jeudi 4 février 2010

Obésité pourrielle 10-début



Il y a quatre mois environ, Ivona m’avait donné un coup de main pour estimer l’importance du flux de spams qui cherchaient le chemin des boites à lettres de mon PC.

Dans le billet du 6 octobre nous en étions arrivés à une dizaine par jour et par adresse e-mail, dont les trois-quarts étaient arrêtés par le fournisseur d’accès à Internet (FAI), avant de franchir le seuil du micro (messages dits indésirables). Parmi les spameurs, on pouvait repérer un petit nombre (20%) qui totalisaient à peu près la moitié de ce qui arrivait.

Nous avons depuis mis en place quelque chose pour essayer de filtrer un peu mieux… mais tout en pouvant continuer d’observer ce qui se passait. Pas facile car plus le barrage est efficace, moins on a d’information sur ceux qui ont été éliminés.

… Première mesure prise : Dès qu’un nouveau spameur se manifeste il est pré-signalé au logiciel anti-spams du PC qui en fait ce qu’il veut… et au bout de trois fois, il est mis sur la liste de filtrage obligatoire – ce qui systématise la protection. Cette liste comporte actuellement une bonne trentaine d’éléments – mais cette information n’est pas très importante pour ce qui suit : elle nous sert surtout à aiguiller les intrus sur une voie de garage et éviter d’encombrer notre Boite de réception.

… Quand un spameur s’est manifesté une dizaine de fois, nous le mettons d’office sur la liste des indésirables du FAI. Nous en sommes à presque 30 adresses ou domaines d’expéditeurs de spams – ce qui est parfaitement gérable… mais à moins d’y aller voir en détail, nous ne suivons plus ces spameurs individuellement.

… En sens inverse, quand un spameur ne s’est plus manifesté depuis trois mois, nous arrêtons de le suivre – c’est ce qui s’est passé pour 80 d’entre eux que nous avons mis aux oubliettes.

Au bout de ces quatre mois, que constatons-nous ?
Pour l’essentiel, que le flux des spams s’est ralenti : 8 spams par jour et par adresse e-mail au lieu de 10. Mieux encore, en tenant notamment compte de nos indications, le barrage préventif du FAI est devenu plus efficace : il n’en laisse passer que 10% au lieu de 25%. En combinant ces deux effets, c’est une division par 3 de ce que nous avons à traiter.

On est progressivement arrivé à une liste de 160 spameurs en observation actuellement – et ce nombre a l’air d’être stable. Comme nous éliminons ceux qui ont arrêté de se manifester pendant trois mois, cela suppose désormais un rythme de croisière d'une douzaine d'arrivées chaque semaine, qui compensent autant de départs (indésirables et oubliettes).

Les gros spameurs avaient d’ailleurs été rejetés dès les premiers mois pour être filtrés en amont comme indésirables par le FAI – quelques-uns sont cités dans le billet du 6 octobre. Il n’y en a presque plus de cette importance à être apparus depuis. Les plus prometteurs pour le futur couperet semblent être, dans le désordre :


contact(arobase)achat-nom-domaine.fr
info(arobase)campaigns.betrousse.com
[bonplandujour (ou ludikado)](arobase)bonplan.netitmail.net
webmaster(arobase)datamel.net
mailing(arobase)distrifly.fr
[annonceur](arobase)emt-a.fr
[invite(ou update)+(référence)](arobase)facebookmail.com
news(arobase)hitheq.net [ou bien : newsletter(arobase)hitheq.fr]
France-Loisirs(arobase)infos.franceloisirs.com
News(arobase)InsideApple.Apple.com
contact(arobase)lingerieprecieuse.com
contact(arobase)concours.mandellia.fr
france(arobase)pandasecurity.com
info(arobase)newsletter.plandefou.com
email(arobase)planetegourmande.fr
info(arobase)prixbombe.com
ml2(arobase)tableandco.com

Pour éviter d’être systématiquement éliminés par le filtrage, certains annonceurs font appels à plusieurs spameurs. C’est ainsi le cas de Carrefour (via hitheq.net, puresdeal.com, buysmartandcheap.info…) ou de Sofinco (via hitheq.net, letter.plan-denfer.com, projet-sofinco.com…). On trouve aussi : Nouvelles Frontières, Securitas, Toner services… Exemple d’une autre astuce : un jour on voit apparaître un Sylvain.PICARD puis un autre jour PICARD.Sylvain.

Pour finir ce billet, un mot sur le hameçonnage (phishing), message qui arrive sous un en-tête et une présentation apparemment honorables et cherche soit à vous séduire soit à vous faire peur pour vous extorquer des informations personnelles ou financières. Les expéditeurs faussement mentionnés sont le plus souvent parmi vos propres fournisseurs via Internet (ex : votre FAI) ou un intermédiaire financier (ex : Paypal). Ces cas ont représenté l’équivalent de 1 à 2% des spams arrivés dans la Boite de réception.

