été bloqués en tant que domaines (gmail, yahoo, orange, free…). Ce sont les adresses individuelles qui ont été mises dans les listes.

À la demande fréquemment formulée dans le message de spam de se désabonner, il n’a pas été donné suite, puisque c’est fréquemment un moyen de s’assurer que l’adresse du destinataire est valide et – éventuellement – de la revendre à d’autres émetteurs de spams.

Voici ce à quoi nous sommes parvenus sur 6 mois. Cela comporte plus de 150 entrées dont environ 10% d’adresses individuelles, rassemblées à la fin :

@169.cc – @77d.me

@a6telecom.fr - @aclama.com - @acluk.com - @activeware.com - @adamsstation.com - @aep.com - @arcomail.de - @arepa.org - @askcom.au - @atlanta.com - @atlantistarget.com - @atlsky.com -@axmr.fr

@b2b2.com - @bankozarks.com - @bgrup.es – @birch.com - @birdbgone.com - @bongfaschist.de – @bouffesdunord.com – @bplb.com - @bradslinkard.com - @budaianbarta.com

@cadeautheque.pro - @cambridgebiomedical.com – @cathey-corp.com - @centurion.net - @collectionstrust.org.uk - @come-see-entertainment.com - @communication.pndata.fr - @conservationvolunteers.com-au - @crcdj.com - @cyberis.fr

@dannyandnicole.com - @dcrsd.com - @donation.org - @donegalmeatprocessors.com - @dougouple.com - @drive.com.au - @dunod.churchill.fr

@e-elgar.co.uk - @easy-net125.info - @em03.fr – @email.opodo.fr - @emailing.bayardweb.com - @emailing.croire.com – @emiratesbank.com - @entergy.com – @eurpassistance.it - @exchangemta.com - @excite.fr - @eyestorm.com

@fogiesfollies.com - @freeprizepalace.com – @fuzeglobal.com

@gardnermarsh.com – @gc.anoneem.com - @geomailing.fr

@hawainc.com - @hqsoile.becomine.org - @hybrid4all.com - @hybride4all.com

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Adresses individuelles enregistrées chez des opérateurs ayant pignon sur rue :

@apple.fr
no-reply
@free.fr
caro.de.kerga
@gmail.com
bonte.francis – clotilde.giraud – desroulettes – travaildunet – web938381
@opodo.fr
newsletter
@orange.fr
catherine.marais505 – gerard.billot8 – jeromegerard7 – les-cent-ciels – patrick.bouvier63 – saugon1
@wanadoo.fr
alainschwartz – jumelage.aix
@yahoo.fr
brigittebrami – devonchristian54



dimanche 15 mars 2015

La mode est morte, vive l’anthropologie

  
Li EDELKOORT, Néerlandaise de 65 ans et Parisienne d’adoption, a fait de la mode sa vie, au point d’être aujourd’hui l’un des oracles de tendance les plus influents au monde. Elle vient de publier un manifeste qui proclame la mort de l’industrie de la mode telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Depuis des décennies, le système travaille à son autodestruction. Les écoles de stylisme élèvent des divas du catwalk au lieu de former des designers industriels. Les créateurs font des sacs à main et des chaussures au lieu de s’attarder sur la sémantique du vêtement. Les journalistes et blogueurs de mode vivent sous perfusion de cadeaux. Les designers travaillent sur écran, ignorant tout des propriétés de la matière. Le prix des vêtements n’a plus aucun sens en regard du travail qu’ils requièrent. L’industrie de la mode est morte. Et personne ne la regrettera.

Extrait de l’entretien :

La mode, c’est un changement de silhouette qui marque une époque. Or, aujourd’hui, nous vivons une période d’absence de mode. Les défilés, sans intérêt, sont devenus coûteux : le prix est reporté sur le client.

Les gens mettent leur énergie dans la décoration de leur propre corps. Le vêtement a moins d’importance pour exprimer sa personnalité. La location, le partage, le troc, les achats collectifs sont les nouvelles manières de consommer.

Ces tendances vont de pair avec l’émergence d’une jeunesse éduquée, de bon goût, mais qui n’a pas d’argent. Un problème est la dépendance des capitaux et l’aversion au risque : les investisseurs exigent un retour sur investissement régulier, et la créativité est sacrifiée. La culture du like apportée par Facebook a engendré une écriture journalistique qui ne sait qu’admirer.

Les académies fondent leur enseignement sur les modèles de succès d’hier. Ces formations ne mettent l’accent ni sur la dimension industrielle du vêtement, ni sur l’artisanat. Or ce sont ces deux aspects-là de la création de vêtement qui ont le plus d’avenir.

Quand il n’y a plus de mode, il faut trouver l’inspiration ailleurs. Aujourd’hui, dans la création de vêtement et dans bien d’autres domaines, l’anthropologie s’impose comme la discipline du futur. Autre conséquence, la mort de la mode, c’est aussi le regain d’intérêt pour le vêtement lui-même. C’est ce qui me fait croire au retour des ateliers de couture comme laboratoires de réflexion.

LE TEMPS, quotidien de Suisse romande, édité à Genève et Lausanne


mardi 10 février 2015

Dormez bien, braves gens


Au cours du printemps 2015, nous avons noté les appels non sollicités ou tentatives d’arnaque qui sont arrivés sur nos lignes téléphoniques ainsi que messages de type spam sur nos messageries

Une petite vingtaine d’experts médicaux dont un tiers spécialisés sur les questions du sommeil ont pondu leurs recommandations pour la Fondation américaine relative à ce thème.
D’où le tableau ci-dessous.

C’est selon l’âge.
La durée recommandée est en bleu foncé.
Tant qu’on reste dans le bleu clair, ça va encore.
En jaune ou en orange : il ne faut pas exagérer.

Commentaires :
Chaque cas est particulier.
Il est important de faire attention à vos besoins.
Si vous dormez suffisamment et vous sentez bien, continuez à ce rythme.




lundi 5 janvier 2015

Foison de spectacles


Dans son blog du 2 janvier, la critique théâtrale, Armelle HÉLIOT, constate l’avalanche de plus d’une centaine de créations pour le seul mois qui commence, ainsi que l’impossibilité de faire un choix serein puis d’en rendre compte de façon réfléchie :

Que faire lorsque l'on recense près de quatre-vingt créations à Paris et en région parisienne et plus d'une trentaine dans les régions.
Que faire lorsque tous ces spectacles ne représentent que les nouvelles productions du mois de janvier 2015.

On a beau faire, le mois ne compte que 31 soirées et rares sont les artistes prêts à accepter les journalistes avant lundi 5 janvier...

Que faire ? Comment choisir ? Et quelle place dans les médias devant une telle inflation ?
Une trop grande quantité de spectacles étouffe le sens. Comment faire comprendre que le théâtre est essentiel ?

Si l'on arrive à voir une trentaine de spectacles d'ici la fin du mois, c'est que l'on aura sacrifié tout autre espace de réflexion.
On surconsomme sans avoir une vision d'ensemble.
C'est cela le plus grave et le plus décourageant...


samedi 4 janvier 2014

D'une langue à l'autre


CONDENSÉ
La presse en ligne est abondante.
Ce qu’on y trouve est inégal.
Je n’y ai sélectionné que quelques titres et repéré quelques articles.
Ce qui suit est le condensé de deux d’entre eux.

(LE TEMPS – Quotidien de Suisse romande – 25 septembre 2012 – Anna Lietti)

Et voilà pourquoi l’allemand met le verbe à la fin C’est ce que nous explique Heinz Wisman, philosophe allemand qui vit et enseigne à Paris.

Une affirmation, une nuance : Pour être parlé, le Hochdeutsch suppose que les locuteurs soient libérés de la contingence des affects… Mais, en pratique, la plupart du temps, les Allemands parlent, une langue intermédiaire, syntaxiquement en rupture avec le carcan du pur Hochdeutsch, qui est terriblement contraignant.