La dernière chose à faire est de cliquer dessus ou d’y répondre. En relecture, on trouve souvent des détails curieux (orthographe par exemple). Nous le mettons aussitôt sur la liste des indésirables du FAI.

Ce que nous faisons alors est une recherche totalement séparée afin de nous adresser directement à expéditeur désigné (et non de répondre à l’envoyeur masqué), et lui transférer le message suspect ainsi reçu avec quelques mots d’explication. Il a généralement vite fait de confirmer que cela ne vient pas de chez lui et de nous conseiller de détruire un tel message. Et on suppose qu’il se met rapidement en piste pour retrouver l’expéditeur indélicat et le neutraliser car au bout de 3 ou 4 variantes reçues et signalées, on n’en entend plus parler.

mardi 2 février 2010

Autisme : suivre du regard


Première retrouvaille 2010 pour les bénévoles qui accompagnent Émile dans son parcours.

PersonnalitéÉvocation des Fêtes de fin d’année, puis des jours qui ont suivi. Tout c’est bien passé : beaucoup d’énergie à dépenser et plus d’autonomie de la part d’Émile ; il pose davantage de questions – parfois pour voir car il en connaît la réponse. C’est ainsi qu’il en arrive maintenant à l’étape du pourquoi ? Comme le font les petits enfants. Vis-à vis de ses parents, il teste les règles, il négocie, il ruse… mais sans toujours bien savoir moduler. Sa relation avec sa sœur aînée évolue : à la fois, il commence à s’opposer à elle mais cherche aussi un soutien face aux parents.

Plusieurs estiment qu’Émile exprime davantage ses sentiments – si besoin de façon indirecte, sous forme de chants ou de poésies qu’il invente. Autre remarque : sa manière de s’exprimer peut prendre une tournure théâtrale (comme s’il jouait). Il fait aussi mieux la distinction entre le je et le tu, ce qui n’empêche pas d’ignorer l’autre dans certaines de ses actions (ex. : parcourir un livre sans s’assurer que cet autre peut aussi y jeter un œil).

A vue d’œilDepuis quelques semaines, Émile dispose d’une boite avec des engrenages que l’on peut enficher de telle sorte que si l’un tourne, les autres sont entraînés à leur tour : il l’utilise souvent et l’on se rend alors compte des progrès réalisés au fil des mois quant à la dextérité des mains et à la coordination entre l’œil et la main.

En revanche, il reste encore à faire, s’agissant de suivre du regard un objet – ou une main – qui se déplace. Sur ce point, notre attention a été attirée sur l’importance critique de la vitesse du mouvement oculaire chez les autistes. Voici, extrêmement condensés, quelques extraits d’un article de Bruno Gepner (Laboratoire Parole et langage – Université de Provence) paru dans le n° de mars-octobre 2008 de la revue Interactions :
Il semble bien que les processus sensoriels guident et influencent la construction et le fonctionnement de la pensée sur soi, sur autrui et sur le monde – et réciproquement. Chez les enfants autistes, on peut faire l’hypothèse qu'un relatif déficit pour percevoir la vitesse des mouvements environnants (qu'ils soient physiques ou biologiques - tels ceux des yeux, des lèvres, les mimiques émotionnelles de la face, les mouvements du corps) conduit à ce que leur pensée fonctionne avec un manque de continuité – telle une pensée stroboscopique, une succession d’images instantanées sans lien entre elles.D’où la proposition de donner l'occasion à Émile d'exercer et améliorer sa vision du mouvement, lentement pour commencer, et accéder ainsi à plus de continuité et de logique dans sa pensée.

Autre évolution : il accepte mieux d’essayer à nouveau même s’il a raté (ex. : lancer de balles vers la cible où elles vont s’accrocher). Cette acceptation semble aller de paire avec plus de réflexion, et avec la capacité de créer des liens et une logique

A suivre…Les orientations pour la suite partent toujours, comme depuis les débuts, de ses centres d’intérêt : on va poursuivre les expériences sensorielles, les jeux physiques et les jeux de constructions.

Partir, par exemple, de son goût pour les lettres pour en faire percevoir la texture, les tracer dans différents matériaux. Ou encore au cours d’un jeu : trier, partager en 2 tas, notion de permanence du nombre de cartes – même si elles sont réparties en 2 ou plusieurs tas, ranger dans un certain ordre (ex. : depuis le plus grand). Essayer également d’installer un vélo d’appartement (mouvement alterné des jambes).

On se souvient enfin qu’au cours de cette seconde année des séances de préscolarisation se panachent avec celles avec les bénévoles. C’est là où l’on voit qu’Émile devient lecteur (il identifie les titres et les illustrations qu’il commente, notamment). Il manipule les notions plus que, moins que, autant que. Quand il compte c’est surtout avec la vue… mais pas avec ses mains. Ici et pour le reste arrive une demande d’apprentissage : on cherchera encore à favoriser la création interactive plutôt que l’accumulation encyclopédique.
Références de l’article cité :
Attention, c’est un travail de chercheur – pas immédiat pour les non-initiés ni dans les préoccupations au jour le jour de ceux qui entourent Émile. Dans les 25 pages (dont une bibliographie conséquente), il est lisible via Internet en format PDF
http://www.ctnerhi.com.fr/images/revue_interactions/GepnerFR.pdf
Tout récemment, le Dr Gepner vient de signer avec le Pr Carole Tardif dans la revue La Recherche (n° 436 de décembre 2009) un article beaucoup plus abordable pour le commun des mortels dont je fais partie : Le monde va trop vite pour l'enfant autiste.

A mentionner également, sur un registre proche, la vidéo d’une conférence d’environ 35 minutes, un exposé largement illustré, fait par Monica Zilbovicius, chercheuse à Orsay et qui utilise l'imagerie du cerveau. Cela se passait il y a un an (5 décembre 2008) à l'occasion de la séance de rentrée du Collège de France.
http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/col_rent/les_raisons_de_lautisme_monica.jsp
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Ce billet fait partie d’une série qui permet de suivre l’évolution d’Émile (ce n’est pas son vrai prénom) depuis septembre 2008 : on y accède directement en cliquant sur le thème Autisme dans la marge de droite.
D’autres articles sont voisins, notamment ceux sous le thème du Cerveau, ainsi que ceux des 15 et 16 juin 2009 (Chiffres, langues… et Savants vs neurotypiques, qui figurent aussi sous le thème de l’Autisme), ou du 27 juin 2009 (Mémoire photographique)

samedi 23 janvier 2010

Pour quelques degrés de réchauffement


On sait à quel point la question du réchauffement climatique est une belle foire d’empoigne et ce pour de multiples raisons qui interfèrent entre elles : il y a des scientifiques qui se querellent à ce sujet ; malgré les apparences ce sont des politiques de tout poil qui ont fait main basse sur l’écologie plutôt que le contraire ; qu’il s’agisse de nucléaire, d’éoliennes ou de panneaux solaires… les enjeux économiques sont parfois considérables et les décisions publiques pour subventionner les énergies de renouvellement donnent des résultats qui laissent parfois rêveur.

Au niveau mondial, un des lieux les plus en vue pour ce type d’échanges est le GIEC, organisation créée au sein de l’ONU, essentiellement composée de diplomates et d’une minorité de climatologues. GIEC veut dire Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (retenez l’équivalent anglais – IPCC – ça aide pour quand on utilise un moteur de recherche).

Le dernier rapport du GIEC date de 2007. On s’y est largement référé lors du sommet de Copenhague et il continue, ces temps-ci de faire quelques vagues : il y est par exemple affirmé, au détour de l’une de ses nombreuses pages, que les glaciers de l’Himalaya auront fondu d’ici 25 ans – ce qui bouleverse en moins d’une génération les conditions de vie d’un pays aussi peuplé que l’Inde, sans compter ses voisins. Or ce n’est qu’une boulette… On aurait recopié une interview publiée dans un magazine indien en 1999 ; personne ne l’aurait vraiment vérifié… à moins qu’on ait confondu 2035 et 2350.

C’est justement le rapport du GIEC qui est à l’origine d’un autre scénario sélectionné par Courrier International. Sobrement : une carte (c’est là l’essentiel) et le texte d’un article du New Scientist de février 2009, réduit à la Jivaro dans un rapport de 6 à 1, dont on ne cite pas l’auteur. En cherchant bien, vous retrouverez la carte en partant de la même adresse Internet (http://www.scribd etc.) que celle donnée à la fin du précédent billet. Mais elle est abondamment renseignée et, en même temps, difficilement lisible. C’est pourquoi j’ai pris ma palette et mes pinceaux pour vous en donner un aperçu au début, juste après le titre. Ceux qui veulent aller plus loin se rendront à la carte qui illustre l’article original en anglais (voir les références à la fin). Il vous suffira alors de cliquer sur une quinzaine d’emplacements pour tout savoir des horreurs qui attendent les survivants dans les différentes régions indiquées.