Par exemple : Le français place le déterminant après le déterminé : Une tasse à café. En allemand, c’est l’inverse : Eine Kaffeetasse. Étendu à l’ensemble de la phrase, ce renvoi à plus tard demande une discipline de fer. Les présentateurs des informations télévisées lisent en général leur texte : il leur serait malaisé d’improviser.

Par ailleurs, cette structure syntaxique limite la spontanéité de l’échange – on ne peut pas interrompre un Allemand qui parle – l’interlocuteur est obligé d’attendre la fin de la phrase pour savoir de quoi il est question.

Les Français peuvent se permettre de s’interrompre, parce que l’essentiel est posé d’emblée et l’accessoire suit. Aux oreilles d’un Allemand, ce sont des gens qui parlent tous en même temps.

Cette rigidité puise son origine dans la traduction des Évangiles par Luther. Pour faire court, avant d’être adopté comme langue nationale, le Hochdeutsch a été une langue littéraire, puis administrative, mais pas vraiment parlée.

Ainsi, placer le verbe à la fin de la phrase veut dire que le verbe est essentiel. Il porte l’ensemble de l’énoncé. Par contraste, la phrase latine est conçue à partir du sujet, sur lequel s’appuie le reste de l’énoncé.

Exemples :

-      La femme est grande. Entre femme et grande, est joue un rôle subalterne. En allemand, le verbe est beaucoup plus puissant. On dit La femme est grand, ce qui suppose un verbe grand être : l’attribut grand du français s'insère ici dans une fonction adverbiale.

-      On retrouve cette différence dans la notion même de réalité : la res latine est une entité nettement circonscrite, à la limite immobile. La Wirklichkeit provient du verbe wirken : agir. Elle correspond à une réalité dynamique.

Certes, on peut aussi dire Realität en allemand, mais pour constater un état de fait, avec une nuance de regret : les rides qui se creusent sur mon front sont une Realität, pas une Wirklichkeit.

-      Par ailleurs, dans les des pays latins (où le soleil est mâle, remarquons-le), la vue est dégagée : la référence est l’espace. En Allemagne (au nord en général), la brume voile la perception visuelle. C’est l’ouïe qui domine.

Répercussion sur la notion d’appartenance : En allemand Zugehörichkeit contient le verbe hören, entendre : on appartient à un groupe si l’on est capable d’entendre son appel. Le rapport au réel passe par l’ouïe (c’est pourquoi la musique constitue l’une des contributions principales des germanophones à la culture universelle).

Chaque langue porte en elle un reflet du réel. Quand je décolle de la mienne pour aller vers une autre, j’enrichis ma capacité à percevoir de la réalité. Je me donne une chance de développer une intelligence réflexive, c’est-à-dire d’aller voir ailleurs et de revenir enrichi de ce que j’ai compris en m’écartant de moi.

Heinz Wisman oppose cette attitude au syndrome identitaire, qui est la forme la plus stupide de l’affirmation de soi : on est fier de n’être que ce que l’on est. C’est comme si les gens ne trouvaient pas d’autre moyen de résister à la mondialisation.

On vit dans un monde très ouvert, mais c’est une fausse ouverture car notre perception de l’ailleurs passe généralement par un filtre unique : celui du globish, cette langue de service, dénuée de toute dimension connotative, qui réduit à la portion congrue notre rapport au réel. L’anglais international ne reflète guère que l’univers des marchandises. C’est très appauvrissant.


(LE TEMPS – Quotidien de Suisse romande – 17 août 2012 – Albertine Bourget)

Prendre une décision ? Un véritable casse-tête. Aux idées rationnelles s’opposent souvent des arguments chargés d’émotivité ou de parti pris. La solution : réfléchir dans une autre langue. C’est ce qui ressortirait d’études auprès de quelque 600 étudiants de langues française, japonaise, coréenne ou anglaise, répartis dans plusieurs pays, et qui avaient tous une excellente maîtrise d’une langue étrangère.