J’ai trouvé qui avait écrit l’article lui-même. C’est une journaliste que les sciences, l’environnement et les aspects sociaux intéressent. Elle s’est mise à son compte et parcourt le monde après avoir travaillé pour New Scientist et Nature. Sous le titre How to survive the coming century, Gaia Vince (ce semble être son nom de plume) nous raconte ce que serait un monde dont la température aurait globalement grimpé de 4°C. En quelques mots : des alligators qui se dorent au soleil des côtes britanniques, le Brésil transformé en désert, bon nombre de villes réputées, mettons Venise, qui auraient disparu – même sort pour 90% de la population mondiale. Ce n’est pas rien.

Car si la survie de l’humanité n’est pas en jeu, celle des 7 milliards que nous sommes et bientôt plus, l’est sérieusement, puisque le rapport 2007 du GIEC prévoit, au cours du 21ème siècle, une élévation de la température quelque part entre 2 et 6,4°C – ce qui veut dire que 4°C dès 2050 est très envisageable.

Or un exemple de cette amplitude, nous en avons un, même s’il remonte à 55 millions d’années. Ce qui permet de se faire une idée des conséquences. Première d’entre elles : en grande partie, les endroits où les gens vivent et produisent leur nourriture actuellement ne conviendront plus – extension rapide des déserts ou, pour d’autres raisons, ils deviendront invivables. Régions refuges : le Canada, la Scandinavie et le nord de la Russie. C’est ce qui fait dire au célèbre James Lovelock (le père de la théorie Gaïa que notre journaliste a eu par ailleurs l’occasion d’interviewer) que la sélection générée sur la planète entière par cette mutation si brutale et soudaine, sera si intense qu’il ne restera pas plus d’un milliard d’individus à l’arrivée.

Les conflits sur des enjeux à dimension planétaire pour disposer des ressources vitales vont prendre une grande ampleur – mais les gouvernants, élus sur une base strictement locale, seront démunis face à cette situation. Bien sûr, sur le papier il y a des solutions : avec 20 m² par personne (à Paris, il en tient deux fois plus), on peut faire tenir 9 milliards de gens dans moins de 500 km sur 500 km – or le seul Canada en dispose de près de 50 fois plus. En raison des contraintes (dont les délais courts pour se retourner), il s’agirait de villes verticales.

Par ailleurs l’avenir irait dans le sens des végétariens : océans acides, plus de plancton ; plus de plancton, plus de poisson ; manque de place pour le nourrir, plus de bétail – au mieux quelques chèvres et surtout de la volaille ; ressources en eau limitées, le riz cèdera la place aux pommes de terre ; on s’orientera vers des récoltes flottantes, dont celles à base d’algues.

Énergie : d’abord, des dizaines de milliers de km² de panneaux solaires sur le sud des États-Unis, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient pour fournir une électricité transportée à haute tension et stockée dans des piles à hydrogène (dans une des estimations, la consommation actuelle de l’Europe nécessiterait dans les 30 mille km² de ces panneaux). Viendraient ensuite le nucléaire, l’éolien, l’hydroélectrique et le géothermique.
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De toute façon, on peut faire une croix sur l’époque bienheureuse que nous vivons actuellement.
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Références : d’abord l’adresse Internet pour accéder à l’article de Gaia Vince dans le n° de fin février 2009 de New Scientist, puis celle de la carte interactive qui l’illustre :http://www.newscientist.com/article/mg20126971.700-how-to-survive-the-coming-century.html
http://www.newscientist.com/embedded/mg20126971700-surviving-in-a-warmer-world
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Et pour clore cette série de scénarios, un rapide aperçu d’un article-fiction paru dans le Guardian : nous sommes en 2039. Les sombres prévisions énoncées ci-dessus ne se sont pas réalisées, on utilise la téléportation et on a affaire à des robots pensants. Ceux qui s’en souviennent se moquent gentiment des premières années du millénaire – mais on en cultive une certaine nostalgie. N’est-ce pas le sort de ces décennies sombres qui ne prennent consistance qu’après coup, un peu comme ce qui s’était passé pour les seventies, précisément au début des années 2000 ?

vendredi 22 janvier 2010

De l’artificiel pour l’homme


A mi-2008, époque à laquelle les articles ci-après ont été publiés dans US News & World Report, celui-ci était un hebdomadaire, le n° 3 par sa diffusion aux États-Unis après Time et Newsweek. Un an plus tard il était devenu un mensuel. Mais Courrier International, qui le présente à relativement juste titre comme reflétant la société de l’Amérique profonde, ne s’en est pas encore aperçu. Les scénarios ici sélectionnés sont signés par Nancy Shute. Cela a dû être une petite récréation pour elle puisque, article après article (elle en a rédigé depuis deux ou trois centaines dans ce même magazine), elle passe son temps à conseiller les parents sur leurs rejetons – santé d’abord ou premiers émois de leur puberté. Les adresses Internet pour accéder au texte en anglais se trouvent à la fin de ce billet.

Le premier des deux articles s’intéresse à des prothèses. Le titre choisi par Courrier International (A la rencontre de l’humanité 3.0) donne un coup d’accélérateur et compacte l’original (Will 'Upgrades' enhance our bodies? Engineers are building strong suits and brainy prosthetics; meet humanity 2.0). On y donne trois exemples :

… Un exosquelette. On comprend que c’est quelque chose qui est capable d’imiter les mouvements de l’utilisateur humain avec dix fois plus de force, comme la direction assistée d’une voiture. Mais cet exo est-il piloté à distance ? Le titre de l’article en anglais (strong suits) et une illustration apportent la réponse : il s’agit d’une combinaison, bien musclée, que l’on porte. Avec sa curieuse manie de panacher traductions et dessins de provenances différentes (à scénarios américains, dessins espagnols ; à scénario chinois, dessin russe), Courrier International en arrive à confondre créativité et égarement. Ici, le 3.0, c’est plutôt la Ford model T – pas très 21ème siècle. Revenons à notre exosquelette-combinaison : pour le moment, il consomme une énergie telle qu’il lui faut un cordon ombilical d’alimentation plutôt costaud. L’arme au pied, les militaires qui financent attendent une version plus viable.

… Même source de financement – mais à l’étape suivante, pour les anciens combattants qui ont perdu un bras (ou même les deux). Net progrès sur les prothèses héritées du passé, ce qu’on nous prépare y gagnera en légèreté, restituera la sensation du toucher, se rapprochera de la vitesse et de la flexibilité d’un bras normal et, connecté aux nerfs moteurs des bras, permettra notamment d’aller à la pêche ou de se maquiller.

… Allons maintenant au MIT : on y a testé sur des souris de minuscules interrupteurs (comme ceux pour des diodes électroluminescentes) pour allumer ou éteindre des neurones du cerveau en un millième de seconde (Courrier International est prudent : il traduit par un centième). Applications entrevues : Parkinson, cécité, cerveau plus performant, créativité (voir plus haut).


Le sujet du second article est l’alimentation de demain. Dans la version française c’est : Saignant, votre steak in vitro ? Pour US News & World Report c’était : What will we eat in a hungrier world? Making meat without killing animals could fix a lot of problems.

En amont de la partie carnivore de notre alimentation, il y a l’élevage des animaux que l’on va consommer. Or celui-ci présente pour le moins deux défauts : il est écologiquement du mauvais côté de la barrière... et d’un rendement déplorable (de 4 à 20 protéines végétales ingérées pour une protéine animale produite. Mais ne pourrait-on pas produire de la viande sans animaux ?

Après avoir rappelé que l’on cultivait de la peau humaine en laboratoire pour soigner les brûlés, l’auteur de l’article nous livre une formule joliment ramassée : Créer des organes à des fins de greffe est une forme d’art. En revanche, produire suffisamment de viande pour satisfaire la demande mondiale nécessiterait une efficacité et des économies d’échelle façon Wal-Mart. Pour l’instant on reste dans le domaine du minuscule et seule la NASA semble faire des efforts dans l’optique d’une conquête de la Lune ou de Mars.

Nos Médicis d’aujourd’hui (voir le précédent billet – on cite ici la Fondation Gates) s’intéressent plutôt aux végétaux et encore s’agit-il d’amélioration de cultures existantes… Mais il n’y a que 3% d’Américains végétariens et, même en Inde, ceux d’obédience stricte ne dépassent pas le tiers. Or la viande de laboratoire reste horriblement chère et on se demande même si, au cours de la croissance artificielle, il ne faut pas simuler les mouvements de contraction et d’étirement des fibres musculaires quand l’animal bouge…

Last but not least, le peu qui a été produit s’est avéré d’une consistance et d’un goût tels que les téméraires qui s’y sont risqués n’y sont jamais revenus.


Adresse Internet pour l’article "3.0" :
En anglais :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/will-upgrades-enhance-our-bodies.html
En français avec l’illustration Model T :
http://www.scribd.com/doc/24907741/Courrier-International-n%C2%B01000-du-1er-Janvier-2010 (faire défiler jusqu’à la page 27 au sein de cet écran)

Pour l’article "In vitro" (en anglais) :
http://www.usnews.com/science/articles/2008/07/24/what-will-we-eat-in-a-hungrier-world.html

jeudi 21 janvier 2010

Un 21ème siècle européen ?

La famille de l’auteur du scénario américain (voir le billet précédent) avait survécu à la Shoah puis fui la Hongrie pour les États-Unis au moment de la mainmise soviétique. Celui du modèle européen – Parag Khanna – est également américain mais d’une autre génération (il a 32 ans) et né au nord de l’Inde, dans l’Uttar Pradesh. Analyste en vue en matière de relations internationales, il a publié The Second World en 2008. Ce terme recouvre un ensemble de pays, entre le Tiers-monde et le trio des grandes puissances (États-Unis, Union européenne et Chine) qui cherchent à les entrainer dans leurs zones d’influence respectives. On annonce la sortie d’un autre de ses ouvrages chez Random : How to run the World.