Conclusion : Les biais émotionnels disparaissaient lorsqu'ils réfléchissaient dans cette autre langue – et ce serait un gage d’efficacité et de rationalité.

Deux tests : celui des médicaments et un jeu où on parie.

Test des médicaments – Une maladie risque de tuer 600 000 personnes. Si on choisit le médicament A, on en sauvera 200 000. Si on choisit le B, une chance sur 3 de sauver tout le monde et 2 chances sur 3 de ne sauver personne.

Avec le choix A on est dans un univers certes cruel mais certain. Avec le choix B, plus rationnel, on est en revanche dans un univers d’incertitude.

Dans leur langue maternelle, 4 étudiants sur 5 choisissaient le médicament A. Dans la langue étrangère, 2 étudiants sur 5 seulement.

Jeu où on parie – c’était pour tester la capacité de prendre un risque et de perdre ou bien de ne pas jouer… mais sans rien espérer gagner.

Grosso modo, dans sa langue maternelle, la moitié jouait la sécurité. Dans une langue étrangère, les trois-quarts tentaient le pari.




mercredi 1 janvier 2014

Autour de la musique et de la voix


CONDENSÉS
La presse en ligne est abondante.
Ce qu’on y trouve est inégal.
Je n’y ai sélectionné que quelques titres et repéré quelques articles.
Ce qui suit est le condensé de quelques uns d’entre eux.


Voix et texte

(LE TEMPS – Quotidien de Suisse romande – 17 février 2012 – Jonas Pulver)

La soprano française Natalie Dessay exerce la fascination de l’éther. Sa tessiture de colorature lui a ouvert toutes les scènes, mais, après tant d’années essentiellement offertes au spectacle lyrique, des polypes aux cordes vocales ont dit l’usure, et contraint la star à s’éloigner des plateaux.

Or au don de voix répond un don de soi qui en fait une actrice saisissante. Le texte. Natalie Dessay le chérit par-dessus tout. C’est son paradoxe: alors que durant ses jeunes années, on l’a tant admirée pour sa tessiture vif-argent, elle, ne jure que par le théâtre. Enfant déjà, je savais combien devenir adulte me pèserait. Je préfère jouer, même des histoires déchirantes. Il me faut les mots des autres. Alors je me transforme en conteuse.

Elle s’était initialement essayée aux planches, avait fréquenté un temps la Faculté d’allemand. Mais l’attrait de cette voix incomparable a été plus fort. Une voix infiniment haute et pure, extrêmement agile et très facile, comme elle aime la décrire à la troisième personne.

Au niveau du chant, j’ai l’impression d’avoir accompli ce qui devait l’être. Je rêverais de me lancer dans Puccini ou Wagner, mais je ne suis pas équipée en conséquence. Alors, je vais finir ce que j’ai à faire, et changer d’orientation.

Elle s’imagine. Sur les planches. J’attends d’un metteur en scène qu’il me guide comme on accompagne les premiers pas d’un enfant. Qu’il me regarde. Qu’il m’aime […] C’est comme lorsque je fais du trapèze. Inutile d’avoir compris en théorie. Ce qui compte, c’est que je possède le mouvement, que je l’intègre physiquement. Du trapèze? Oui, j’ai commencé à en faire dans une école de cirque. Pour devenir clown trapéziste.


Accompagner

(LE TEMPS –Quotidien de Suisse romande – 28 juin 2013 – Julian Sykes)

Helmut Deutsch, est aujourd’hui l’un des pianistes accompagnateurs les plus recherchés.

Baignant dans le milieu viennois des années 1950, il a très vite assimilé le répertoire du lied. À 3 ou 4 ans, il a déjà dans l’oreille la plupart des célèbres lieder de Schubert et Mozart. En revanche, il commence le piano assez tard.