Le modèle européen s’impose partout – l’article sur lequel s’appuie Courrier International est paru l’été dernier dans la revue berlinoise Internationale Politik (qui est éditée en allemand, en anglais, en russe et en chinois). La version en anglais s’intitule Europe 2030 : A Postmodern Middle Ages.
http://www.ip-global.org/archiv/volumes/2009/summer2009/download/1de670decc00026670d11de99db33f8315071d171d1/original_209_khanna.pdf

Grèce, Empire romain, Moyen-âge, Renaissance, États-nations… Étape après étape, l’Europe a imprimé sa marque dans le monde. Son économie sociale de marché – lieu d’équilibre entre le capitalisme à l’américaine et étatisme excessivement dirigé – pourrait fournir la bonne réponse sur le chemin qui reste à parcourir vers une gouvernance mondiale. Empires en expansion, croisades, déploiement des communications et du commerce, tissu des universités : avec sa longue période d’incertitudes, un nouveau Moyen-âge s’amorce.

Comme les cités-États d’alors, les villes planétaires actuelles dont la liste s’allonge, deviennent des centres d’activité quasiment coupés de leur ancrage géographique. Elles financeront leur propre défense. C’est à des chevaliers, mercenaires et condottieres du 21ème siècle que sera confiée la sécurité mondiale. Autre liste qui s’allonge : celle des milliardaires parmi lesquels on commence à distinguer de nouveaux Médicis pour demain.

Et l’Union européenne ? L’acquis communautaire a déjà commencé à refondre de l’intérieur les États qui en sont déjà membres. Il pourrait se propager vers la Turquie (pont vers l’Asie centrale et le Proche-Orient) et vers l’Ukraine (et plus loin ?) tout en élargissant son influence dans le Maghreb. De façon plus générale un donnant-donnant entre énergie et développement économique. Sur le plan militaire, en fusionnant ses armées, l’Union européenne sera en mesure de maîtriser son propre espace – et de disposer d’une force d’interventions ponctuelles, sans suivre le chemin (actuellement constaté) des occupations de longue durée.

Ce modèle de gouvernance régionale inspirera les Amériques, l’Asie de l’Est et, jusqu’à un certain point, l’Afrique. Les États-Unis pourraient s’en inspirer également et l’étendre à leur politique étrangère : libéralisation et modernisation de sa périphérie ; attitude moins doctrinaire vis-à-vis d’une Chine qui aura alors achevé de rétablir son statut d’empire du Milieu.

Épidémies, flux migratoires – voire hordes fuyant certaines zones menacées, très lente instauration d’une gouvernance mondiale : nous sommes embarqués pour un long Moyen-âge dans l’attente d’une hypothétique Renaissance.


Plus ramassé (il s’agit d’extraits), un autre scénario proposé par Courrier International (L’islam à la conquête du Vieux Continent ?) jouxte celui qui vient d’être présenté. Il n’a pas été publié à Berlin mais à Vienne, dans Profil, sorte de Spiegel à l’autrichienne.

On prévoit une croissance démographique des musulmans en Europe – mais il faudrait éviter d’en déduire qu’il en résultera une théocratie islamique. Deux des rédacteurs de l’hebdomadaire attirent l’attention sur les points suivants :
… Accroissement oui, majorité non. Point de départ actuel : 3,5% de la population de l’Union européenne. Il faudra y rajouter l’immigration et le différentiel de fécondité (qui s’amenuise).
… Pas de radicalisation religieuse annoncée : à peine 10% des musulmans nés en Europe sont membres d’une association liée à une mosquée.
… Ni anti-démocratie ni pro-théocratie : comme pour le reste de la population autrichienne, les musulmans originaires de Turquie se disent attachés aux valeurs de démocratie et de liberté d’opinion ; les 2/3 prônent une séparation de l’Église et de l’État.
… Les musulmans qui ont migré et grandi en Europe ne forment pas un groupe homogène (ni origines, ni traditions, ni priorités qui leurs sont communes).
… Une minorité place la religion au-dessus des lois de l’État : si, en Autriche, 45% sont adeptes d’un tel islam politique, ils ne sont plus que 21% à vouloir en intégrer les principes dans la législation nationale.

N.B. – Dans une introduction en forme de scénario-fiction, l’article évoque une république islamique au cœur de l’Europe, qui se serait constituée autour de Vénissieux, près de Lyon. Dans le courrier des lecteurs, une ou deux semaines plus tard, le maire de Vénissieux a réagi en s’exprimant énergiquement.

mardi 19 janvier 2010

Un 21ème siècle américain


Cette année, le politologue américain George Friedman a publié chez Doubleday The next 100 years, a forecast for the 21st century. Ce sont des extraits de l’avant-propos de cet ouvrage que la revue mexicaine Nexos a publiés sous son dossier : México 2080, una profecía geopolítica. Courrier International l'a traduit parmi les scénarios de son numéro 1000 sous le titre : Quand Ankara et Varsovie feront la loi.

Le 21ème siècle sera celui de l’ère américaine… mais pour maintenir leur prédominance, les États-Unis s’emploieront à défaire des coalitions. Déjà, ils ont envahi un monde islamique où certains cherchaient à recréer un grand empire, un califat, et à les frapper.

Contrairement à ce que l’on pense, la Chine ne posera pas grand problème : elle est géographiquement bordée, sa puissance maritime est insuffisante et sera lente à se reconstituer, et elle a systématiquement été en prise à des instabilités internes chaque fois qu’elle a tenté de s’ouvrir.

Nouvelle guerre froide avec la Russie
Viendra alors le temps d’une nouvelle guerre froide avec la Russie qui aura cherché à recréer son ancienne sphère d’influence… mais qui s’effondrera de nouveau en raison de sa faiblesse démographique et celle de ses infrastructures, plus ses problèmes intérieurs.

Quelques puissances intermédiaires et une guerre mondiale
C’est sur cette toile de fond qu’au milieu du siècle on peut s’attendre à voir ré-émerger quelques puissances intermédiaires. Sans doute le Japon – mais ses faiblesses démographiques et sa répugnance envers l’immigration seront des handicaps. Ensuite la Turquie, déjà économiquement et militairement forte, plate-forme de stabilité au sein d’un environnement qui l’est moins, et dont le passé (Empire ottoman) témoigne de sa capacité à dominer le monde islamique. Mais aussi la Pologne dont la puissance fut réelle – de la Baltique à la Mer Noire – jusqu’au 16ème siècle. Voisine d’une Allemagne peu encline à se colleter avec la Russie et au dynamisme économiquement effrité (démographie toujours), la Pologne sera initialement soutenue par les États-Unis face à cette même Russie et fédèrera autour d’elle les pays qui y résisteront.

L’auteur s’attend à ce qu’entre les États-Unis et ces trois puissances renaissantes une nouvelle guerre mondiale se déclenche.
[N’ayant pas lu le livre, je n’ai pas d’idée précise sur l’issue de cet épisode. Mais le commentateur des Izvestia (voir la référence à la fin de ce billet) n’a pas manqué de remarquer que, une fois la Chine mise hors jeu, les trois puissances désignées ont pour particularité d’encadrer la Russie. L’ironie de la situation viendrait de ce que, une fois la Russie supposée s’être à nouveau effondrée, c’est aux puissances qui l’entourent et qui y ont sans doute contribué, que les États-Unis sont conduits à s’attaquer.]

Démographie, énergie, technologie
A la recherche des facteurs les plus déterminants, il prédit que les décennies à venir vont être marquées en profondeur par la fin de l’explosion démographique amorcée il y a plus de deux siècles. La population mondiale aura fini par se stabiliser. Au même moment, les pays industrialisés avancés vont se dépeupler significativement – d’où une grande pénurie de main d’œuvre et une concurrence entre eux en matière d’immigration.
[Voici les estimations que j’ai recueillies : le premier milliard d’habitants a été franchi vers 1800, le 2nd vers 1930 (+130 ans), le 3ème vers 1960 (+30), le 4ème vers 1975 (+15), le 5ème vers 1987 (+12), le 6ème en 2000 (+13) ; on prévoit le 7ème en 2013 (+13), le 8ème vers 2026 (+13) et le 9ème vers 2047 (+21).]

Cela ne suffira pas pour assurer la viabilité du système de production qui devra faire appel à encore plus de technologie. Or celle-ci aura reçu de nouvelles impulsions pour des raisons militaires, à l’occasion des bras-de-fer planétaires évoqués plus haut et des retombées civiles ne manqueront pas. Autre souci, autre recours à la technologie ainsi qu’à des interventions étatiques : prendre le relais des hydrocarbures en matière de ressources énergétiques.

Sans oublier le Mexique
Ce recentrant enfin sur continent nord-américain, George Friedman pronostique que vers la fin du siècle le Mexique entrera en conflit avec son puissant voisin pour récupérer les territoires qu’il avait été obligé de lui céder en 1848 et qui – immigration aidant – seront alors majoritairement peuplés de Mexicains.