Selon lui, la profession de pianiste accompagnateur a radicalement changé depuis 40 ans : Aujourd’hui, les chanteurs au plus haut niveau acceptent que nous soyons des partenaires. Beaucoup veulent être guidés, poussés, stimulés. Aujourd’hui, aucun pianiste accompagnateur ne se demanderait s’il joue trop fort. Il se demande s’il joue trop vite, ou trop lentement.

Sa percée à lui, il l’accomplit dès 1980 en accompagnant Hermann Prey pendant près de douze ans –l’autre baryton que Fischer-Dieskau considérait comme un rival.

Être un pianiste accompagnateur est beaucoup plus difficile qu’on ne l’imagine. On ne joue pas le 3e Concerto de Rachmaninov, mais en une seule minute d’un lied de Strauss ou Wolf, il peut y avoir autant de difficultés. Il ne faut pas être timide, surtout pas !


Chanter

(HUFFINGTON POST –25 août 2013)


Lorsque plusieurs personnes chantent à l'unisson, non seulement les différentes voix d'une chorale s'harmonisent mais leurs battements de cœur se synchronisent.

Un peu d'exercice vocal aide à muscler le voile du palais et la partie supérieure de la gorge liés à la respiration.

Aussi bizarre que l'idée puisse paraître, mettre un vibromasseur sur la gorge relaxe la tension du larynx : cela améliore la puissance et la projection de la voix, et permet de monter dans les octaves.

On peut travailler sa propre voix et l'effet qu'elle va avoir sur son corps. Par des séries de vocalises on apprend à mieux gérer ses émotions. Cela s'adresse aussi bien aux chanteurs professionnels qu’à ceux qui ne chantent que sous la douche.

La pratique du chant aide à renforcer le système immunitaire, régule l’humeur et évite d'avoir le blues. Chez des personnes ayant coutume de chanter dans une chorale notamment, la production d'immunoglobuline A (un anticorps) augmente.


Un pianiste

(LA RÉPUBLIQUE DES LIVRES – 10 novembre 2013 – Pierre Assouline)


Alexandre Tharaud relève de la catégorie assez particulière de ces musiciens qui ne possèdent pas d’instrument chez eux. Il avait bien autrefois un demi-queue Bösendorfer jusqu’à ce qu’il décide de s’en séparer. Depuis, il n’a de piano que celui des autres. Volontairement. Pour travailler loin de chez lui, distinguer ses univers, ne pas laisser étouffer par ses livres, ses partitions, ses images familières, privilégier la concentration. Il dispose donc d’un trousseau de clefs ouvrant plusieurs appartements parisiens appartenant soit à des proches soit à des mélomanes de rencontre qu’il connaît à peine. Ils ont en commun de posséder un piano et de vivre dans des lieux inspirants qui dégagent une énergie dont il se nourrit. On lui demande parfois d’arroser les plantes.

Produit d’une longue et riche conversation, ces propos figurent dans un livre signé Philippe Rey. Alexandre Tharaud a toujours déchiffré et improvisé. La concentration est bien sûr essentielle. Chez lui, yoga, natation, technique Alexander et longue sieste de l’après-midi. Il constate qu’il pratique en fait deux métiers : enregistrer un disque revient à chuchoter à l’oreille de l’auditeur, donner un concert consiste à s’adresser à celui du dernier rang.

Un film documentaire de Raphaëlle Aellig Régnier, vient également de lui être consacré. Plutôt la captation d’un regard, d’un esprit, d’une âme. Non sa vision du monde mais sa sensation du monde. Le voyage, la répétition, le concert, la chambre d’hôtel, la solitude au bout du monde, et le ressac de ce rituel parfois exténuant sont le lot de tant d’interprètes sans que jamais rien n’en affleure publiquement. La réalisatrice excelle à rendre son toucher, ce qu’il a à la fois de déterminé et d’aérien. Cet Alexandre Tharaud, le temps dérobé renouvelle le genre du documentaire sur la musique et ouvre une voie.