[La traduction de Courrier International est accessible contre paiement sur son site. Un texte plus complet, en espagnol, l’est librement sur celui du magazine mexicain Nexos. Certains organismes ou journaux français ont rendu compte de l’ouvrage ou d’articles s’y référant. Par ailleurs, la revue de presse en français de l’Agence d’État RIA-Novosti commente un récent article des Izvestia sur ce sujet. Quelques sites :
http://www.nexos.com.mx/?P=leerarticulo&Article=552
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2009/12/30/04016-20091230ARTFIG00495-le-mexique-future-puissance-selon-george-friedman-.php
http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/Ozalids_21.pdf (voir à la page 3)



lundi 18 janvier 2010

Rétro-prospective


Till me signale que, coïncidence, Courrier International a sorti son numéro 1000 – pile le 1er janvier. Étrange ? Non, normal : les quatre pionniers qui avaient envie et qui ont à l’époque réussi à faire partager leur intérêt pour ce qui se publie tout autour de la planète, l’ont lancé un an après la chute du mur de Berlin. Plus de 19 ans et 52 semaines par an – le compte est bon. Rachat 4 ans plus tard par le groupe propriétaire de l’Express et du Point (celui des fondateurs qui le dirigeait a été licencié dans l’année qui a suivi). Fin 2001, le titre atterrit dans l’escarcelle du Monde. Concédons un chouïa de professionnalisme en plus… en revanche un supplément d’âme relativement laminé.

On pouvait s’y attendre : le lecteur a le droit à un coup d’œil obligé dans le rétroviseur. Mais, sous prétexte de chiffre rond, le fin fond de l’événementiel c’est de vendre ce même lecteur pour de la pub. Gagné ! 40% de la pagination y est consacrée (contre 25% et 12% respectivement pour les deux numéros ordinaires suivants). Et cette réclame va pour un lecteur fana de tourisme et de destinations lointaines à 35%, de parfums et d’alcools à 25% et d’autos-motos à 12% – belle compagnie.

Dans ce rétroviseur que voit-on ? A priori 50 couvertures chocs et 100 petites phrases – en fait, une surreprésentation du passé proche. Le poids des couvertures ne relève pas du choc : l’évocation mosaïque de ces deux décennies se suffit. Quant aux petites phrases, mieux vaut être indulgent. Plus curieux est que la période des pionniers est sous-représentée et que celle managée par l’actuelle équipe rafle la plus grande partie de la mise : les années 1990-94 comptent chacune pour un quart tandis que chacune de celles de 2002 à maintenant pèsent 8 fois plus pour les petites phrases et 5 fois plus pour les couvertures – la pondération pour les années intermédiaires est entre les deux.

Passons sous silence un supplément – pages centrales (ad usum delphini ?) pour les insiders qui ont dû se repasser le trousseau de clés – tiré à quelques 200 000 exemplaires comme le reste. Mentionnons les 1000 merci (en fait, moins de la moitié) en autant de langues : qui pourra, sans rougir, dire qui dit ici merci à qui ? Je me doutais qu’il y avait environ 1 milliard de locuteurs de 1ère ou 2ème langue à pouvoir respectivement dire merci en mandarin, en anglais et en hindi ou approchant… mais j’y ai appris qu’ils n’étaient guère plus d’une douzaine à pouvoir l’exprimer en itzà (Guatemala), en cahuille (États-Unis), en vod (Russie) ou en livonien (Lettonie).

Restent une dizaine de scénarios pour le futur dont, par leur diversité, quelques uns permettent d’ouvrir la réflexion : si cette initiative est une illustration de la devise l’anticipation au quotidien que semble avoir adoptée le magazine, tant mieux – sans oublier pour autant le quotidien. Je retiendrai ici :

Quand Ankara et Varsovie feront la loi.
Le modèle européen s’impose partout.
L’islam à la conquête du Vieux Continent.
A la rencontre de l’humanité 3.0.
Saignant votre steak in vitro ?
Si la température montait de 4°c…
Les années 2000 dans le rétroviseur.


Qui trop embrasse, mal étreint dit le proverbe. C'est ainsi que chacun de ces scénarios recèle un évident avantage : il explore avec une profondeur certaine un des aspects de nos avenirs potentiels. Focalisation dont je suis reconnaissant aux auteurs. Il nous reste en revanche, en passant de l'un à l'autre, à saisir en quoi les différentes dimensions qui s'y déploient interfèrent entre elles – ce qui nous invite à progresser quelques pas plus avant.
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Si je me propose de donner un aperçu condensé de ces articles dans quelques billets suivants, c’est bien que je les ai appréciés. Mais ce n’est qu’un avant-goût qui, selon les intérêts de une ou de untel, ne remplacera pas une consultation plus directe, voire de remonter aux articles originaux, voire de se plonger dans les ouvrages qui les ont inspirés. Comme à l’habitude je tâcherai d’en fournir les références.
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